Fin de partie pour la banque Dexia

le 10 octobre 2011 à 07h24 , mis à jour le 10 octobre 2011 à 19h10

Dossier : Crise financière

La banque franco-belge Dexia a annoncé lundi que son conseil d'administration avait donné son feu vert au plan de démantèlement de l'ancien numéro un mondial du financement des collectivités locales, au terme de négociations marathon entre les administrateurs.

DexiaLa banque franco-belge Dexia/Image d'archives © ABACA

Le démantèlement de Dexia, première banque victime de la crise de la dette en Europe, est devenu réalité dans la nuit de dimanche à lundi après une réunion du conseil d'administration de la banque et un conseil des ministres en Belgique consacré à ce dossier sensible. Ces réunions décisives ont signé la disparition de l'établissement sous sa forme actuelle, en entérinant la scission de ses activités belges (banque de détail) et en préparant la cession de la branche française (financement des collectivités locales).

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Plus d'infos

Le conseil d'administration a ainsi approuvé lundi matin la vente de la filiale belge de Dexia à l'Etat belge pour quatre milliards d'euros. Il a par ailleurs demandé à l'administrateur délégué de Dexia, Pierre Mariani, d'engager des discussions en France avec la Caisse des dépôts et la Banque postale en vue d'un adossement des activités de financement des collectivités locales françaises. La Caisse des dépôts et consignations et la Banque postale ont en effet indiqué lundi qu'elles étudiaient la possibilité d'un "partenariat" pour financer les collectivités locales.

Le ministre luxembourgeois des Finances, Luc Frieden, a indiqué pour sa part qu'un groupe d'investisseurs liés à la famille royale du Qatar compte acquérir la branche luxembourgeoise de la banque en crise, Dexia BIL, présente dans la banque de détail et la gestion d'actifs. Quant aux quelques 600 employés de la holding Dexia SA, structure de tête de la banque franco-belge, ils se verront offrir un reclassement dans l'une des filiales du groupe. "Selon leur situation géographique", ces salariés pourront intégrer la filiale belge Dexia Banque Belgique, la filiale française Dexia Crédit Local ou Dexia BIL.

Des discussions dans l'urgence

Dans le cadre du nouveau plan de sauvetage de Dexia, déjà sauvée de la faillite en 2008 grâce à un renflouement public de plus de six milliards d'euros, la Belgique, la France et le Luxembourg ont conclu d'apporter 90 milliards d'euros de garanties publiques à l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales. "Les Etats sont convenus de se répartir cette garantie dans des proportions identiques à celles de 2008, soit 60,5% pour la Belgique, 36,5% pour la France et 3% pour le Luxembourg", a fait savoir Matignon. Un consortium chargé du financement des collectivités locales françaises sera également créé et constitué par la Caisse des dépôts et la Banque postale, ont fait savoir les services de François Fillon.

Son homologue belge, Yves Leterme, a indiqué lors d'une conférence de presse que Dexia allait immédiatement payer une prime de 50 points de base en contrepartie de ces garanties publiques. Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a souligné lors de cette même conférence de presse que l'Etat belge n'avait toutefois pas vocation à rester éternellement au capital de DBB.

Le démantèlement de Dexia, qui apparaissait de plus en plus inévitable depuis une semaine, a été en fait définitivement acté ce week-end : c'est dimanche dans la matinée, avant la réunion du conseil d'administration extraordinaire de Dexia, que François Fillon avait rencontré son homologue belge à Bruxelles, ainsi que le ministre luxembourgeois des Finances, afin de trouver un accord sur les modalités et la participation de chacun des trois Etats. L'accord a ensuite été approuvé par les administrateurs de Dexia qui ont discuté du plan de sauvetage pendant près de douze heures. L'enjeu pour les trois Etats participant au plan était d'éviter que l'aide à Dexia ne vienne aggraver la situation de leurs finances publiques. L'agence de notation Moody's avait d'ailleurs accru la pression sur le camp belge vendredi soir : elle avait placé la note souveraine Aa1 du royaume sous surveillance en expliquant entre autres vouloir évaluer les coûts et les passifs que l'Etat pourrait assumer en soutenant Dexia.

Dexia, un "cas particulier" pour Baroin

Le démantèlement de Dexia sous la pression des marchés est "un cas particulier", a assuré lundi François Baroin, en excluant que d'autres banques françaises puissent connaître le même sort. Pour lui, les banques européennes à risque "sont identifiées". "Il faut qu'elles augmentent leurs fonds propres. Ce sont celles qui n'ont pas passé les stress tests", a précisé le ministre de l'Economie et des Finances. Il a par ailleurs exclu que la garantie que l'Etat français va apporter à la structure de défaisance issue du démantèlement de Dexia ait un impact sur la note souveraine de l'Hexagone, la meilleure possible auprès des trois grandes agences de notation (un triple "A").

le 10 octobre 2011 à 07:24
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9 Commentaires

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  • clementine1218, le 11/10/2011 à 03h15

    Dites ça a vos communes qui ont signer des emprunts a taux variable et qui ne peuvent plus rembourser c'était pas très futé.

  • concileo, le 11/10/2011 à 00h15

    Une note salée de 120 à 200 milliards d'euros qui vient d'être portée à la charge des contribuables, et en particulier adossée à La Banque Postale. C'est inadmissible, non seulement de ne pas laisser cette banque couler tout simplement, mais en plus de risquer les avoirs des particuliers à La Banque Postale, alors que c'était une banque qui tenait plus de la banque de dépôt qu'autre chose, et que les gens qui y ont leur argent lui faisaient un minimum confiance. Maintenant, on sait que ce sont les économies de tous les clients de La Banque Postale qui viennent d'être gagées pour Dexia, si la crise ne s'arrange pas, il y a avoir des gens qui n'ont rien demandé ni joué en bourse et qui seront ruinés pour sauver les fesses des boursicoteurs et des banquiers...

  • kline972, le 10/10/2011 à 23h31

    Comprends pas la réflexion de F. Baroin : "Il faut qu'elles augmentent leurs fonds propres. Ce sont celles qui n'ont pas passé les stress tests". Justement, DEXIA avait passé avec "succès" ces stress tests il y a peu (on croit rêver !) et il se trouve que cette banque possédait des fonds propres élevés ............... Personne dans son entourage pour le reprendre ?

  • gwen53b, le 10/10/2011 à 14h06

    Non, c'est nous les contribuables qui avons perdu. .. au bas mot quelques dizaines de milliards...!

  • alain-paris, le 10/10/2011 à 13h47

    Et c'est nous qui payons l'addition

  • pedro0pedro, le 10/10/2011 à 13h43

    Quel beau métier que celui de banquier, quand il fait des profits tout va dans sa poche, quand il subit des pertes le contribuable éponge, elle est pas belle la vie !!!!!!!

  • olivier52-52, le 10/10/2011 à 12h12

    A qui le tour?

  • zanaria, le 10/10/2011 à 11h23

    Quand l'etat apporte son soutient se sont les français qui paient, quand une banque fais faillite, qu'ils prennent leur responsabilités. Pour ma part c'est aussi grave qu'un crime, cela doit etre punis séverement. On joue pas avec l'argent de toute une vie.

  • henri_bambelle, le 10/10/2011 à 11h18

    Fin de partie : Pierre Richard et ensuite Axel Miller ont joué. Ils ont tout perdu.

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