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Hollande présente sa feuille de route pour sauver l'euro à ses partenaires européens


le 14 juin 2012 à 17h07 , mis à jour le 14 juin 2012 à 17h26.
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3min
François Hollande et Angela Merkel, au sommet de l'Otan à Chicago, le 21/5/12

François Hollande et Angela Merkel, au sommet de l'Otan à Chicago, le 21/5/12 / Crédits : AFP

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EconomieUne union bancaire sous l'égide de la BCE, la création d'un fonds d'amortissement des dettes anciennes des pays de l'euro et le lancement des "project bonds" figurent en bonne place de ce pacte.

François Hollande doit présenter jeudi aux partenaires de la France son "pacte de croissance pour l'Europe". Y figurent en bonne place une union bancaire sous l'égide de la Banque centrale européenne (BCE), la création d'un fonds d'amortissement des dettes anciennes des pays de l'euro et le lancement des "project bonds" selon des informations du Monde.
 
Le président du Conseil italien Mario Monti, que le chef de l'Etat rencontre ce jeudi à Rome, devrait avoir la primeur de cette feuille de route.

Le plan français, préparé pour le Conseil européen de fin juin, s'articule autour du triptyque croissance, stabilité financière et renforcement de l'union financière. Pour le nouveau gouvernement français, la stabilisation de la monnaie unique passe par une centralisation accrue de la supervision des banques des pays membres car il faut "mettre des pare-feu entre les banques et les Etats", selon une source proche de l'Elysée.

Des réticences allemandes

Plusieurs propositions risquent de se heurter à des réticences allemandes. Paris souhaiterait en effet que la BCE soit aux commandes d'une union bancaire, alors que l'Allemagne et la Commission européenne plaident pour un renforcement des pouvoirs de la nouvelle Autorité bancaire européenne dont les compétences couvrent l'ensemble des pays de l'UE.
 
Pour l'Elysée, il reviendrait aussi à la BCE de piloter le fonds de garantie européen des dépôts financé par une taxe sur les banques, tout en disposant avec le futur Mécanisme européen de stabilité (MES) des outils pour recapitaliser les institutions financières en difficulté.
   
La France souhaiterait également que le MES, appelé à se substituer de manière permanente au Fonds européen de stabilité financière (FESF), dispose d'une licence bancaire pour avoir accès aux liquidités de la BCE, une idée à laquelle l'Allemagne s'est catégoriquement opposée jusqu'ici.

Un chapitre sur la croissance plus consensuel

Une autre "ligne rouge" de Berlin est la création d'euro-obligations communes aux pays de la zone euro, qui est envisagée à terme par le gouvernement français. A plus brève échéance, il défend l'idée d'un fonds d'amortissement des dettes anciennes qui serait géré en commun, un projet avancé par des conseillers économiques du gouvernement allemand. 

Alors que Berlin insiste sur la nécessité d'une plus grande intégration politique de la zone euro, le plan français évoquerait des progrès vers "des institutions politiques adaptées" sans rentrer dans le détail.

Le chapitre croissance est plus consensuel, avec les euro-obligations pour financer des infrastructures, une augmentation des moyens de la Banque européenne d'investissement, la mobilisation des fonds structurels européens non utilisés et une taxe sur les transactions financières. 

Une politique européenne de l'emploi ?

La France met aussi en avant des sujets qu'elle défend de longue date avec un succès mitigé, comme le développement de politiques européennes de l'emploi ou une "réflexion" sur l'orientation de la politique de concurrence, des politiques fiscales ou commerciales pour promouvoir la production. 

Pour ne pas froisser les Allemands outre-mesure, le projet de François Hollande mettrait aussi l'accent sur la compétitivité du modèle social européen, "une façon de parler de réformes structurelles sans utiliser l'expression", déclare un "connaisseur" anonyme. 
 

Commenter cet article

  • mcg35 : @niecette90 - Pour un "changement", c'est un "changement" ... Dans la mauvaise direction, hélas ...

    Le 15/06/2012 à 00h11
  • niecette90 : Finie la belle entente créée par Miterrand et Helmut Kohl et c'est la France de FH qui en portera la responsabilité !

    Le 14/06/2012 à 20h48
  • alainze : Reveur et utopiste ! pauvre france, le ridicule ne tue plus.

    Le 14/06/2012 à 19h48
  • coer63 : Encore une fois Hollande va développer l'écart entre le France et l'Allemagne.

    Le 14/06/2012 à 19h33
  • jacquot2000 : "Hollande" et "sauver l'euro à ses partenaires européens " dans la meme phrase? J'ai bien rigolé.

    Le 14/06/2012 à 18h24
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