Le patron du fabricant de pneumatiques Michelin, Jean-Dominique Senard, défend lundi dans un entretien à la Süddeutsche Zeitung le plan d'aide au secteur automobile français. Interrogé par le quotidien sur la création d'incitations à l'achat de voitures électriques censées bénéficier aux constructeurs français, Jean-Dominique Senard admet que de telles mesures "ont eu dans le passé des effets surtout temporaires, ont parfois éveillé de faux espoirs et pesé sur les finances publiques". Mais il ajoute qu'il "ne faut pas tout mettre dans le même sac".
"De telles incitations peuvent dans certains cas précis être utiles. Je pense même qu'il serait bon de réfléchir à les étendre à l'échelle de toute l'Union européenne, car elles peuvent aider à conquérir de nouveaux marchés". "Regardez ce que fait la Chine, où le gouvernement a décidé de faire des voitures électriques un fer de lance de l'industrie. (...) La Chine subventionne massivement l'achat de ces voitures", a-t-il fait valoir. Le patron de Michelin dit "rêver" d'une initiative à l'échelle européenne visant à "imbriquer les industries de différents pays", dont notamment les constructeurs haut de gamme allemands, jusqu'ici épargnés par la crise.
Créer une fédération européenne de l'industrie automobile
Jean-Dominique Senard revient aussi sur la volonté de créer en France "une structure ayant pour modèle la fédération allemande de l'industrie automobile", le très puissant lobby VDA, sous la houlette de son prédécesseur chez Michelin, Michel Rollier. Cette structure "doit unir les forces de tous les acteurs de l'industrie, avec pour objectif de créer un maximum de synergies", a-t-il précisé.
Le plan du gouvernement français comprend un bonus renforcé de 5.000 à 7.000 euros pour les véhicules électriques, l'installation de bornes de recharge dans des grandes villes françaises et l'engagement que l'Etat achètera des modèles hybrides et électriques. En échange, le gouvernement attend que les acteurs de la filière automobile maintiennent leurs sites en France, même s'il sait que cela ne peut reposer que sur leur engagement volontaire. Malgré les appels répétés des constructeurs allemands, Berlin refuse jusqu'ici de mettre en place des primes pour l'achat de voitures électriques, des véhicules qui peinent à décoller au pays des grosses berlines de Mercedes, BMW ou encore Audi.









