Image d'archive. Très gros 4x4 de la marque Hummer © REUTERS/Kevin LamarqueLa mort des Hummer, très populaires au début de la dernière décennie, appréciés des rappeurs et des amateurs de clinquant sous toutes les latitudes, signe la fin d'une époque, celle d'avant la récession et l'essence chère. General Motors a annoncé mercredi, sans fournir d'explication, l'échec du projet de reprise par le chinois Tengzhong. Echec que pressentaient pourtant divers analystes, qui s'étaient déjà interrogés sur la capacité de cette entreprise chinoise, doublement dépourvue d'expérience dans l'automobile et à l'étranger, à transformer cette acquisition en succès. Tengzhong, basé dans le Sichuan, produit des machines pour le secteur de la construction et des infrastructures, ainsi que pour l'industrie énergétique.
Le Hummer devient chinois
General Motors et le groupe chinois Tengzhong ont annoncé un accord définitif de vente de la marque de gros 4x4.
Publié le 10/10/2009
Le Hummer sorti de l'ornière par un mystérieux repreneur
General Motors a annoncé mardi être parvenu à un accord de principe pour la cession de sa marque de gros 4x4 Hummer.
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Le Hummer, lourd, coûteux, polluant et bruyant, dérive d'un petit véhicule militaire, le Humvee ou "High Mobility Multipurpose Wheeled Vehicle" (véhicule à roues multi-usage à haute mobilité). Très utilisé pendant la guerre du Golfe ou dans les Balkans, le Humvee a remplacé les jeeps sur les champs de bataille. AM General, le fabricant du Humvee, en avait lancé une version civile en 1992, en ajoutant des équipements intérieurs luxueux et en retirant le blindage. L'acteur Arnold Schwarzenegger, futur gouverneur de Californie, avait été l'un des premiers acheteurs. GM avait ensuite acquis la marque en 1998. Mais Hummer avait vu ses ventes inexorablement décliner, surtout à partir de 2008, au fur et à mesure que le prix de l'essence augmentait. En janvier, GM avait vendu seulement 2493 Hummer, un chiffre en baisse de 38% par rapport à mai 2009 (le dernier mois avant le dépôt de bilan de GM). Cela représentait 1,7% des ventes du constructeur, et dépassait de peu les ventes de Porsche aux Etats-Unis.
Un succès problématique en Chine
L'accord qui était censé sauver le monstre roulant avait pourtant été conclu en octobre avec le chinois Tengzhong. L'idée étant alors que la transaction serait bouclée fin janvier. Mais la date butoir avait déjà dû être repoussée d'un mois, jusqu'à dimanche, faute d'approbation des autorités chinoises, selon Tengzhong. Mercredi matin encore, l'entreprise chinoise, interrogée sur la possibilité de remanier sa proposition de reprise, s'était contentée d'annoncer qu'elle aurait "quelque chose à dire le 28 février". Mais le ministère du Commerce chinois, acteur clef dans ce processus d'approbation, avait alors réaffirmé n'avoir reçu aucune demande officielle de Tengzhong pour l'acquisition de Hummer.
Un porte-parole de General Motors a indiqué qu'au total 3000 employés travaillaient sur la marque Hummer. Mais la plupart travaillant aussi sur d'autres marques, l'impact sur l'emploi de l'arrêt de la marque sera "nettement moins important" que cela, a-t-il assuré. Les énormes Hummer rejoignent donc à la casse de General Motors les petites Saturn économes et les Pontiac sportives. Parmi les marques dont General Motors voulait se séparer pour repartir sur des bases plus prometteuses après avoir frôlé la disparition, seule l'européenne Saab devrait finalement survivre, la reprise par le constructeur néerlandais de voitures de luxe Spyker ayant été finalisée mardi après moult rebondissements. Quant à l'autre marque européenne, Opel, un temps promise à la vente, elle reste finalement dans le giron de GM.
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