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Voitures diesel, perquisitions et soupçons de fraude : que reproche-t-on à Renault ?

Edité par
le 15 janvier 2016 à 12h14
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5min
Image d'illustration.
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Entreprises Le titre de la marque au losange a perdu 10% à la Bourse de Paris, jeudi, alors qu'étaient publiés de premiers résultats de tests montrant que ses véhicules dépassent les normes de pollution. Mais aucun logiciel truqueur n'a été retrouvé. En parallèle, trois de ses sites, dont celui s'occupant des moteurs, ont été perquisitionnés la semaine dernière.
Elle a chuté de 20% en une heure tout juste. L'action de Renault à la Bourse de Paris a été soumise à rude épreuve, jeudi, alors qu'étaient révélés les premiers résultats de l'enquête menée par une commission technique indépendante mise en place par le gouvernement français après le scandale Volkswagen.  Objectif : vérifier que les véhicules de huit constructeurs ne sont pas équipés du même logiciel truqueur. Aucun n'a été retrouvé chez la marque au losange.

"Renault n'est pas accusé de tricher, comme l'a fait Volkswagen, mais les premiers tests soulignent manifestement des proportions plus importantes chez Renault que chez les autres constructeurs -tous n'ont pas encore été testés- sur les émissions de CO² et celles de d'oxyde d'azote", a expliqué sur LCI Jean-Christophe Lefèvre, journaliste au Point.
 
Le député écologiste Denis Baupin, membre de la commission, a rapporté que les dépassements observés sont "au moins d'un facteur 3 à 5" par rapport aux normes, sans toutefois vouloir préciser où se situe Renault. Pour Yannick Jadot, député européen écologiste, "quand vous dépassez de trois à cinq fois les normes anti-pollution, il y a fraude". "Quand vous dites à un automobiliste qui vient chez vous : "achetez une voiture. Ma voiture (...) ne va pas dépasser 130g de CO² émis par km parcouru. En fait, elle en émet 180 g (...) et consomme 8L/100, j'appelle ça une escroquerie en bande organisée", a-t-il lancé sur LCI vendredi. "On ne peut pas dire qu'il n'y a pas tricherie", a pour sa part affirmé la patronne des Verts Emmanuelle Cosse sur iTELE.
 
VIDEO. Renault : Jadot évoque "une escroquerie en bande organisée"



VIDEO. Renault : Jadot réclame des "tests en conditions réelles et l'application des normes anti-pollution"

 
"Que des véhicules dépassent les valeurs d'homologation, ce n'est pas une surprise, c'est ce que nous dénonçons depuis des années", a fustigé Michel Dubromel, chargé des transports à France nature environnement, également membre de la commission. Pour lui, "cette commission, c'est une première étape, mais les travaux doivent aller au bout, c'est-à-dire déboucher sur des mesures réelles, nous n'en sommes pas là".

Les conclusions de la commission communiquées jeudi sont "encore provisoires". Depuis octobre, 22 voitures, de huit marques différentes (Renault, PSA, Volkswagen, Mercedes, Ford, Opel, Toyota et BMW) ont été passés au peigne fin par le laboratoire Utac-Ceram dans cette première phase. "Les investigations vont continuer pour atteindre un échantillon de 100 véhicules", a ajouté Ségolène Royal, la ministre de l'Envirronnement, en charge également des Transports, et Nissan, Volvo, Suzuki et Fiat, doivent rejoindre le panel.

Ordinateurs portables récupérés
 
Mais c'est une autre annonce qui a fait dégringoler l'action de Renault, qui a fini en baisse de 10% jeudi, faisant perdre plus de 4 milliards d'euros de capitalisation au 2e constructeur français : celle de perquisitions par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (la DGCCRF) jeudi dernier.

Ont été concernés le siège social à Boulogne-Billancourt, le technocentre de Guyancourt, dans les Yvelines et le centre d'ingénierie à Lardy, dans l'Essonne, où sont concentrées toutes les activités de mise au point et de contrôle des moteurs. L'information a été divulguée jeudi matin par les représentants CGT de ce dernier site. "On a appris par des salariés que des agents de la répression des fraudes étaient intervenus sur le site de Lardy jeudi dernier. Ils ont récupéré des ordinateurs portables ", a indiqué sur LCI Florian Grimaldi, délégué CGT Renault.
 
"Pas de corrélation" entre les perquisitions et les résultats des tests
 
Une annonce jugée "prématurée" par Force ouvrière. "Il y a eu des perquisitions par les services de l'État, la DGCCRF, on n'a pas les résultats, et de balancer, comme ça, ex abrupto, eh bien, on en voit les conséquences tout de suite : une fragilisation, même si ce n'est que l'action, mais quelles en seront les conséquences sur l'entreprise en tant que telle ? (...) On ne doit pas lancer comme ça en pâture des éléments qui ne sont pas encore complètement fondés", a dit Jean-Claude Mailly, interrogé vendredi sur Public Sénat et Sud Radio.
 
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, en déplacement à Berlin, a précisé que ses services ont procédé "à plusieurs contrôles et perquisitions depuis le mois de septembre dernier afin de vérifier la fiabilité et la qualité des informations transmises au consommateur" chez plusieurs constructeurs, dont Renault. Mais il n'y a "pas de corrélation" entre ces perquisitions et les résultats des tests sur les émissions de pollution, a précisé Jean-Christophe Lefèvre sur LCI. "Il y aurait des problèmes non pas de fraude mais de respect de certains protocoles qui permettraient d'envisager ensuite des corrections. Renault va devoir corriger un certain nombre de véhicules, quitte à en rappeler", a-t-il poursuivi. Dans Le Parisien vendredi, Ségolène Royal a invité le constructeur à "réagir dès maintenant pour mettre ses moteurs aux normes".
 
VIDEO. Que reproche-t-on à Renault ?
   
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