Petroplus : arrêt provisoire de 3 raffineries, dont celle de Normandie

le 30 décembre 2011 à 16h25 , mis à jour le 30 décembre 2011 à 20h54

Le groupe pétrolier suisse, en proie à de graves difficultés financières, a annoncé vendredi la suspension provisoire de l'activité de 3 raffineries, dont celle de Petite-Couronne, en Normandie, à partir de janvier. Eric Besson rencontrera le PDG de Petroplus en début de semaine prochaine.

Le site Petroplus de Petit-CouronneLe site Petroplus de Petit-Couronne © LCI

Les salariés de la raffinerie Petroplus de Petite-Couronne, en Normandie, avaient des raisons d'être inquiets. En proie à de graves difficultés financières, le groupe pétrolier suisse a annoncé vendredi la suspension provisoire de l'activité de 3 de ses 5 raffineries, dont celle située en France, à partir de janvier. Les deux autres raffineries concernées se trouvent à Anvers, en Belgique, et à Cressier, en Suisse.

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Par ailleurs, le groupe va poursuivre dans les prochains jours ses négociations avec son consortium de banques, après des entretiens "ouverts et constructifs", tenus jeudi à Zurich. Ces entretiens ont pour objectif de débloquer des liquidités pour Petroplus, qui s'est vu refuser un crédit de 1 milliard de dollars par ce consortium de 13 banques internationales.

"On ne sait pas à quelle sauce on va être mangés"
  
Suite à ce refus, annoncé le 27 décembre, l'action Petroplus a dégringolé à la Bourse suisse, et de vives inquiétudes se sont fait jour quant aux chances de survie du groupe. Dans son communiqué de vendredi, Petroplus indique que le redémarrage des raffineries arrêtées en France, en Belgique et en Suisse, "dépendra de la disponibilité du crédit et des conditions économiques" en Europe.

"Cela sous-entend qu'il a trouvé les moyens d'acheter du brut pour les deux autres, Coryton en Grande-Bretagne et Ingolstadt en Allemagne", a analysé pour l'AFP Yvon Scornet, délégué CGT à Petit-Couronne. "On ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangés, si on ferme ou si on va être maintenus", a affirmé le syndicaliste. "Pour l'instant, on ne bouge pas, on continue le mouvement de blocage des produits finis qui nous servent de monnaie d'échange éventuelle", a-t-il ajouté.
  
L'action Petroplus en hausse de 7% vendredi soir

Les salariés français ont obtenu que leurs salaires de décembre soient payés alors que cette question inquiétait nombre d'employés. "On s'est battus jusqu'à tard hier", a assuré Nicolas Vincent, lui aussi de la CGT. Avec ses 2.500 salariés, Petroplus se présente comme le plus grand raffineur pétrolier indépendant du continent. Le groupe n'exerce que dans le raffinage, à la différence des grandes compagnies comme Shell, Exxon ou Total, présentes sur toute la chaîne pétrolière. Ses cinq usines représentent une capacité de traitement de 667.000 barils par jour.
  
Les trois banques françaises faisant partie du consortium se sont déclarées prêtes à financer le groupe suisse à condition que les autres banques suivent. Petroplus, qui s'était développé à toute allure dans le raffinage ces dernières années en reprenant les installations de Shell ou BP, avait déjà fermé fin juin son site de Reichstett (France), qui employait 250 personnes. A la Bourse suisse, l'action Petroplus était en hausse vendredi de plus de 7% à 16h30, à 1,76 franc suisse, après trois jours de baisse, qui lui ont fait perdre plus de la moitié de sa valeur.

Petroplus a-t-il les capacités d'exploiter le site français ?

Le ministre français de l'Industrie Eric Besson va rencontrer en début de semaine prochaine Jean-Paul Vettier, PDG du groupe. Il s'agira de "faire le point sur la situation du groupe, et plus particulièrement, sur les perspectives concernant le site français de Petit-Couronne", selon un communiqué commun des ministres français de l'Industrie et de l'Economie François Baroin publié vendredi. Par ailleurs, le Commissaire à la réindustrialisation Pascal Clément a d'ores et déjà été chargé "d'une mission d'appui et de suivi de la situation de la raffinerie de Petit-Couronne".
  
Les deux ministres français ont précisé dans leur communiqué avoir été informés par Petroplus le 22 décembre au soir de ses difficultés bancaires et avoir "immédiatement" saisi la Médiation du crédit français "pour intervenir auprès des banques", même si Petroplus est un groupe suisse. "Les discussions avec les banques ont alors été menées sans interruption depuis le 23 décembre, en lien avec la Médiation du crédit", ont-ils ajouté, relevant que le groupe suisse avait indiqué vendredi que ces discussions se poursuivaient "de façon ouverte et constructive, pour restaurer les facilités de crédit du groupe".
 
Nathalie Kosciusko-Morizet a par ailleurs annoncé que l'Etat allait s'assurer que Petroplus disposait toujours des capacités pour exploiter la raffinerie de Petit-Couronne. La ministre de l'Ecologie et des Transports a précisé que Petroplus, aujourd'hui en grande difficulté, aura jusqu'à lundi 8h pour répondre à cette demande formalisée dans un arrêté dit de prescription, pris vendredi par le préfet de Seine-Maritime. La ministre a ajouté qu'en l'absence de réponse ou si la réponse est jugée insuffisante, l'administration pourrait prendre la décision de suspendre "à titre conservatoire" l'activité. Le député PS de Seine-Maritime Laurent Fabius a demandé vendredi au Premier ministre François Fillon de le recevoir "dès la semaine prochaine" pour évoquer "la situation gravissime" de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne.

le 30 décembre 2011 à 16:25
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2 Commentaires

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  • savoie.fr, le 31/12/2011 à 11h03

    Fermeture provisoire ? A qui ils veulent le faire croire ?!

  • dominique95240, le 31/12/2011 à 10h11

    Eric Besson, Ministre de l'Industrie, veut faire le point alors que Petroplus est au bord du gouffre. Ne pouvait-il pas le faire avant ? Il est vrai, que nous sommes à 4 mois de l'élection présidentielle.

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