La nouvelle était attendue depuis des mois par les investisseurs, au vu des difficultés financières croissantes du groupe Eastman Kodak. Elle est tombée jeudi : l'ex-fleuron de la photographie mondiale et emblème du capitalisme américain a annoncé qu'il s'était placé sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ainsi que ses filiales américaines. "Le conseil d'administration et la totalité de l'équipe de direction estiment que c'est une étape nécessaire et la chose qu'il convient de faire pour l'avenir de Kodak", a déclaré son PDG, Antonio Perez, dans un communiqué.
L'entreprise, qui a négocié une facilité de crédit de 950 millions de dollars auprès de la banque Citigroup, "pense qu'elle a des liquidités suffisantes pour opérer son activité sous le chapitre 11, et continuer à fournier produits et services à ses clients comme à l'ordinaire", indique le groupe dans un communiqué. Les filiales du groupe hors des Etats-Unis ne sont pas incluses dans la demande de placement sous le chapitre 11, qui a été faite dans un tribunal de New York, précise Kodak.
Le numérique, une révolution fatale
Le groupe, créé en 1888 dans le Nord de l'Etat de New York, est en difficulté depuis l'explosion de la photographie numérique. La société plus que centenaire, basée à Rochester, n'a dès lors cessé de décliner. Depuis 2003, Kodak a fermé 13 usines et 130 laboratoires et supprimé 47.000 postes, rappelle Antonio Perez, le PDG du groupe cité dans le communiqué. "Maintenant nous devons terminer notre transformation en nous attaquant davantage à notre structure de coûts et en monétisant efficacement des actifs non stratégiques", déclare-t-il.
La chute de Kodak a déjà douloureusement touché la ville de Rochester : à l'époque de sa splendeur, Kodak y employait plus de 60.000 personnes. Aujourd'hui, les salariés ne sont plus que 7000. Surfant depuis longtemps au bord de la faillite, le groupe a tenté de maintenir la tête hors de l'eau en vendant ses brevets. Illustration de cette stratégie qui consiste à "vendre les meubles" : le groupe américain de photographie a annoncé mercredi avoir porté plainte contre le groupe coréen d'électronique Samsung, l'accusant d'avoir enfreint cinq brevets de technologie d'imagerie numérique.
Kodak avait déjà porté plainte la semaine dernière contre le géant américain de l'informatique Apple et le fabricant taïwanais de téléphones portables HTC pour la violation de certains de ses brevets sur la transmission électronique d'images. Dans son communiqué, le groupe a justifié cette nouvelle procédure judiciaire en expliquant : "Kodak a vendu des licences de ses brevets d'imagerie à plus de 30 entreprises technologiques de premier plan, y compris LG, Motorola et Nokia, et toutes ces licences lui rapportent des royalties". Les brevets que Kodak reproche à Samsung d'avoir violés sont relatifs notamment à la capture de photographies numériques et à leur transmission, notamment par courrier électronique ou en réseau.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




