Le ministre du Travail Michel Sapin a évoqué jeudi la possibilité de "contreparties" pour les salariés qui perdront du pouvoir d'achat si le gouvernement supprime la défiscalisation des heures supplémentaires, un sujet qui sera abordé "ultérieurement". Ce sujet "dont tout le monde parle", "n'est absolument pas dans la loi de finances, aujourd'hui, rectificative", a déclaré M. Sapin sur Europe 1. "Si ce sujet devait être abordé, il le sera ultérieurement et peut-être avec des contreparties", a-t-il ajouté, sans préciser lesquelles. Selon le ministère du Budget, la défiscalisation doit être supprimée à partir du 1er janvier 2013. Pour 2012, le gouvernement a programmé la fin du dispositif d'exonérations sociales des heures supplémentaires, sauf pour les très petites entreprises (TPE).
L'UMP a attaqué mercredi le gouvernement sur ce terrain en alertant sur le fait que supprimer l'avantage fiscal allait rogner le pouvoir d'achat des salariés concernés, qui devront ajouter à leurs revenus imposables les sommes gagnées en heures supplémentaires. L'ancien rapporteur du Budget l'UMP Gilles Carrez affirme que la suppression de l'avantage fiscal enlèverait "500 euros par an par salarié". "C'est un calcul faux parce que c'est un calcul qui voudrait laisser penser qu'il n'y aura plus d'heures supplémentaires", a réagi M. Sapin. Le ministre estime que supprimer l'avantage fiscal serait de toute façon "une mesure de justice nécessaire" car l'avantage profitait "à celui qui paie des impôts", aux "plus gros revenus". "Celui qui n'en paie pas parce qu'il gagne trop peu" n'est "pas défiscalisé" actuellement, a-t-il souligné. L'un des moyens d'apporter aux salariés des "contreparties" pourrait être de renchérir l'heure supplémentaire travaillée.








