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Pour ne pas finir plumé, Doux appelle les éleveurs à l'aide

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le 15 juillet 2012 à 10h22 , mis à jour le 15 juillet 2012 à 13h43.
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Image d'archives / Crédits : TF1-LCI

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EntreprisesLe volailler, désormais mis en vente, propose aux éleveurs d'entrer dans son capital, face à des offres jugées "dérisoires". Et il leur promet "une proposition concertée pour l'apurement du solde de votre créance".

Sur la douzaine d'offres déjà présentées pour la reprise du groupe Doux, il en est une qui se détache largement par le poids du groupe qui la porte : Sofiprotéol, bras financier de la filière oléagineuse. Six sociétés françaises sont emmenées par ce groupe dans une offre commune sur le volailler dont le placement en redressement judiciaire menace 3400 salariés et 800 éleveurs, et qui croule sous près de 430 millions d'euros de dettes. C'est donc cette offre qui concentre aujourd'hui les attaques du PDG du volailler en péril, Charles Doux, et de son fils, également directeur général, Jean-Charles Doux. Dans une lettre en date du 13 juillet adressée aux éleveurs partenaires du groupe Doux, ils étrillent les offres au "prix dérisoire" du consortium, qui provoquera selon eux, s'il est choisi, une "baisse très importante de la production". Comme solution alternative, ils proposent un plan avec entrée au capital des éleveurs.

Une condition : "l'adoption du plan de continuation que nous présenterons". Si cette condition est remplie, les Doux père et fils promettent aux éleveurs "une proposition concertée pour l'apurement du solde de votre créance". Il faudra toutefois attendre : "Pour des raisons techniques, avancent Charles et Jean-Charles Doux, le plan ne pourra être présenté qu'à partir du 15 octobre 2012". D'ici là, disent-ils, "nous vous proposons de désigner un ou plusieurs représentants qui auront accès à toutes les informations financières et qui participeront avec nous à l'élaboration du plan". Evoquant l'épineux problème des arriérés, ils proposent, "pour pérenniser nos activités communes", le "paiement de 50% des créances arriérées des éleveurs au plus tard au 30 septembre 2012", à condition que le tribunal de commerce de Quimper poursuive la période d'observation du 30 juillet au 31 décembre 2012. Le tribunal doit se prononcer sur la question à l'issue de l'audience du 27 juillet prochain.

Doux propose de payer comptant

"Pendant la période d'observation, nous paierons vos prestations au comptant", promet la famille dans son courrier. S'agissant de "l'avenir", le groupe assure pour l'exportation "une poursuite d'activité au moins équivalente au volume d'activité antérieure". Il évoque une "restructuration" du pôle frais (abattage et découpe de volailles fraîches) tout en souhaitant trouver avec les éleveurs concernés "une solution qui maintienne leur outil de production".

Sofiprotéol, cible des flèches de Doux, qui est présidé par le numéro un du syndicat agricole FNSEA Xavier Beulin, a expliqué qu'il coordonnerait un groupe de six entités dont l'une de ses filiales appelée Glon Sanders, ainsi que les groupes volaillers Duc, LDC, Tilly-Sabco, Terrena et Triskalia, ces deux dernières étant des coopératives agricoles. Il s'agit donc d'un projet de "consortium", même si, au-delà de cette alliance pour la reprise de Doux, plusieurs des volaillers ont déposé leur propre projet de reprise. Le ministère du Redressement productif a d'ores et déjà fait savoir que ces offres étaient insuffisantes et que les repreneurs devaient améliorer leurs propositions. "Aujourd'hui, le compte n'y est pas dans les offres qu'on a, de manière générale", a notamment déclaré une source dans l'entourage du ministre Arnaud Montebourg.

Pour sa part, Sofiprotéol avance ses arguments et insiste sur le fait que son offre est "une offre coordonnée et structurante des activités du groupe Doux, concernant la globalité des activités et des marchés de Doux et répondant ainsi aux souhaits des pouvoirs publics". Mais les salariés de Doux ne se font guère d'illusion. Comme le soulignait Christiane Le Gouesbe, déléguée centrale CFDT, syndicat majoritaire dans l'entreprise, dès l'annonce des offres de reprise : "On savait que les repreneurs laisseraient des gens au bord de la route".

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