Le salut d'Astérix viendra-t-il d'Hollywood ?

Par F.L., le 20 décembre 2011 à 11h45 , mis à jour le 20 décembre 2011 à 13h19

Selon Europe 1, une société californienne, Film Funds, s'apprête à faire une offre de reprise après le placement en liquidation judiciaire de Quinta Industries. La débâcle de cette société de post-production menace tout le cinéma français.

Astérix et Obélix : au service de sa majesté de Laurent TirardAstérix et Obélix : au service de sa majesté de Laurent Tirard © Wild Bunch Distribution

Alors que les producteurs d'Astérix ont annoncé lundi qu'ils avaient "les moyens de faire face" à la liquidation de Quinta Industries, ils pourraient tout de même bénéficier d'un coup de pouce d'Hollywood. Le dernier volet filmé de la saga inspirée du personnage de Goscinny et Uderzo, Astérix et Obélix au service de sa Majesté, figure parmi trente-six  longs métrages qui risquent de ne tout simplement pas pouvoir sortir, faute d'effets spéciaux, avec d'autres comme La Vérité si je mens 3, Infidèle de Jean Dujardin et Gilles Lellouche, le prochain Leos Carax (Holly Motors) ou encore Thérèse Desqueyroux de Claude Miller. Mais selon Europe 1, une société californienne, Film Funds, pourrait venir à leur secours. "Une société américaine qui peut donner un coup de main à l'industrie du cinéma français, ce n'est pas mal !", s'enthousiasme sur Europe 1 l'un des vice-présidents de Film Funds, Christian Paris.

Plus d'infos

Cette crise qui menace une bonne partie du cinéma français a débuté avec la mise en liquidation judiciaire du groupe Quinta Industries, détenu à 83% par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar. Prononcée la semaine dernière, elle provoque depuis plusieurs jours une inquiétude grandissante au sein de tout le milieu cinématographique. A tel point que Thierry de Segonzac, président de la Fédération des industries du cinéma, a adressé une lettre en forme d'appel à l'aide à Nicolas Sarkozy, en évoquant une situation susceptible d'entraîner des "conséquences économiques et culturelles irréversibles". Pour de nombreuses productions à gros budget, Quinta Industries, spécialisé dans la post-production, est un acteur incontournable et la fermeture imminente de ses laboratoires techniques, conséquence logique de la décision du tribunal de commerce de Nanterre, pourrait se traduire par un vrai séisme.

Ce que proposerait Film Funds

En effet, si les différents sous-traitants et partenaires économiques des sociétés concernées (Quinta Industries, Laboratoire LTC, Auditorium SIS, Scanlab, Duran Duboi) viennent récupérer leur matériel et recouvrer leurs créances, les images actuellement stockées dans les disques durs de ces sociétés seront perdues. Ce qui représente, selon Thierry de Segonzac, 300 millions d'euros d'investissements de production - soit 25% de l'investissement annuel du cinéma français.

Jusqu'à présent la Fédération, qui regroupe quelque 180 sociétés spécialisées dans la post-production, les effets spéciaux, l'animation, espérait gagner un peu de temps afin que les producteurs des films en jeu puissent désigner d'autres prestataires en son sein pour continuer le travail. L'offre de Film Funds, qui doit être présentée ce mardi au tribunal de commerce de Nanterre, pourrait débloquer la situation : Christian Paris a précisé sur Europe 1 que cette offre "portera sur la bonne fin des travaux qui sont en cours (...) afin que ces films arrivent en salles à temps". Elle devrait aussi permettre de "proposer aux producteurs, dans les contrats, une continuité de leurs travaux" ; Film Funds s'engagerait aussi à reprendre "une partie du personnel" de Quinta Industries. Reste à savoir quelle proportion.

Par F.L. le 20 décembre 2011 à 11:45
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3 Commentaires

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  • chlipouno, le 20/12/2011 à 15h46

    Les grandes surfaces font des milliards avec l alcool mais si demain un champignon menacait tout le vignoble francais les grandes surfaces ne feront rien donc ne pas melanger tous les aspects du cinema du scenario jusqu a la sortie en salle et plus loin en dvd un maillon intermediaire peut bloquer la chaine

  • freud1954, le 20/12/2011 à 14h49

    Quand on sait qu'Asterix génère environ 150 millions d'euros de bénéfices , (uniquement en salles , donc sans les ventes de dvd)' on peut se demander si les producteurs n'abusent pas un peu quand ils demandent au président de la République en personne d'intervenir ? où passe le fric que l'on donne à la caisse ?? on pourrait multiplier les exemples et démontrer facilement que si les producteurs de films voulaient bien s'accocier , il n'y aurait plus de problèmes de financement !

  • _mike, le 20/12/2011 à 14h17

    Hollywood donne certainement un "coup de pouce", mais ce n'est qu'un début avant qu'il ne s'approprie la franchise, et moi avoir un "Asterix est Obelix" made by Hollywood je ne le sent pas. Si ils sont capables de se débrouiller seul, qu'ils le fassent, ou alors le "coup de pouce" d'Hollywood ne va pas plus loin que ça.

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