Congrès des maires : un élu face à la crise

Par Véronique BUONOMANO , le 22 novembre 2011 à 17h16 , mis à jour le 24 novembre 2011 à 16h47

INTERVIEW - Alors que Nicolas Sarkozy doit s'adresser ce mercredi aux maires de France, TF1 News a demandé au maire d'une commune du Nord de la France de nous expliquer comment en temps de crise, il arbitre entre les dépenses et ce, malgré une dette de 15 millions.

Faches-Thumesnil dans le Nord. Faches-Thumesnil dans le Nord. © TF1News
Nicolas Lebas - maire de Faches-Thumesnil "Chaque jour pour boucler les finances c'est un combat quotidien, une occasion de se remettre en cause", Nicolas Lebas, Maire MoDem de Faches-Thumesnil, une commune du Nord de  17.000 habitants  ne manque pas de ressources, ni d'énergie pour faire fonctionner sa commune du Nord, pourtant endettée à 15 millions d'euros. Il a accepté pour TF1 News de revenir sur le budget de sa commune,   alors que le congrès des maires de France se tient jusqu'à jeudi à Paris et que ce mercredi  Nicolas Sarkozy tentera de les rassurer sur les dotations de l'Etat.

TF1 News  : à combien se monte votre enveloppe et comment se réparti votre budget ?   

Plus d'infos

Nicolas Lebas, maire de Faches-Thumesnil : le budget de notre ville est de l'ordre de 18 millions d'euros, dont 55 % représente une masse incompressible qui sont les frais de personnel. 30 % représentent les éléments dits  incompressibles qui sont le gaz, l'électricité, le chauffage des bâtiments publics.  Le reste ce sont les subventions aux associations, club sportifs,...  

TF1 News : comment est financé le budget de la ville, alors que le taux de chômage atteint 10 %  ?

Nicolas Lebas : 50 % des recettes de la ville sont issus de la fiscalité. Nous avons la chance de faire partie de la communauté urbaine de Lille qui restitue une partie des recettes de la taxe professionnelle aux communes membres.  Nous avons fait un choix stratégique de ne pas augmenter les impôts locaux, mais d'attirer de nouveaux habitants.  La commune étant équipée pour accueillir 20.000 habitants nous n'avons pas à investir dans des bâtiments publics (écoles par exemple). Nous avons misé sur la création de commerces sur les anciens sites industrielles de la ville. Cette politique de reconquête urbaine permet d'engranger des recettes fiscales mais aussi de ne pas voir la dotation de l'Etat baisser puisque notre population augmente.   

TF1 News : votre ville est endettée de 15 millions d'euros, comment faites-vous pour équilibrer votre budget ? 

Nicolas Lebas : depuis quelques années, nos frais incompressibles connaissent une quasi-stabilité. Pour faire face au coût de l'énergie, des travaux ont été engagés pour mieux la maîtriser. Nous avons optimisé les heures d'ouverture des bâtiments publics (la piscine par exemple). Renégocier tous les contrats de chauffage, de maintenance d'éclairage public afin de moduler la puissance électrique. La décision de l'Education nationale de ne plus ouvrir les écoles le samedi a, par exemple, entraîné une grosse économie : plus besoin de chauffer et réduction des agents d'entretien le samedi.  Curieusement, il y a deux ans, le budget a été beaucoup plus délicat et j'ai dû réduire les subventions. L'avantage d'être élu d'une commune à taille humaine est que l'on peut faire de la pédagogie et être sur le terrain pour expliquer notre vision. Cette relation avec les administrés a aussi permis d'expliquer la position de la mairie quand nous avons mis en place une taxe locale sur la publicité extérieure.

TF1News : à vous écouter, il paraît facile de gérer un budget d'une commune ? 

Nicolas Lebas : chaque jour pour boucler le budget des finances c'est un combat quotidien. Une occasion de se remettre en cause et de se recentrer sur les priorités. Le maire n'est pas un syndic de propriété mais il doit regarder les réalités du monde et de l'activité économique.   

Par Véronique BUONOMANO le 22 novembre 2011 à 17:16
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1 Commentaires

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  • grosabot, le 23/11/2011 à 17h14

    Bravo à se maire responsable,il en faudrait beaucoup d'autres comme lui,et pas mal de communes ne seraient pas endettés jusqu'au cou;c'est si facile quand c'est pas son pognon

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