Le tribunal de commerce de Quimper a donc placé le volailler Doux en redressement judiciaire, vendredi après-midi. Le groupe dispose de six mois pour trouver une solution à sa situation. Le volailler s'était déclaré en cessation de paiement auprès de ce tribunal jeudi soir, faute de compromis avec ses créanciers.
Le groupe volailler Doux, en grave difficulté financière, a donc demandé à être placé en redressement judiciaire. "Une audience exceptionnelle" sur l'avenir du groupe Doux "s'est tenue dans la matinée". Le délibéré a été rendu trois heures après celle initialement envisagée. Selon une source proche du dossier, ce report pourrait être lié à la poursuite de discussions entre le groupe, ses partenaires et l'Etat.
Le Foll est sur le dossier
Des discussions avaient été engagées jeudi au ministère du Redressement productif entre le leader volailler européen et ses créanciers. La direction du groupe familial devait se réunir d'ici vendredi matin pour arrêter sa décision, a précisé cette source. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré vouloir "absolument éviter que la filière volaille française soit déstabilisée". Le ministre a indiqué suivre "avec une attention particulière la situation des 800 éleveurs qui sont les fournisseurs du groupe".
Un éventuel redressement judicaire serait demandé "le plus rapidement possible" et serait "bénéfique à deux titres: il apporterait une bouffée d'oxygène car la dette ne serait plus exigible, et il créerait un cordon sanitaire entre la France et le Brésil", pays siège d'une filiale très déficitaire, a détaillé le porte-parole. Dans l'hypothèse d'un dépôt de bilan, "on est en train de travailler à une solution visant à protéger les fournisseurs stratégiques et les éleveurs dans le cadre d'une potentielle utilisation de cette procédure. C'est une priorité", a assuré le porte-parole.
Les producteurs de volaille ont appelé jeudi à une "nouvelle discussion" avec Doux, s'inquiétant notamment "du niveau des encours" supportés par les éleveurs. La Confédération française de l'aviculture (CFA) a dénoncé des délais de paiement allant "jusqu'à 120 jours". Doux, qui emploie 3.400 salariés en France, et a annoncé jeudi la nomination d'un nouveau directeur général délégué, Jean-Charles Doux, fils du PDG Charles Doux, a une dette globale de quelque 437 millions d'euros, selon la CGT, dont plus de 200 millions d'euros provenant de sa filiale brésilienne Frangosul. Le groupe a récemment cédé la gestion de cette filiale au géant brésilien de la viande JBS Friboi, tout en continuant à en assumer la dette. Numéro cinq mondial à l'exportation, Doux devait voir son chiffre d'affaires stagner à 1,4 milliard d'euros en 2011, selon des prévisions datant du mois de novembre. En 2010, il s'était élevé à 1,406 milliard d'euros.







