C'est Mark Zuckerberg lui-même, l'un des hommes les plus riches du monde à seulement 28 ans, et le très médiatique patron et fondateur de Facebook, qui a sonné vendredi à distance la cloche de la plateforme boursière électronique Nasdaq, marquant ainsi l'entrée en Bourse du réseau social. Une entrée si attendue, qu'elle a semblé doper les premiers échanges lors de l'introduction de Facebook : Wall Street a réussi à ouvrir en hausse, alors même que les marchés américains avaient fini en nette baisse jeudi, incapables de retrouver un second souffle face au chaos grec et à des statistiques moins bonnes qu'attendu aux Etats-Unis.
Cette arrivée était par ailleurs tellement attendue que la cotation de "FB", au lieu de démarrer à 17h, heure française, a commencé à 17h40. L'action a bondi de 12% dans les premiers échanges... avant de vite redescendre. A 17h55, l'action était revenue à son cours initial, de 38 dollars. Et le Dow Jones passait dans le rouge. Mais à 18h, l'action repartait à la hausse et gagnait plus de 5%. Finalement, à la clôture de la place new yorkaise, le cours de Facebook a fini pratiquement à son cours d'introduction, à 38,2318 dollars, en hausse de 0,61%. L'entrée en Bourse du célèbre réseau social n'aura pas suffi non plus à faire décoller Wall Street, en berne depuis quelques jours : l'indice Dow Jones a perdu 0,59% à 12.369,38 points tandis que le composite du Nasdaq abandonnait 1,24% ou 34,90 points, à 2.778,79 points.
Un symbole parmi d'autres : fidèle à son image de "geek", Mark Zuckerberg venait de marquer la fin d'une nuit de "hackathon" (marathon de codage informatique) au siège du groupe à Menlo Park, en Californie. S'il était 9h30 à New York (et 15h30, heure française), il n'était en effet que 6h30 dans la Silicon Valley. Mais en dépit de ses allures d'éternel étudiant, ce multi-milliardaire classé 14e fortune des Etats-Unis par le magazine Forbes a les pieds bien sur terre quand il s'agit de la gestion de son groupe : il en conservera 55,8% des droits de vote, même s'il a prévu de vendre pour plus d'un milliard de dollars de titres à l'occasion de l'entrée en Bourse.
De fortes attentes... difficiles à satisfaire
Sur la base du prix de 38 dollars par action retenu jeudi, Facebook est valorisé plus de 100 fois ses bénéfices, contre 14 fois pour Apple et 19 fois pour Google. Une fois cotée, l'entreprise devra donc s'employer à satisfaire les attentes très élevées qu'elle a suscitées, en commençant par assurer la poursuite de sa croissance. Certains investisseurs estiment que le titre pourrait gagner 30%, voire davantage, dès ce vendredi en dépit des interrogations persistantes sur la capacité réelle de Facebook à générer durablement des profits même s'il revendique 901 millions d'utilisateurs dans le monde, à fin mars.
Certains investisseurs soulignent en effet que Facebook, qui a réalisé 3,71 milliards de dollars de chiffres d'affaires l'an dernier, n'a pas encore apporté la preuve qu'il peut rentabiliser de manière pérenne le basculement progressif de ses utilisateurs vers les téléphones portables, smartphones et tablettes. D'autant que la croissance de ses recettes publicitaires en ligne, qui génèrent l'essentiel de son chiffre d'affaires, a ralenti ces derniers mois. "La croissance de l'utilisation mobile dépassant celle des terminaux fixes, la monétisation pourrait diminuer à court terme puisque le mobile ne permet que peu ou pas du tout de publicité, en raison de la taille limitée des écrans", expliquait la semaine dernière une étude de Susquehanna Financial Group.
Signe potentiellement inquiétant pour Facebook : General Motors, le premier constructeur automobile américain, a annoncé mardi qu'il cesserait d'acheter des espaces publicitaires sur le site du réseau social, ce qui a relancé le débat sur l'efficacité des publicités en ligne par rapport aux médias traditionnels.
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