Interventionnisme : nom masculin qui fait bondir le patronat et qui n'effraie pas le gouvernement. Dimanche matin, Laurence Parisot a reproché au ministre du Redressement productif de s'ingérer dans les affaires des entreprises : "Arnaud Montebourg est quelqu'un qui à la fois comprend relativement bien les enjeux de l'industrie, (...), mais il a une conception qui est excessivement interventionniste, il est dans un interventionnisme social qui à mon avis ne prépare pas véritablement le redressement productif". La présidente du Medef a reproché au ministre d'interférer dans les discussions entre les syndicats et les directions : "On ne peut pas dire à la fois (...) "il faut respecter le dialogue social" et s'inviter dans le dialogue social, car le dialogue social ne concerne que deux acteurs, l'entreprise et les organisations syndicales, la direction de PSA et les syndicats de PSA, donc je pense que le ministre a tort de s'ingérer effectivement dans cette discussion au sein de PSA", a-t-elle déclaré.
"L'homme qui a le feu partout", comme il se surnomme, a répondu aux critiques lors du "Grand Rendez-vous" sur Europe 1 : "Comme beaucoup d'autres, elle s'y fera. (...)Nous n'avons pas été mis au pouvoir par les Français pour faire des cocottes en papier", a dit le ministre confronté aux nombreux dossiers socialement chauds qui arrivent sur son bureau: PSA, Sanofi, Florange, Doux, etc."Nous sommes des interventionnistes pondérés et modérés, mais absolument intraitables lorsqu'il est nécessaire que des situations de reconstruction industrielle soient menées",a-t-il ajouté.
Le ministre a repris l'offensive sur le dossier PSA en annonçant samedi au Mondial de l'Automobile des négociations "tripartites" le 25 octobre pour rediscuter du plan de restructuration de PSA Peugeot Citroën, qui prévoit au total la suppression de 8.000 postes. Ces discussions devront s'articuler autour de trois questions : "la pertinence de l'alliance avec General Motors", la "disparition de plusieurs lignes production", et la "nécessité de réindustrialiser ou pas les sites qui seront abandonnés", pour sécuriser les emplois des salariés qui y travaillent, a détaillé dimanche le ministre.









