La circulaire Guéant, un frein pour les entreprises françaises ?

le 18 décembre 2011 à 11h16 , mis à jour le 18 décembre 2011 à 18h52

En réduisant les possibilités, pour les entreprises françaises, de recruter des étudiants étrangers diplômés, cette circulaire les prive de profils utiles et recherchés. "Cela risque d'être un problème pour la compétitivité de la France et son rayonnement à l'étranger", souligne-t-on au Medef.

Voilà plus de six mois qu'elle est entrée en vigueur. Et pourtant, la circulaire Guéant continue à inquiéter les entreprises françaises. Ce texte du 31 mai dernier qui restreint les possibilités de recrutement en France d'étudiants étrangers diplômés limite aussi, de fait, la possibilité de recruter des profils atypiques qui peuvent être un plus. Et le surcroît de sévérité auquel ont été appelées les préfectures a eu des conséquences visibles et immédiates : de nombreux diplômés étrangers, certains très qualifiés, n'ont pas pu obtenir un changement de visa (d'étudiant à salarié), bien que recrutés par des entreprises françaises. Les employeurs ont dû renoncer à les embaucher et plusieurs étudiants se retrouvent sans papiers, souligne Meriem Kadari, du Collectif du 31 mai. Selon le Collectif, 940 étudiants se sont vu refuser un visa salarié, dont seulement 300 ont eu leur situation régularisée après réexamen de leur dossier.

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Plus d'infos

Des manifestations ont déjà été organisées. Un nouveau rassemblement est d'ailleurs prévu ce dimanche à Paris, pour la Journée internationale de solidarité avec les migrants. Mais du côté du gouvernement, pas question de bouger. Tout au plus François Fillon a-t-il tenté de rassurer fin novembre. Il a défendu la circulaire, tout en assurant que l'accueil d'étudiants étrangers participait au "rayonnement de notre enseignement supérieur et de notre pays". Mais concrètement, les entreprises qui souhaitent recruter ces profils souvent introuvables en France se heurtent aux mêmes obstacles. Les présidents et directeurs d'université, des grandes écoles et des écoles d'ingénieurs déplorent cette situation. "La France est en train de former des élites qui partiront ensuite à l'étranger", résume Meriem Kadari. Plusieurs diplômés étrangers ont d'ailleurs indiqué avoir reçu, à l'issue de leur refus de visa, des offres dans d'autres pays, notamment au Canada, en Angleterre ou en Belgique. Ils ne resteront pas en France, mais ce sont les entreprises françaises qui en pâtiront.

"Un problème pour la compétitivité de la France"

Exemple typique : Eric Decalf, Pdg de la SSII (société de services en ingéniérie informatique) Additeam, explique avoir essuyé en octobre un refus pour un "ingénieur en informatique de gestion tunisien" qu'il souhaitait recruter : "On va perdre un marché", s'est-il désolé. "Le motif de refus (...) est qu'il y a des a diplômés informatiques formés en France disponibles. C'est une réponse technocratique (...) Nous on sait très bien qu'il n'y en a pas pour ce marché précis, sinon on recruterait en France !", affirme-t-il.

"Cela risque d'être un problème pour la compétitivité de la France et son rayonnement à l'étranger", renchérit-on au Medef. "Ces jeunes sont très demandés. Ils sont sur des postes souvent à haute responsabilité à l'international, où on a besoin de ces talents particuliers, de ces nationalités. Ils ont une connaissance des langues, des marchés de leur pays. Ils ne prennent la place de personne. Quand on discute avec les DRH, ils sont atterrés. C'est l'attractivité des entreprises et leur compétitivité qui est menacée".

Des étudiants manifestent contre la circulaire Guéant à Paris

Ils étaient entre 950 selon la police, "3000 à 500" selon les organisateurs à manifester dimanche à Paris à l'occasion de la journée mondiale des migrants pour protester contre la politique d'immigration de Claude Guéant. Sans papiers et étudiants ont défilé ensemble. Ces derniers ont également demandé le retrait de la circulaire Guéant du 31 mai, à cause de laquelle de nombreux diplômés étrangers n'ont pas pu obtenir un changement de statut d'étudiant à salarié alors qu'ils avaient été recrutés par des entreprises françaises.

le 18 décembre 2011 à 11:16
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13 Commentaires

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  • ziko00212, le 20/12/2011 à 00h56

    Merci de bien lire ce qui est écrit : "Le motif de refus (...) est qu'il y a des a diplômés informatiques formés en France disponibles. C'est une réponse technocratique (...) Nous on sait très bien qu'il n'y en a pas pour ce marché précis, sinon on recruterait en France !" La priorité est toujours aux francais ; on fait appel aux étrangers seulement si on trouve pas la personne adéquate . Alors je ne vois pas en quoi ca va réduire le soit disant chomage ...

  • sophie70000, le 19/12/2011 à 16h55

    Place aux français il me semble, non ?

  • cathyrurale, le 19/12/2011 à 14h50

    A croire que pour les grandes entreprises les Français sont nuls et que si il veulent s'ouvrir au marché mondial, il ne leurs faut que des étrangers !!!. Ce n'est pas comme cela que le chômage baissera et que nos jeunes étudiants aujourd'hui trouverons du travail demain.

  • wayne16, le 19/12/2011 à 08h59

    Je ne soutient pas GUÉANT mais avec le taux de chomage qu'il y a en France ll faudrait aucune immigration pendant dix ans ,je rappelle quand mème qu'il y a en FRANCE près de dix millions de personnes sans emploi ou en emploi très précaire !

  • bobotte71, le 19/12/2011 à 07h51

    Et c'est comme ça que les patrons tirent les salaires vers le bas. De toute façon il y a assez de chômeurs en France.

  • franky37, le 19/12/2011 à 07h13

    Claudcouledouce : hors sujet ! Votre exemple n'a pas été embauché pour un salaire inférieur à sa valeur, comme c'est le cas dans de nombreuses entreprises.

  • franky37, le 19/12/2011 à 07h09

    Non, une occasion de faire du dumping salarial, de revoir à la baisse les salaires à l'embauche. Certains étrangers sont moins gourmands que les français, mais ils apprennent vite et le plan de ces entreprises peut vite s'écrouler.

  • franky37, le 19/12/2011 à 07h04

    Ce ne sont pas ceux qui viennent travailler légalement qui gênent, mais ceux qui viennent profiter du système social. Je ne crois pas qu'un étudiant étranger recruté par une entreprise française soit là pour faire la queue devant la CAF.

  • elealouest, le 19/12/2011 à 06h47

    Le rayonnement de la france à l'étranger ? qu'elle rayonne déjà à l'intérieur la France pour son peuple qui est au bout du rouleau, et là, elle aura un rayonnement crédible et compétitif à l'étranger !

  • homohominilupus, le 19/12/2011 à 03h55

    Une excuse offerte aux entreprises pour délocaliser ?

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