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Lauvergeon : des tentatives de déstabilisation au "plus haut niveau de l'Etat"


le 16 janvier 2012 à 22h33 , mis à jour le 16 janvier 2012 à 22h40.
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3min
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Entreprises L'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon, dont les relations avec Nicolas Sarkozy étaient notoirement mauvaises, affirme que ses dernières années à la tête du groupe nucléaire ont été émaillées de nombreuses tentatives de déstabilisation provenant "du plus haut niveau de l'Etat".

Remerciée en juin de la direction d'Areva, Anne Lauvergeon est passée à l'offensive lundi. L'ex-patronne, dont les relations avec Nicolas Sarkozy étaient notoirement mauvaises, affirme que ses dernières années à la tête du groupe nucléaire ont été émaillées de nombreuses tentatives de déstabilisation. AnneLauvergeon a indiqué qu'elle avait porter plainte sur des faitsd'espionnage dont elle et son mari, Olivier Fric, auraient été les victimes en  2011, expliquant que ces "méthodes glauques" devaient être dénoncées pour qu'elles s'arrêtent. Le parquet de Paris a ouvert le 21 décembre une enquête préliminaire pour tenter de vérifier si le couple a effectivement été la cible d'une enquête privée qui portait notamment sur les conditions de l'acquisition en 2007 par Areva de la société minière canadienne UraMin.

"Depuis quatre ans, j'ai subi de multiples tentatives de déstabilisation venues du plus haut niveau de l'Etat", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Grosso modo, une fois tous les six mois au minimum, on annonçait que j'allais partir, que j'étais profondément déstabilisée, fragilisée", a ajouté celle qui était surnommée "Atomic Anne" et est restée dix ans à la tête d'Areva.

J'ai "refusé le nucléaire 'low cost', 'low safety'"

Elle a expliqué ces "tentatives de déstabilisation" par sa politique, notant qu'elle avait défendu le modèle intégré d'Areva et refusé le développement du nucléaire "low cost". "C'est ce modèle intégré qui nous a permis de gagner des parts de marché partout dans le monde, (...) qui était l'objet de tous les appétits. J'ai refusé le démantèlement d'Areva au profit des uns et des autres et c'est clair, j'ai gêné un certain nombre d'intérêts privés", a-t-elle poursuivi. Son "deuxième crime", affirme Anne Lauvergeon, est d'avoir "refusé le nucléaire +low cost, low safety+" ("bas coût, basse sécurité"), en référence à une tendance antérieure à la catastrophe de Fukushima qui visait à vendre des "centrales nucléaires qu'on n'aurait jamais accepté dans notre pays". "Il n'était pas question de faire ça. Pourtant, certains intermédiaires et leurs mandants étaient très assoiFfés de ce sujet", a-t-elle dit.
  
L'ex-patronne d'Areva met directement en cause un de ses anciens subordonnés qui aurait eu recours à un enquêteur privé, aux "barbouzes", à "l'espionnage", laissant entendre qu'il bénéficiait d'appuis extérieurs à Areva. "Je crois qu'il faut de sacrées garanties, y compris en dehors de l'entreprise, pour avoir ainsi basculé dans la délinquance", a-t-elle dit, indiquant que "quelqu'un" lui avait fait parvenir une copie de cette enquête qui a déclenché sa plainte. "Ils n'ont rien trouvé", a-t-elle cependant observé.

OPA sur UraMin : conclusions du comité interne fin février
 
Elle a longuement justifié le bienfondé de l'OPA réalisée en 2007 sur UraMin, société qui était selon elle "le meilleur des choix", indiquant notamment que son prix n'était pas anormal, au vu de l'envolée des cours de l'uranium, et que cette acquisition avait suivi les règles de gouvernance du groupe Areva. Présent lors de cette conférence de presse, M. Fric a réaffirmé qu'il n'avait jamais travaillé pour Areva. Un comité interne a récemment été mis en place par Areva pour vérifier dans quelles conditions UraMin a été acquise et exploitée. Ses conclusions sont attendues fin février. L'Etat, actionnaire d'Areva à 87%, a également diligenté une enquête.

Commenter cet article

  • pseudo-nimes : Et cette gente dame qui crache dans la soupe, aurait-elle retourné ses primes et salaires ?

    Le 17/01/2012 à 12h59
  • mikaelo2111 : Rester 10 ans a la tete d'un groupe comme celui la prouve la competance. Cela dit la maniere de destabliliser va bien aux gens de l'Elysee. J'ai vu le rapport de l'enquete sur un journal satirique dont je ne citerai pas le nom et je peux vous dire que les enqueteurs savait meme quand madame Lauvergeon allait au toillettes.

    Le 17/01/2012 à 10h39
  • sandy29s : Pffff ! Oui effectivement elle a le profil et le sourire du monde des BIsounours!

    Le 17/01/2012 à 09h21
  • languedebois : Son bilan social et financier chez AREVA est très contesté !

    Le 17/01/2012 à 09h16
  • villiersid : Pourquoi "mais"? Etre proche de Mitterrand n'est pas contradictoire avec le fait de faire des erreurs de placement...

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