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LCI a testé pour vous Autolib'
Notre reporter a testé à Paris ce service de voitures électriques en libre-service et nous explique dans le détail comment ça marche.
Publié le 05/12/2011
Autolib ne fait pas l'unanimité
L'arrivée d'Autolib dans les rues de Paris ne fait pas que des heureux. Les écologistes voient un retour de a voiture au détriment des transports en commun et les loueurs de voiture, une concurrence déloyale.
Publié le 05/12/2011
Pour le reste, le système reprend tout du Vélib' : Autolib' a pour but de renoncer à sa voiture en offrant l'usage ponctuel de véhicules disponibles, peu chers et écolos. L'utilisateur pourra ainsi, comme pour Vélib', prendre une voiture dans une station et la déposer dans une autre, selon un système de "trace directe". Le service d'autopartage francilien confié au groupe Bolloré devrait monter en puissance avec 250 voitures et 250 bornes d'ici la fin de l'année, pour atteindre 1100 stations et 3000 véhicules à Paris et dans 45 villes de banlieue fin 2012. Avec un espoir : "Nous voulons convaincre les gens de passer du concept consistant à posséder une voiture à celui consistant à simplement en utiliser une", déclarait en septembre Morald Chibout, directeur général d'Autolib'. Grâce à ce double système de partage de vélos et d'autos, la capitale française rêve de dire adieu aux embouteillages.
Banlieusards exclus
Mais ce n'est rien de plus qu'un rêve. Du fait même des limites du système : il restera exclusivement destiné à un public parisien ou de la Petite Couronne, alors qu'une bonne partie du trafic qui encombre la capitale provient de banlieusards relégués loin de la capitale par l'envolée des prix de l'immobilier, et qui viennent travailler à Paris. Malgré les espoirs exprimés, la disparition des bouchons n'est donc pas à l'ordre du jour. Par principe, Autolib' exclut une utilisation quotidienne et des temps de trajet longs : la "Bluecar" d'Autolib', fabriquée en Italie avec Pininfarina, affiche une autonomie de 250 kilomètres pour un temps de recharge d'environ quatre heures. L'usage moyen devrait donc être inférieur à une heure et la distance générale parcourue ne devrait pas dépasser quelques kilomètres. Les formules proposées visent d'ailleurs à encourager les déplacements courts : au forfait (annuel à 144 euros, hebdomadaire à 15 euros ou quotidien à dix euros) s'ajoutera le prix de la location à raison de cinq à sept euros la première demi-heure, quatre à six euros la deuxième, puis six à huit les suivantes.
A la différence des vélos en libre-service, où l'utilisateur est livré à lui-même, le groupe Bolloré va recruter pour Autolib' 1500 "ambassadeurs" chargés d'assister les utilisateurs dans les stations et d'entretenir les véhicules. Ces dépenses représenteront l'essentiel des coûts d'exploitation évalués à 100 millions d'euros par an. "Nous estimons qu'à partir de la septième année, ce sera rentable, et un groupe industriel comme le nôtre a l'habitude de n'avoir des rentabilités qu'au bout de six ou sept ans", a prévenu Vincent Bolloré, PDG du groupe. Selon l'industriel breton, Autolib' sera profitable à partir de 80.000 abonnés. Avec une contribution publique de 50.000 euros par station, l'investissement pour la Mairie de Paris s'élève à 35 millions d'euros. L'exploitant versera également une redevance annuelle de 750 euros par place de stationnement équipée d'une borne de recharge. Il encaissera en retour l'intégralité des abonnements et des recettes de location.
Grande première pour un système de libre-service de voiture de cette envergure, Autolib' constitue aussi une vitrine pour les batteries Bolloré, fabriquées en Bretagne, à l'orée de la grande bataille du véhicule électrique. Contrairement aux autres constructeurs qui ont choisi le lithium-ion, la Bluecar fonctionne avec une technologie radicalement différente : la batterie solide lithium-métal-polymères dérivée de l'expérience historique du groupe Bolloré dans les condensateurs. L'utilisation au quotidien des voitures pourrait permettre de départager les deux systèmes - entre un lithium-ion plus performant mais plus fragile et un LMP moins sensible aux variations de températures. Présenté comme une révolution dans le monde de l'automobile, le véhicule électrique est encore rare, mais 2012 pourrait changer la donne avec la multiplication des systèmes de recharge sur la voie publique ou les parkings et l'arrivée de nouveaux modèles ambitieux.
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