© DR"Le chef d'orchestre que j'ai été vous dit adieu, le journaliste aussi, infiniment triste de ne plus pouvoir écrire ici". Serge July s'est adressé jeudi matin au personnel de Libération après avoir confirmé avoir donné sa démission. Celle-ci avait été exigée il y a quinze jours par l'actionnaire Edouard de Rothschild et annoncée lors du comité de rédaction quotidien, avant un conseil d'administration prévu en fin de matinée. Serge July a lu son texte dans un grand silence avant d'être applaudi très chaleureusement, selon des personnes présentes.
Le PDG sortant a commencé son discours en ces termes : "Je vais m'adresser à vous pour la dernière fois. Je vais présenter ma démission au conseil d'administration dans quelques minutes". "J'ai créé Libération en septembre 1972", a poursuivi Serge July, évoquant notamment la figure de Jean-Paul Sartre. "Je l'ai dirigé depuis cette date. Nous avons connu d'immenses succès, ensemble, nous avons raconté l'histoire d'un tiers de siècle", a-t-il poursuivi, toujours cité par des témoins. Il a ensuite remercié les "mille et quelque collaborateurs".
Organiser la transition
Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction, a indiqué pour sa part que durant la "période transitoire définie par l'actionnaire financier et l'actionnaire salarié", il avait décidé "en accord" avec Serge July "d'accompagner cette période de transition pour défendre les intérêts de la rédaction et du journal".
Un vote du personnel de Libération a approuvé mercredi soir le principe d'une cogérance à titre intérimaire entre la SCPL (Société civile des personnels de Libération, deuxième actionnaire du journal à 18,4%,) et l'actionnaire Rothschild. Un conseil d'administration doit avaliser cette démission. Lors de ce conseil d'administration, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire. Philippe Clerget, ancien directeur de L'Usine nouvelle, doit devenir cogérant et directeur général.
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