Le Rafale : une "Ferrari" contre des "Volvo"

Par , le 06 janvier 2010 à 11h44 , mis à jour le 06 janvier 2010 à 16h25

Hervé Morin, le ministre de la Défense, défend l'avion français après des rumeurs selon lesquelles l'armée brésilienne lui préfèrerait ses concurrents.

Le RafaleLe Rafale © Sirpa Media

Tous derrière le Rafale... Alors que la presse brésilienne révélait hier que l'armée du pays lui préférait les avions de chasse suédois ou américain, le ministre français de la Défense, Hervé Morin a minimisé ces informations. Et passé la pommade au chasseur français.

  • Le Rafale a du plomb dans l'aile aux Emirats

    Les Emirats Arabes Unis ont estimé mercredi que la proposition de Dassault pour son avion de combat Rafale était "non compétitive et irréalisable", marquant apparemment un blocage dans la négociation.

    Publié le 16/11/2011 Le Rafale a du plomb dans l'aile aux Emirats
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La commande brésilienne, dont le montant pourrait dépasser quatre milliards de dollars (2,8 milliards d'euros), oppose depuis des mois plusieurs des principaux constructeurs aéronautiques au monde. Mardi, la presse brésilienne a fait état d'un rapport de l'armée de l'air, soumis au ministre de la Défense, dans lequel le Rafale de Dassault Aviation  est devancé par le Gripen du suédois Saab et le F18 de Boeing. "Je ne connais pas ce rapport. ce sont des rumeurs d'un journal", a déclaré Hervé Morin sur RMC. "Vous êtes dans une compétition extrêmement dure et dans une compétition comme celle-ci, toutes les rumeurs sont mises sur la table par les uns et les autres", a-t-il souligné.
 
Comparer "ce qui est comparable"
 
La commande portant sur 36 nouveaux avions de chasse, avec une possible extension ultérieure à 100 appareils, serait accompagnée d'importants accords de transfert de technologies. Le Gripen NG suédois présenterait à la fois le prix d'achat et le coût de maintenance le moins élevé, et assurerait davantage de transferts de technologies, a écrit mardi le Folha de Sao Paulo, citant le rapport de l'armée. Pour Hervé Morin cependant, il n'est pas pertinent de comparer les deux appareils. "Est-ce que, sans vouloir vexer personne, on peut comparer une Ferrari qu'est le Rafale et le Gripen qui est une voiture, pour prendre un exemple, une Volvo ?", a interrogé le ministre. "Le Rafale est le seul avion multimissions au monde (...) Le Gripen est un avion qui ne vole pas, qui n'existe pas, qui est seulement dans les bureaux d'étude du constructeur", a lancé Hervé Morin. "Je voudrais qu'on compare ce qui est comparable."
 
Le ministre de la Défense a en outre tenu à insister sur l'aspect stratégique et l'importance du partenariat que le Brésil lie à cette commande. "Nous proposons une partenariat industriel majeur pour permettre au Brésil de constituer une plateforme industrielle aéronautique de premier plan sur l'ensemble de l'Amérique latine", a-t-il fait valoir. Il a dit sa "confiance" en rappelant les accords militaires déjà signés avec Brasilia pour des commandes d'hélicoptères ou de sous-marins, mais aussi la préférence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva pour le Rafale français. "Nous sommes dans le cadre d'un partenariat stratégique avec le Brésil, qui est un partenariat politique, donc la décision sera politique", a-t-il déclaré.

Crise brésilienne

Une déclaration appuyée côté Brésilien. "La décision finale est toujours politique", a déclaré en écho mercredi à Genève le ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim. "Evidemment, on va étudier, prendre en compte ce qu'il y a dans les rapports" techniques, mais "c'est au ministre de la Défense, au président de la
République (Luiz Inacio Lula da Silva) de décider
", a-t-il dit lors d'une rencontre avec des journalistes. "Ce n'est pas une décision exclusivement militaire", a-t-il conclu.

Le rapport de l'armée de l'air brésilienne, plusieurs fois reporté, est technique et consultatif. Néanmoins, selon Folha, il va provoquer un nouveau bras-de-fer entre Lula et le commandement de la force aérienne, qui n'a jamais accepté la décision politique du président. A la veille de Noël, le projet de création d'une commission d'enquête sur les crimes de la dictature militaire (1964-1985) avait déjà déclenché une crise sans précédent entre Lula et les chefs militaires, qui avaient menacé de démissionner.

Pour faire pression, le ministre de la Défense, Nelson Jobim, et les chefs des trois armes avaient mis leurs postes en jeu et Lula a accepté de revoir les points les plus controversés du projet. "Ce sont deux thèmes différents (l'appel d'offre des avions et la commission d'enquête) mais qui arrivent en même temps; l'un peut contaminer l'autre", souligne Eliane Cantanhêde, auteur de l'article du Folha de Sao Paulo. La présidence française a refusé de commenter les informations venues du Brésil, se déclarant "sereine" sur l'issue de l'appel d'offres lancé par Brasilia et les chances du chasseur français, qui n'a encore jamais été vendu à l'étranger.

A400M : le coup de poker qui fâche

Le ministre de la Défense a par ailleurs affirmé vouloir que le programme de construction de l'avion de transport militaire A400M "aille à son terme" alors que son fabriquant Airbus envisagerait son abandon en raison de surcoûts. Il a mis en cause le fait qu'"Airbus en 2001, de façon très imprudente à (son) sens, a décidé de passer un contrat civil et non pas un contrat militaire" avec les sept pays ayant commandé l'appareil. Dans un contrat militaire "il y a toujours des clauses permettant la réévaluation du prix parce qu'on sait que tous les programmes militaires ont des surcoûts", a-t-il fait valoir. "Je comprends très bien que le président d'Airbus, dans le cadre d'une discussion logique, commence à dire : nous on est prêts à arrêter, parce que c'est un moyen de mettre la pression sur les Etats", a-t-il dit. Mais "je suis confiant parce qu'il y va de l'intérêt de l'industrie européenne", a poursuivi le ministre soulignant que "c'est le plus beau programme européen, c'est un bel exemple de ce que les Européens peuvent faire et c'est un programme qui a un potentiel à l'exportation colossal parce qu'il
est seul sur son marché
".
 
En Allemagne, le ton montait davantage contre le groupe aéronautique, à en croire les réactions de responsables politiques parues dans la presse. "C'est très bien que l'avion ait décollé à Séville (pour son premier vol le 11 décembre). Mais cela ne suffit pas à remplir une quelconque condition", souligne le porte-parole du ministère allemand de la Défense Holger Neumann, cité par le Handelsblatt. Le journal cite par ailleurs une source proche du ministère qui affirme: "Il est hors de question que nous payons davantage que la rallonge de 650 millions d'euros prévue par le contrat."

Par Olivier Levard le 06 janvier 2010 à 11:44
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44 Commentaires

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  • a.1.2.c.4, le 07/01/2010 à 19h32

    Si tous les commentateurs, spécialistes de tout ... étaient à la tête du pays ... tout serait alors ... joie et bonheur ...! Dépêchez-vous de faire le nécessaire ... D'ici une quinzaine ... semble convenable ... comme délai, non ? :o)))

  • neovieux, le 07/01/2010 à 18h00

    :-) bientot une série limitée: le rafale décapotable Swarovski avec des enceintes Bose, le siège en cuir recaro, la tenue de vol par jean-paul gauthier, et la série de valises louis vuitton avec en prime une prise directe pour l'ipod. Le tout prochainement à la tv dans l'émission PIMP MY RAFALE.

  • neovieux, le 07/01/2010 à 16h37

    Comme pour la vente au maroc, le contrat inratable qui a été perdu.

  • loanaourf, le 07/01/2010 à 02h34

    Une Ferrari? Super argument ... Une bonne manière de faire foirer la vente! «achetez du luxe» ... Le brésil serait-il «bling-bling»? Le président Brésilien écouterait-il du rap? ...

  • yann-87, le 06/01/2010 à 21h24

    Pourtant l'été dernier M. Sarkozy nous affirmait en fanfaronnant que le Rafale était vendu au Brésil....il semblerait encore une fois que les choses ne soient pas si simples

  • twist1961, le 06/01/2010 à 19h15

    Les drones ont de l'avenir,c'est certain,mais pourquoi alors des avions furtifs comme le F22 raptor ou le F35 qui sont les avions du futur proche;il ya un parallele avec l'espace:il y a les tenants du tout robot et ceux qui estiment que la presence humaine est indispensable.

  • tcaut, le 06/01/2010 à 19h08

    Bonsoir "neovieux" Tout a fait d'accord avec vous. Le "gripen" suédois suffira amplement pour le Brésil , et je pense que les suédois ont aussi d'excellents ingénieurs et tehniciens, cet avion a été acheté par les Tchèques, l'Afrique du Sud et d'autres pays et géographiquement parlant au Brésil ils sont loin de cette poudrière que sont l'Irak , le Pakistan, l'Iran , l'Afghanistan. Les brésiliens nous ont acheté notre ancien PA Foch qui navigue encore, ancien fleuron de la Marine Nationale avec son frère le Clémenceau les R97 et R98., mais le Clem lui est parti à la ferraille, dommage. Le rafale se vend très mal , quasiment pas en comparaison aux avions de chasse hypersophistiqués de US, de plus il commence a dater. Cet avion a fait un bide. L'A380 a des soucis et le A400M idem, même la centrale EPR on a pas réussi à la vendre....mais en France il y a quelques chose qui est grave, très grave au regard des autres pays, grêves en permanence dans tous les secteurs, gueuler , défiler et penser aux loisirs avant le boulot , faut pas s'étonner..il y a plus de 40 ans que je travaille ( j'ai même travailler à Noël et jour de l'an ) , je n'ai pas pris de congés je surveille mon budget car dans les mois et années à venir je crains le pire, surout avec l'émergeance de l'Inde, la Chine et de la Corée du Sud, car eux ils vont changer complètement la donne et ils sont au Top, beaucoup de nos cerveaux français travaillent dans ces pays. cordialement Thierry

  • kilian0611, le 06/01/2010 à 17h22

    M Morin n'est pas méprisant il defend notre beetsteack car si contrat il y a c'est bien pour notre pays et pour des salariés FRANCAIS soyez un pau patriotique bordel ce ne vous ferait pas de mal

  • france-marne51, le 06/01/2010 à 17h09

    Et de toute façon le débat n'est pas la, le rafale est supérieur en tout point au grippen, le seul obstacle: le prix. ...... il faut aussi prendre en considération le pilote et les compétences de l'autre pilote et il y a aussi l'endurance du matériel .

  • neovieux, le 06/01/2010 à 17h09

    Comme dirait la fable d'Esope "......ne pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué..." si l'avion suédois est toujours en lice, volvo ou pas, c'est qu'il répond au besoin, sinon il ne serait pas retenu du tout pour le dernier tour des négociations. (ou du moins sa présence au dernier tour est sensée etre un minimum crédible pour la forme). Construire un avion de pointe est une bonne chose quand on peut en tirer des avantages, qu'ils soient technologiques (report de techno sur d'autres avions ou dans le civil), ou financier si nous arrivons à concretiser des ventes "rentables" et non des ventes à perte pour le principe. Le contrat avec le maroc était inratable et pourtant on l'a raté. Maintenant les politiciens sont les pros de la récupération et de la non responsabilisation. Si echec il y a, ce sera la faute à pas de chance encore (ca en fait bc qd meme pour le rafale....), si enfin vente il y a, ce sera bien sur grace à leurs supers talents (ce qui sera en partie probablement vrai aussi, mais pas uniquement contrairement à ce qu'ils nous feront croire)

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