Le Rafale © Sirpa MediaTous derrière le Rafale... Alors que la presse brésilienne révélait hier que l'armée du pays lui préférait les avions de chasse suédois ou américain, le ministre français de la Défense, Hervé Morin a minimisé ces informations. Et passé la pommade au chasseur français.
Le Rafale a du plomb dans l'aile aux Emirats
Les Emirats Arabes Unis ont estimé mercredi que la proposition de Dassault pour son avion de combat Rafale était "non compétitive et irréalisable", marquant apparemment un blocage dans la négociation.
Publié le 16/11/2011
La commande brésilienne, dont le montant pourrait dépasser quatre milliards de dollars (2,8 milliards d'euros), oppose depuis des mois plusieurs des principaux constructeurs aéronautiques au monde. Mardi, la presse brésilienne a fait état d'un rapport de l'armée de l'air, soumis au ministre de la Défense, dans lequel le Rafale de Dassault Aviation est devancé par le Gripen du suédois Saab et le F18 de Boeing. "Je ne connais pas ce rapport. ce sont des rumeurs d'un journal", a déclaré Hervé Morin sur RMC. "Vous êtes dans une compétition extrêmement dure et dans une compétition comme celle-ci, toutes les rumeurs sont mises sur la table par les uns et les autres", a-t-il souligné.
Comparer "ce qui est comparable"
La commande portant sur 36 nouveaux avions de chasse, avec une possible extension ultérieure à 100 appareils, serait accompagnée d'importants accords de transfert de technologies. Le Gripen NG suédois présenterait à la fois le prix d'achat et le coût de maintenance le moins élevé, et assurerait davantage de transferts de technologies, a écrit mardi le Folha de Sao Paulo, citant le rapport de l'armée. Pour Hervé Morin cependant, il n'est pas pertinent de comparer les deux appareils. "Est-ce que, sans vouloir vexer personne, on peut comparer une Ferrari qu'est le Rafale et le Gripen qui est une voiture, pour prendre un exemple, une Volvo ?", a interrogé le ministre. "Le Rafale est le seul avion multimissions au monde (...) Le Gripen est un avion qui ne vole pas, qui n'existe pas, qui est seulement dans les bureaux d'étude du constructeur", a lancé Hervé Morin. "Je voudrais qu'on compare ce qui est comparable."
Le ministre de la Défense a en outre tenu à insister sur l'aspect stratégique et l'importance du partenariat que le Brésil lie à cette commande. "Nous proposons une partenariat industriel majeur pour permettre au Brésil de constituer une plateforme industrielle aéronautique de premier plan sur l'ensemble de l'Amérique latine", a-t-il fait valoir. Il a dit sa "confiance" en rappelant les accords militaires déjà signés avec Brasilia pour des commandes d'hélicoptères ou de sous-marins, mais aussi la préférence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour le Rafale français. "Nous sommes dans le cadre d'un partenariat stratégique avec le Brésil, qui est un partenariat politique, donc la décision sera politique", a-t-il déclaré.
Crise brésilienne
Une déclaration appuyée côté Brésilien. "La décision finale est toujours politique", a déclaré en écho mercredi à Genève le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim. "Evidemment, on va étudier, prendre en compte ce qu'il y a dans les rapports" techniques, mais "c'est au ministre de la Défense, au président de la
République (Luiz Inacio Lula da Silva) de décider", a-t-il dit lors d'une rencontre avec des journalistes. "Ce n'est pas une décision exclusivement militaire", a-t-il conclu.
Le rapport de l'armée de l'air brésilienne, plusieurs fois reporté, est technique et consultatif. Néanmoins, selon Folha, il va provoquer un nouveau bras-de-fer entre Lula et le commandement de la force aérienne, qui n'a jamais accepté la décision politique du président. A la veille de Noël, le projet de création d'une commission d'enquête sur les crimes de la dictature militaire (1964-1985) avait déjà déclenché une crise sans précédent entre Lula et les chefs militaires, qui avaient menacé de démissionner.
Pour faire pression, le ministre de la Défense, Nelson Jobim, et les chefs des trois armes avaient mis leurs postes en jeu et Lula a accepté de revoir les points les plus controversés du projet. "Ce sont deux thèmes différents (l'appel d'offre des avions et la commission d'enquête) mais qui arrivent en même temps; l'un peut contaminer l'autre", souligne Eliane Cantanhêde, auteur de l'article du Folha de Sao Paulo. La présidence française a refusé de commenter les informations venues du Brésil, se déclarant "sereine" sur l'issue de l'appel d'offres lancé par Brasilia et les chances du chasseur français, qui n'a encore jamais été vendu à l'étranger.
| A400M : le coup de poker qui fâche |
Le ministre de la Défense a par ailleurs affirmé vouloir que le programme de construction de l'avion de transport militaire A400M "aille à son terme" alors que son fabriquant Airbus envisagerait son abandon en raison de surcoûts. Il a mis en cause le fait qu'"Airbus en 2001, de façon très imprudente à (son) sens, a décidé de passer un contrat civil et non pas un contrat militaire" avec les sept pays ayant commandé l'appareil. Dans un contrat militaire "il y a toujours des clauses permettant la réévaluation du prix parce qu'on sait que tous les programmes militaires ont des surcoûts", a-t-il fait valoir. "Je comprends très bien que le président d'Airbus, dans le cadre d'une discussion logique, commence à dire : nous on est prêts à arrêter, parce que c'est un moyen de mettre la pression sur les Etats", a-t-il dit. Mais "je suis confiant parce qu'il y va de l'intérêt de l'industrie européenne", a poursuivi le ministre soulignant que "c'est le plus beau programme européen, c'est un bel exemple de ce que les Européens peuvent faire et c'est un programme qui a un potentiel à l'exportation colossal parce qu'il |
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