Image d'archives © TF1/LCIPour de nombreux salariés de France Télécom, son nom était devenu indissociable du malaise profond du groupe, et notamment de la vague de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009 : l'ancien PDG de l'opérateur historique, Didier Lombard, président non exécutif du groupe depuis mars 2010, annonce son départ anticipé, quatre mois avant la fin de son mandat, dans une interview au quotidien La Tribune.
"Mon mandat devait expirer à l'assemblée générale de juin, mais il est préférable qu'après une année de gouvernance où les fonctions de président et de directeur général ont été séparées, on n'attende pas la moitié de l'année pour que France Télécom soit de nouveau dirigée par un PDG", déclare-t-il. Il indique qu'il abandonnera ses fonctions lors du prochain conseil d'administration du groupe le 23 février et précise qu'il ne recevra pas "d'indemnités de départ en cette circonstance".
"France Télécom, c'est tout pour moi"
Nommé PDG de France Télécom en 2005, Didier Lombard avait cédé les rênes opérationnels du groupe le 1er mars 2010 à l'actuel directeur général, Stéphane Richard, au beau milieu de la controverse sur la vague de suicides de salariés - une vague qu'il avait d'abord tenté de relativiser, voire de nier, tentant de réfuter les liens entre cette trentaine de morts et les conditions de travail au sein du groupe, à la fureur des syndicats. Au plus fort de la controverse, il avait notamment eu un mot malheureux en parlant de phénomène de "mode". Critiqué surtout à l'époque pour sa politique de modernisation à marche forcée du groupe, notamment traduite par la suppression de 16.000 emplois entre 2006 et 2008, Didier Lombard assure dans son interview à La Tribune que cette série noire "est quelque chose qui reste très douloureux".
"France Télécom, c'est tout pour moi", souligne cet ingénieur polytechnicien, âgé de 68 ans, qui a fait l'essentiel de sa carrière au sein de l'entreprise, hormis une parenthèse de huit ans à Bercy entre 1991 et 1999. A la question de savoir s'il pense "avoir fait des erreurs", il juge le sujet "encore trop sensible pour en tirer sereinement des conclusions définitives".
"Dans la transformation du groupe, nous avions choisi d'emmener tout le monde, contrairement à certains opérateurs européens qui ont fait des suppressions massives d'effectifs", affirme Didier Lombard. "Je ne regrette pas ce choix mais je regrette la pression des changements qui s'imposaient et certains mots maladroits prononcés dans l'émotion du moment", reconnaît-il toutefois. Féru de technologies, il entend désormais se consacrer à la création d'une structure d'aide aux entrepreneurs de l'économie numérique, "une sorte de méga-incubateur" comparable aux "business angels" américains, et précise vouloir monter ce projet "avec France Télécom comme l'un des principaux acteurs".
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