Le Rafale © Sirpa MédiaAprès les menaces d'Airbus de renoncer purement et simplement à son projet A400M, l'aéronautique française se fait une deuxième frayeur ce mardi. L'armée de l'Air brésilienne préfère les chasseurs suédois et américain au Rafale pour moderniser son aviation en raison du prix de l'appareil français, affirme mardi le quotidien Folha de Sao Paulo qui dit avoir eu accès à un rapport technique confidentiel. Le Rafale de Dassault est en lice avec le F/A-18 Super Hornet de Boeing et le Gripen NG de Saab pour fournir 36 avions de combat multi-rôles au géant sud-américain, un contrat d'une valeur de plusieurs milliards de dollars.
Le Rafale a du plomb dans l'aile aux Emirats
Les Emirats Arabes Unis ont estimé mercredi que la proposition de Dassault pour son avion de combat Rafale était "non compétitive et irréalisable", marquant apparemment un blocage dans la négociation.
Publié le 16/11/2011
Folha, qui dit avoir eu accès aux conclusions d'un rapport de 30.000 pages, affirme que "le facteur financier a été décisif pour placer le Gripen NG, encore en phase de projet, en première position (...) Il est le moins cher des trois concurrents". Selon le journal, "Saab offre le Gripen pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars et l'heure de vol est quatre fois moins chère que celle du Rafale".
L'Elysée a refusé mardi de commenter les informations venues du Brésil et révélant que l'armée de l'air brésilienne préférait les avions suédois et américain au Rafale français, se déclarant "serein" sur l'issue de l'appel d'offres lancé par Brasilia.
Bras de fer
Dassault avait affirmé que si le Rafale était choisi par le Brésil, les six premiers appareils seraient construits en France et les autres 30 assemblés au Brésil. Mais le rapport des militaires souligne que le Rafale fait toujours face à trois handicaps. D'abord, son prix est resté prohibitif, contrairement à ce que le président français Nicolas Sarkozy avait promis à Lula. Ensuite, le transfert de technologie promis a été considéré en deçà de l'ambition brésilienne. Enfin, l'avionneur brésilien Embraer, consulté par l'armée de l'Air, s'est dit peu intéressé par le projet en raison de ses faibles retombées technologiques et financières.
Ce rapport, plusieurs fois reporté, est technique et consultatif. Néanmoins, selon Folha, il va provoquer un bras de fer entre Lula et le commandement de la force aérienne qui n'ont jamais accepté la décision politique de leur président. Lula a donné en septembre son feu vert politique à l'achat de 36 avions de combat français Rafale mais, si Nicolas Sarkozy s'est réjoui de cette annonce, les discussions commerciales n'ont pas encore débouché sur la signature d'un contrat en bonne et due forme.
Interrogé mardi par l'AFP, le ministère de la Défense s'est refusé à tout commentaire. Un porte-parole de l'armée de l'Air (FAB) a déclaré à l'AFP "n'avoir rien diffusé sur la préférence de l'avion ou la remise du rapport au ministre (de la Défense Nelson) Jobim". Tous les espoirs français devraient se porter sur le président brésilien. En plus d'avoir exprimé sa préférence pour le Rafale, il a déclaré plusieurs fois que la décision finale serait politique et qu'il aurait le dernier mot.
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