Stephen Hester, le patron de la banque Royal Bank of Scotland (24 août 2010) © A.F.P. / D. BlairL'an dernier, Stephen Hester, le directeur général de la RBS (Royal Bank of Scotland) avait reçu 2 millions de livres (soit 2,4 millions d'euros) de gratifications. Ce qui représentait alors près du double de son salaire annuel. Traditionnellement, les bonus sont plutôt bien acceptés au Royaume-Uni - bien mieux qu'en France où leur existence même fait polémique. Mais dans un contexte de difficultés économiques accrues, à la fois pour le gouvernement et pour beaucoup de Britanniques, une telle somme aurait sûrement fait réagir. D'autant plus que la RBS, au plus fort de la crise, n'avait dû son salut qu'aux fonds publics - et donc aux contribuables britanniques : la banque est aujourd'hui nationalisée à hauteur de 83%.
Fillon appelle les banques à tailler dans les bonus
A la suite des décisions prises lors du sommet de Bruxelles, et destinées à lutter contre la crise de la dette, le Premier ministre a demandé mercredi aux banques de renforcer leurs fonds propres, quitte à réduire les bonus. Et sans pour autant diminuer le crédit.
Publié le 02/11/2011
Paradis fiscaux, bonus : les dossiers sur la table du G20
La crise, qui a pris une ampleur mondiale, sera bien évidemment au centre de toutes les préoccupations lors du sommet de Cannes. Mais la présidence française compte aussi faire avancer divers dossiers liés à la régulation financière.
Publié le 01/11/2011
Bonus bancaires : la France hors des clous ?
La France ne respecte pas la directive européenne qui encadre ces bonus, affirme un élu Vert, Pascal Canfin. Un mot, évoquant "l'équilibre" entre les parts fixes et variables de la rémunération des banquiers, aurait disparu lors de la transposition en droit français. Bercy conteste.
Publié le 08/05/2011
Les bonus bancaires 2010 en baisse de 20%
Les bonus versés par les banques françaises se sont élevés à près de 3 milliards d'euros en 2010, mais les nouvelles règles décidées après la crise financière mondiale ont permis de les réduire de 800 millions d'euros, selon un rapport officiel publié vendredi.
Publié le 14/01/2011
Bruxelles va limiter les bonus des traders
Les pays de l'UE et les députés européens sont parvenus à un accord pour encadrer à partir de l'année prochaine les bonus des traders et des dirigeants des banques en Europe, dont les excès ont suscité un tollé avec la crise financière.
Publié le 30/06/2010
Les Etats-Unis font un pas sur l'encadrement des bonus
Les autorités de régulation du système bancaire américain ont révélé lundi leur directive "finale" destinée à guider les banques dans leur politique de primes et de bonus.
Publié le 22/06/2010
Les bonus de la Société Générale révélés
Libération publie lundi la liste du montant des bonus d'une douzaine de salariés d'une salle de marché en 2007 et 2008, révélant des sommes pouvant aller jusqu'à 10 millions d'euros.
Publié le 21/09/2009
Bruxelles veut encadrer les bonus des traders
La Commission européenne est favorable à des sanctions contre les banques et opérateurs financiers en Europe qui ne respecteraient pas les règles du jeu.
Publié le 04/03/2009
Bonus des traders : comment ça marche ?
Les bonus sont des primes salariales, versées essentiellement en "cash" même si la part en actions a tendance à s'accroître ces dernières années.
Publié le 06/08/2009
La SocGen verse aussi des bonus, le PS monte au créneau
Après la BNP, la Société Générale versera 250 millions d'euros de bonus à ses opérateurs de marché en 2010 au titre de 2009. Le parti socialiste dénonce ces pratiques.
Publié le 18/02/2010
Bonus : Lefebvre réplique à la "taxounette" de Fabius
Après l'ironie de Laurent Fabius sur le faible montant de la taxe sur les bonus, le porte-parole de l'UMP refuse de recevoir des leçons de celui qui fut le ministre de l'Economie du gouvernement Jospin.
Publié le 16/01/2010
2500 bonus visés par la taxe, les traders ne s'inquiètent pas
Les traders et opérateurs de marché concernés par la taxe exceptionnelle de 50% annoncée par le gouvernement devraient recevoir 317.500 euros de bonus en moyenne.
Publié le 14/01/2010
Taxe sur les bonus : une note à 360 millions pour les banques
La taxe sur les bonus distribués par les banques devrait rapporter 360 millions d'euros à l'Etat cette année, affirme dans un entretien au Figaro Christine Lagarde.
Publié le 11/01/2010
Voilà comment les bonus seront taxés
Les bonus bancaires distribués en 2010 seront taxés à 50% au-dessus de 27.500 euros, annonce la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.
Publié le 16/12/2009
L'opposition travailliste avait donc mis au défi le Premier ministre conservateur David Cameron de limiter les primes au sein de la banque écossaise. Message entendu : Stephen Hester bénéficiera cette année d'un bonus réduit de moitié, représentant 3,6 millions d'actions équivalant à 963.000 livres (soit 1,15 million d'euros). Pourtant, même divisé par deux, un bonus de plus d'un million d'euros, cela représente une belle somme. Et les travaillistes sont aussitôt repartis à l'attaque. Le président de RBS, Philip Hampton, a certes défendu ce bonus qui reflète selon lui le fait que "la banque a bien progressé" sous le mandat de Stephen Hester, qui n'avait joué aucun rôle dans sa faillite et a su la stabiliser. Mais c'est encore trop pour l'opposition travailliste, qui juge de tels revenus "complètement déconnectés par rapport aux millions de personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts". Son leader Ed Miliband en a profité pour s'attaquer directement au Premier ministre conservateur David Cameron, qu'il a accusé d'être impuissant à limiter les très hauts salaires en dépit de ses promesses.
"Il y a un vrai problème"
Les critiques les plus cruelles sont en fait venues de l'intérieur même du gouvernement : Jeremy Browne, un secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères libéral-démocrate, a pressé Stephen Hester de renoncer à son bonus, soulignant qu'il gagne plus en trois jours qu'un soldat risquant sa vie en Afghanistan en un an. "Il doit agir comme un fonctionnaire et non comme quelqu'un qui veut s'en mettre plein les poches", a-t-il déclaré. Le maire conservateur de Londres Boris Johnson a également jugé l'affaire "ahurissante", disant ne pas comprendre pourquoi l'Etat n'est pas capable de contrôler une entreprise dans laquelle il est majoritaire.
Le président de l'Autorité des services financiers (FSA), Lord Adair Turner, a pour sa part dit "complètement comprendre les inquiétudes sur les très hauts bonus" alors que les inégalités se creusent dans le pays. "Il y a un vrai problème concernant la légitimité du capitalisme si l'écart des récompenses devient trop grand", a-t-il ajouté. Ses propos faisaient écho à ceux du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King, pour qui "les récompenses sont attribuées de façon disproportionnée à une petite élite". Ce dernier milite par ailleurs pour que les banques britanniques renforcent leur bilan pour faire face aux turbulences économiques actuelles plutôt que de distribuer des bonus à leurs employés et des dividendes à leurs actionnaires.
Pour faire baisser quelque peu la pression autour de RBS, Philip Hampton a fait savoir qu'il renonçait de son côté à une gratification de 1,4 million de livres (1,7 million d'euros) en actions qui lui avait été accordée quand il avait rejoint cet établissement. Cette gratification devait lui être versée en février. Le dirigeant de l'autre grande banque britannique sauvée par l'Etat, Lloyds Banking Group, avait pour sa part déjà coupé court à toute polémique en renonçant de lui-même à son bonus cette année. Le gouvernement restera cependant impuissant face aux rémunérations exceptionnelles attribuées dans le reste du secteur financier privé, en particulier chez Barclays. Son patron, Bob Diamond, pourrait recevoir jusqu'à 10 millions de livres.
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