Depuis le début du mois le titre bousier de la Société Générale a perdu 37%. La raison ? Des rumeurs de mauvaise santé financière du groupe circulent sur les marchés. Mais leur persistance commencent à semer le doute. Explications. © LCILes employés de banques sont aussi victimes de la crise. La Société Générale va supprimer en 2012 plus de 1500 postes dans sa filiale de financement et d'investissement SG CIB, dont 880 en France. Précision de la banque : cette décision n'entraînera pas de licenciement pour le personnel hexagonal.
En réduisant la taille de ses activités de marché, Société Générale suit un chemin déjà pris par ses concurrentes BNP Paribas et Crédit Agricole. Dans un communiqué, elle justifie ce choix par la nécessité de "faire face au bouleversement du contexte économique et réglementaire". Pour les 880 postes en France, un accord a été signé mercredi avec les organisations syndicales représentatives du personnel afin de "définir un ensemble de mesures d'accompagnement et de garanties sociales pour les salariés concernés". Le plan sera mis en place à partir de début avril "sans licenciement économique et sans départ contraint", a assuré la direction. En revanche, aucun engagement global de même nature n'a été pris pour l'ensemble des personnels concernés par des suppressions de postes à l'étranger, 700 en tout, a expliqué une porte-parole.
Pour justifier le chiffre significatif de suppressions d'emplois dans son pays d'origine, la banque souligne "qu'ayant fait le choix de la place de Paris, plus de 50% des effectifs mondiaux de la BFI (banque de financement et d'investissement) sont localisés en France". Selon le délégué central CGT Michel Marchet, la directrice des ressources humaines de Société Générale Anne Marion-Bouchacourt a "insisté (lors de la présentation aux syndicats) sur l'engagement de reclassements" qu'elle a jugé "tout à fait tenable". Elle a également précisé qu'afin de faciliter ces reclassements, "le recrutement en 2012 allait être réduit de 3200 à 2500 personnes environ". Car, parallèlement au plan dévoilé mercredi, Société Générale entend, en effet, recruter environ 2500 contrats à durée indéterminée (CDI) cette année, "principalement dans ses activités de banque de détail, qui ne sont pas concernées par le plan".
Comme BNP Paribas et le Crédit Agricole
La responsable a comparé les chiffres communiqués mercredi à ceux annoncés par BNP Paribas et la filiale de banque de financement et d'investissement CA CIB du Crédit Agricole, "en les situant à des niveaux de même ordre", a ajouté M. Marchet. BNP Paribas a annoncé, mi-novembre, la suppression de 373 postes dans la banque de financement et d'investissement en France, et de 1.400 au total dans l'ensemble de ses pays d'implantation. Côté Crédit Agricole, 850 postes vont être supprimés en France (550 en BFI) et 2.350 au total.
Les trois grandes banques françaises cotées ont entrepris de réduire la voilure de leurs activités de marché dans la perspective de l'entrée en vigueur du nouveau cadre réglementaire Bâle III, qui renchérit lourdement le coût de certains métiers, mais aussi du fait de conditions de financement plus difficiles. De manière générale, l'ensemble des banques occidentales ayant d'importantes activités de marché ont annoncé, ces derniers mois, des réductions d'effectifs pour s'adapter au nouveau contexte financier et réglementaire. Au total, ce sont plus de 100.000 postes qui ont été ou vont être supprimés en Europe et aux Etats-Unis.
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