Astérix et Obélix : au service de sa majesté de Laurent Tirard © Wild Bunch DistributionAlors que les producteurs d'Astérix ont annoncé lundi qu'ils avaient "les moyens de faire face" à la liquidation de Quinta Industries, ils pourraient tout de même bénéficier d'un coup de pouce d'Hollywood. Le dernier volet filmé de la saga inspirée du personnage de Goscinny et Uderzo, Astérix et Obélix au service de sa Majesté, figure parmi trente-six longs métrages qui risquent de ne tout simplement pas pouvoir sortir, faute d'effets spéciaux, avec d'autres comme La Vérité si je mens 3, Infidèle de Jean Dujardin et Gilles Lellouche, le prochain Leos Carax (Holly Motors) ou encore Thérèse Desqueyroux de Claude Miller. Mais selon Europe 1, une société californienne, Film Funds, pourrait venir à leur secours. "Une société américaine qui peut donner un coup de main à l'industrie du cinéma français, ce n'est pas mal !", s'enthousiasme sur Europe 1 l'un des vice-présidents de Film Funds, Christian Paris.
Cinéma : une sortie de crise pour les labos techniques menacés ?
La faillite d'une société de post-production menace la sortie d'une trentaine de films dont le prochain "Astérix" ou "La Vérité si je mens 3". Un accord aurait été trouvé in-extremis. Explications.
Publié le 20/12/2011
Cette crise qui menace une bonne partie du cinéma français a débuté avec la mise en liquidation judiciaire du groupe Quinta Industries, détenu à 83% par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar. Prononcée la semaine dernière, elle provoque depuis plusieurs jours une inquiétude grandissante au sein de tout le milieu cinématographique. A tel point que Thierry de Segonzac, président de la Fédération des industries du cinéma, a adressé une lettre en forme d'appel à l'aide à Nicolas Sarkozy, en évoquant une situation susceptible d'entraîner des "conséquences économiques et culturelles irréversibles". Pour de nombreuses productions à gros budget, Quinta Industries, spécialisé dans la post-production, est un acteur incontournable et la fermeture imminente de ses laboratoires techniques, conséquence logique de la décision du tribunal de commerce de Nanterre, pourrait se traduire par un vrai séisme.
Ce que proposerait Film Funds
En effet, si les différents sous-traitants et partenaires économiques des sociétés concernées (Quinta Industries, Laboratoire LTC, Auditorium SIS, Scanlab, Duran Duboi) viennent récupérer leur matériel et recouvrer leurs créances, les images actuellement stockées dans les disques durs de ces sociétés seront perdues. Ce qui représente, selon Thierry de Segonzac, 300 millions d'euros d'investissements de production - soit 25% de l'investissement annuel du cinéma français.
Jusqu'à présent la Fédération, qui regroupe quelque 180 sociétés spécialisées dans la post-production, les effets spéciaux, l'animation, espérait gagner un peu de temps afin que les producteurs des films en jeu puissent désigner d'autres prestataires en son sein pour continuer le travail. L'offre de Film Funds, qui doit être présentée ce mardi au tribunal de commerce de Nanterre, pourrait débloquer la situation : Christian Paris a précisé sur Europe 1 que cette offre "portera sur la bonne fin des travaux qui sont en cours (...) afin que ces films arrivent en salles à temps". Elle devrait aussi permettre de "proposer aux producteurs, dans les contrats, une continuité de leurs travaux" ; Film Funds s'engagerait aussi à reprendre "une partie du personnel" de Quinta Industries. Reste à savoir quelle proportion.
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