Chez Orange, on assure que l'incident est clos. Les équipes de techniciens restent sur le pont tout le week-end, mais l'opérateur affirme que la panne qui a paralysé son réseau mobile pendant plus de douze heures est bien résolue. Un tour complet de cadran, pendant lequel le réseau de téléphonie mobile d'Orange est resté quasi-inaccessible (retrouvez le résumé de la crise dans notre article : "Incident important" sur le réseau mobile Orange). Signe, en tout cas, que l'opérateur a pris la mesure de l'ampleur de la crise, le patron de France Télécom, Stéphane Richard, est monté en première ligne, samedi, pour tenter de minimiser le préjudice porté à l'image de l'opérateur historique, après cette panne d'une ampleur inédite qui a paralysé son réseau mobile.
Alors qu'il devait intervenir ce samedi devant les Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, il a annulé sa participation et fait savoir, via son service de presse, qu'il rentrait aussitôt à Paris. Et il a pris lui-même la parole à 16h30, depuis la cellule de crise de France Télécom, pour s'expliquer sur les conséquences de cette panne historique. Il a tout d'abord fait ses "excuses sincères" aux clients lésés par cette méga-coupure. Très attendu sur les modalités de l'indemnisation promise, il a annoncé qu'Orange offrirait une journée de gratuité à la rentrée à tous ses abonnés victimes de la "panne". "Chaque client sera informé directement par SMS de la journée pendant laquelle il pourra bénéficier de cette gratuité", a-t-il précisé.
Le PDG de France Télécom reçu par Fleur Pellerin
Les clients prépayés bénéficieront d'un jour de textos gratuits. Quant aux titulaires d'un compte illimité, ils bénéficieront d'un gigaoctet de capacité supplémentaire pour utiliser leur téléphone multifonction. "Ce dédommagement sera étendu à tous nos partenaires que nous hébergeons sur notre réseau", comme Free et les opérateurs "virtuels" (sans réseau propre) qui utilisent les infrastructures d'Orange, a précisé Stéphane Richard.
Samedi soir, la ministre de l'Economie numérique, Fleur Pellerin, a fait savoir qu'elle recevrait la semaine prochaine le PDG de France Télécom, dont l'Etat est actionnaire, pour entendre les conclusions de l'enquête technique qui est en cours. Le gouvernement entend également lancer, par décret, un audit sur la sécurité des réseaux, et n'exclut pas de le faire "au frais des opérateurs". Un incident de ce type "ne doit plus se reproduire, car le potentiel de déstabilisation pour l'économie et pour les Français est considérable", a prévenu la ministre.
Des conséquences dont l'ampleur reste à évaluer
Combien d'abonnés l'incident a-t-il touché ? Difficile pour l'instant de le dire. Chez Orange, on s'efforce encore d'évaluer les conséquences de l'événement. Outre les 26 millions de clients directs d'Orange, il faut encore ajouter ceux d'autres opérateurs vendant des services sous leur marque mais dont les communications transitent par le réseau de l'opérateur historique. Ainsi, des clients Free Mobile et de plusieurs autres "opérateurs virtuels" (ne possédant pas leur propre réseau) ont également été affectés par cette panne qui a eu des répercussions sur l'ensemble du territoire national.
Tout a commencé en pleine après-midi, vendredi. A l'origine du "black-out" : une "panne logicielle", selon Orange qui s'est déclenchée au sein d'équipements critiques du "coeur de réseau", chargés de gérer la signalisation des appels et qui s'est "étendue progressivement au reste du réseau". Un problème qui n'a pu être réparé que tard dans la nuit. Conséquence : "les clients d'Orange, sur tout le territoire, ont rencontré de grandes difficultés pour passer des appels et envoyer des sms entre 15 h et 0h30", a indiqué l'opérateur, dans un communiqué tirant un premier bilan de la panne. "Quant à l'internet mobile, les difficultés ont persisté jusqu'à 3h20, heure du retour à la normale". Cet "incident important" a affecté "énormément de gens", a reconnu Orange, même s'il faudra encore du temps pour une évaluation plus précise.
Stéphane Richard a réfuté les critiques affirmant que Orange n'avait pas assez investi dans son réseau, jugeant celui-ci "tout à fait calibré pour absorber les besoins et les usages". La panne n'a "rien à voir" avec le contrat d'itinérance assuré pour le compte du concurrent Free, a-t-il dit.
Devant la gravité de la panne, deux ministres se sont rendus successivement vendredi soir à la cellule de crise d'Orange, dans le XIVe Arrondissement de Paris. Ouvrant le bal, la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin, a indiqué que ces spécialistes, d'abord mobilisés pour "résoudre le problème", le seraient ensuite pour "analyser les causes" de la panne. Peu de temps après, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s'est également rendu sur place, sans faire de déclaration.








