La BNP a-t-elle sous-estimé son risque grec?

Par , le 30 août 2011 à 10h50 , mis à jour le 30 août 2011 à 16h36

Dossier : Crise financière

Selon le Financial Times, des banques et assureurs européens, en particulier BNP Paribas et CNP Assurances, ont sous-estimé le poids dans leurs comptes de la dette grecque.

BNP ParibasBNP Paribas © DR/LCI

En plein débat sur la solidité des banques européennes, le Financial Times apporte de l'eau au moulin de ceux qui les jugent trop fragiles ou pas assez transparentes. Des banques et assureurs européens, en particulier BNP Paribas et CNP Assurances, ont sous-estimé la décote nécessaire dans leurs comptes sur la dette grecque, affirme mardi le quotidien financier, en se référant à une lettre du régulateur des pratiques comptables IASB. Certains établissements n'ont pas fait assez de provisions pour compenser les pertes de valeur de leurs obligations grecques, et "cela nous inquiète beaucoup", estime le président de l'IASB Hans Hoogervorst, dans une lettre à l'Autorité européenne des marchés financiers, citée par le quotidien.

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Le courrier ne cite pas nommément les deux groupes français, mais le journal affirme qu'ils n'ont provisionné leur dette grecque qu'à hauteur de 21% de sa valeur nominale, alors que la décote exigée par le marché est bien supérieure. Interrogée, BNP Paribas a rappelé qu'elle avait "provisionné son exposition à la Grèce en plein accord avec ses auditeurs et les autorités compétentes, conformément au plan arrêté par l'Union le 21 juillet" pour aider la Grèce, selon une porte-parole. La banque française avait indiqué le 2 août avoir provisionné 534 millions d'euros pour compenser les pertes de valeur de ses obligations grecques. De son côté, la CNP Assurances a indiqué qu'elle s'était "alignée sur l'accord du 21 juillet", qui prévoyait ce seuil de 21%, "validé par nos auditeurs".
 
Recapitaliser?
 
L'Union européenne a défendu lundi la solidité des banques européennes après les propos de la directrice du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, qui a préconisé ce week-end leur "recapitalisation urgente" afin de restaurer la confiance des marchés et ainsi faciliter l'accès aux liquidités. "Les banques européennes sont mieux capitalisées qu'elles ne l'étaient il y a un an. Ceci a été confirmé par la troisième vague de tests de résistance en juillet dernier," a déclaré un porte-parole du Commissaire aux Affaires économiques. Mardi, l'Autorité bancaire européenne (EBA) a précisé à son tour qu'elle "n'appelle pas à une importante recapitalisation d'urgence des banques de l'Union européenne". "Les stress tests récemment menés par l'EBA ont montré que les banques européennes avaient sensiblement renforcé leurs position en termes de capital et qu'elle sont capables de résister à des scénarios macro-économiques défavorables; cette opinion n'a pas changé par les nouvelles publications d'expositions aux dette souveraines", poursuit l'EBA.
 
Laurence Parisot a aussi vivement critiqué mardi sur Europe 1 l'appel de Christine Lagarde. "Cette déclaration est tout à fait incompréhensible. Les banques européennes sont solides (...) et pour les banques françaises, il faut bien avoir à l'esprit que nous avons les banques parmi les plus solides du monde", a dit la patronne des patrons français.    Elle juge particulièrement mauvaise l'idée d'injecter des fonds publics dans des banques qui, selon elle, se portent bien. "Je ne connais pas les circonstances qui l'ont amenée à prononcer ces paroles, mais en tous cas ce qui est dit n'a pas de sens", a-t-elle dit. "N'oublions jamais que la crise de 2008, elle vient des banques américaines, certainement pas des banques européennes", a conclu la présidente du Medef.
 
"Un certain nombre" de banques européennes "doivent être recapitalisées" mais "pas les plus importantes", a de son côté estimé le président de l'Autorité française des marchés financiers (AMF) Jean-Pierre Jouyet. Les tests de résistance menés par l'Autorité bancaire européenne (EBA) ont mis en avant l'insuffisance de fonds propres de huit établissements bancaires européens sur les 90 qui les ont passés. Si les analystes et investisseurs s'accordent à reconnaître que l'exercice a été conduit plus sévèrement qu'en 2010, nombre d'entre eux jugent que le scénario retenu était encore trop optimiste.

 
 
 
 
 

Par Olivier Levard le 30 août 2011 à 10:50
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1 Commentaires

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  • alberthdb, le 30/08/2011 à 11h25

    D'abord la générale, maintenant la BNP, il y en a qui joue avec le feu, on peut se demander si certain chroniqueur anglais ne font pas de la speculation avec des articles bidons comme celui, on sait que les journalistes anglais sont la lie du journalisme mais quand même

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