Après avoir été l'un des plus grands noms de l'industrie de la photo, Kodak lutte désespérément pour sa survie. Incapable de prendre à temps le virage de la photographie numérique, le groupe est désormais en redressement judiciaire et s'efforce de trouver des liquidités. Il espère se sauver en abandonnant ou en vendant ses activités les moins rentables, comme la production d'appareils photo, pour garder des activités plus profitables comme les services et produits d'impression et des produits professionnels, dont ceux pour le cinéma. Et il compte sur un trésor jusqu'alors jalousement gardé : ses brevets.
D'où la féroce bataille judiciaire qui l'oppose notamment à Apple sur ce terrain des brevets. Et sur ce plan, Kodak vient de subir une cuisante défaite face à la marque à la pomme, mais aussi à Research in Motion (RIM), le fabricant du Blackberry. Deux groupes qu'il accusait d'avoir usurpé un des ses brevets sur la technique de visualisation de clichés. Mais la Commission du commerce international (ITC) de Washington a débouté Kodak.
Kodak vend ses bijoux de famille : ses brevets
La bataille avait débuté début 2010, lorsque Kodak avait porté plainte, estimant que certains téléphones iPhone et Blackberry utilisaient illégalement une de ses techniques de visualisation de photographies, indispensables à la fonction appareil photo. En mai 2012, un juge administratif lui avait donné partiellement raison en déclarant qu'Apple et RIM violaient effectivement son brevet, ajoutant toutefois que cela n'ouvrait pas voie à dédommagement. Mais saisie en appel, l'ITC a infirmé ce jugement vendredi.
Le rejet de sa demande tombe à un très mauvais moment pour Kodak, qui en est réduit à mettre aux enchères un portefeuille de plus de 1000 brevets dans la photo numérique afin de se renflouer - une vente autorisée début juillet par un tribunal de New York.
Consolation pour le groupe pionnier de la photographie, une cour d'appel américaine a tranché lundi en faveur de Kodak dans un autre litige l'opposant à Apple, qui l'accusait d'usurper deux de ses brevets. Dans une décision laconique, la cour a confirmé un jugement de l'ITC, dont Apple avait fait appel en avril.





