Petroplus lâche Petit-Couronne

le 20 janvier 2012 à 09h21 , mis à jour le 20 janvier 2012 à 11h08

Le groupe suisse, en grande difficulté financière, annonce la mise en vente de sa raffinerie normande. "Je demande au PDG de Petroplus (...) qu'il nous aide à favoriser la reprise", a réagi Eric Besson.

Le site Petroplus de Petit-CouronneLe site Petroplus de Petit-Couronne © LCI

 
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Plus d'infos

Depuis début janvier, la raffinerie de Petit-Couronne était à l'arrêt. En cause, les difficultés financières de son propriétaire, le groupe suisse Petroplus, qui l'avaient conduit à stopper l'activité de trois de ses raffineries en Europe. Désormais, Petroplus compte se séparer de sa partie normande : il a annoncé vendredi matin la mise en vente du site de Petit-Couronne. Le groupe a simultanément indiqué qu'il étudiait "les alternatives stratégiques" pour ses unités d'Anvers, en Belgique, et Cressier, en Suisse, "y compris leur vente possible". Petroplus possède deux autres raffineries en Europe: Ingolstadt en Allemagne et Coryton au Royaume-Uni.

La crise s'était ouverte le 27 décembre, lorsque le premier raffineur indépendant en Europe avait annoncé qu'il s'était vu refuser l'accès à une ligne de crédit de 1 milliard de dollars jugée "indispensable" au bon fonctionnement de ses opérations. La situation était ensuite devenue critique le 5 janvier, lorsque la société avait indiqué que ses banques avaient gelé l'intégralité de ses financements. Dans ce contexte houleux, le cas de la raffinerie de Petit-Couronne, qui compte 550 salariés, est d'autant plus difficile que le site n'en est pas à sa première bourrasque en matière économique et sociale. Il avait été racheté en 2008 au groupe Shell que les syndicats jugent responsable de la situation actuelle. Depuis le début de la crise, les salariés bloquent les derniers produits finis fabriqués sur le site, et le gouvernement a assuré qu'il comptait proposer son appui, "sous des formes diverses", pour la sauvegarde de la raffinerie française menacée de fermeture.

"Pas une surprise"

Le ministre français de l'Industrie Eric Besson, interrogé sur RTL au moment de l'annonce de la mise en vente du site de Petit-Couronne, a indiqué que ce n'était "pas une surprise puisque (il est) en contact permanent avec la direction de Petroplus et avec les syndicats de Petroplus. J'avais dit la semaine dernière que nous nous préparions à toutes les options, y compris à celle-ci", a-t-il ajouté. "Nous préparer, cela veut dire que nous avons (noué) avec l'ensemble de la filière pétrolière et, deuxièmement, avec un certain nombre de repreneurs potentiels, des contacts", a poursuivi le ministre, précisant qu'il devait rencontrer dans l'après-midi Jean-Paul Vettier, le PDG de Petroplus.

"Je demande au PDG de Petroplus (...) qu'il nous aide à favoriser la reprise. Il a quelques cartes en main pour cela et je vais lui demander d'activer parce que nous voulons aller vite pour maintenir l'activité industrielle à Petit-Couronne", a fait savoir le ministre de l'Industrie, tout en soulignant qu'une "raffinerie ne peut pas être arrêtée longtemps". Et de souligner : "l'objectif du gouvernement, c'est clairement la reprise d'activité la plus rapide possible".

"Ce que je crains, c'est que petit bout par petit bout, on n'ait plus de raffinerie dans notre pays ou qu'il en reste une ou deux", a ajouté le secrétaire général du syndicat Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, vendredi sur LCI.

le 20 janvier 2012 à 09:21
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4 Commentaires

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  • gertrudeun, le 22/01/2012 à 06h25

    L'image de la fin de la sirdérurugie lorraine plane sur une éventuelle reprise de l'activité en Normandie du raffinage. Pour retrouver des emplois sur place, il vaudrait mieux créér une autre activités porteuse au lieu de vouloir continuer à tout prix une exploitation pas rentable et donc inexploitable. Notamment, vouloir bloquer les prix du carburant comme le propose d'une manière totalement irréaliste Mr Hollande, entraine inexorablement la fin du rafinage, déjà pas ou peu rentable dans notre pays, pour les sérieuses raisons suivantes : - Coût exorbitant de la main d'oeuvre, avec l'accroissement des charges et les 35 heures; - Surcoût de l'écologie par rapport aux pays producteurs; - Eloignement des zones d'extraction....entraînant des frais importants pour le transport du brut, - Très faible marge de la distribution, souvent rémunérée comme un élément d'appel dans les grandes surfaces; - Perte importantes de rentrées fiscales d'une éventuelle TIPP "flotante" dans un conteste de budget super déficitaire......

  • ccyril76, le 20/01/2012 à 21h28

    A savoir cette raffinerie etait badgée shell avant d'etre vendue et rachetée par petroplus, de plus total a deja un site a gonfreville l'orcher a coté du havre.....

  • bjr82, le 20/01/2012 à 11h35

    Le groupe Total qui fait des milliards de benefice pourrait sans problème reprendre l'outil de travail ainsi que l'ensemble des salariés . ce serait la meilleure solution pour que tout le monde y trouve son compte

  • fm38, le 20/01/2012 à 11h24

    C'est le début d'un retrait d'entreprises étrangères.

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