Libération : "le chef d'orchestre vous dit adieu"

le 29 juin 2006 à 12h07 , mis à jour le 20 septembre 2006 à 08h19

Serge July s'est adressé jeudi matin pour la dernière fois au personnel du quotidien qu'il a fondé en 1972. Il devait remettre sa démission, demandée par l'actionnaire principal, au conseil d'administration en fin de matinée.

Serge July Libération portrait presse © DR

"Le chef d'orchestre que j'ai été vous dit adieu, le journaliste aussi, infiniment triste de ne plus pouvoir écrire ici". Serge July s'est adressé jeudi matin au personnel de Libération après avoir confirmé avoir donné sa démission. Celle-ci avait été exigée il y a quinze jours par l'actionnaire Edouard de Rothschild et annoncée lors du comité de rédaction quotidien, avant un conseil d'administration prévu en fin de matinée. Serge July a lu son texte dans un grand silence avant d'être applaudi très chaleureusement, selon des personnes présentes.

Le PDG sortant a commencé son discours en ces termes : "Je vais m'adresser à vous pour la dernière fois. Je vais présenter ma démission au conseil d'administration dans quelques minutes". "J'ai créé Libération en septembre 1972", a poursuivi Serge July, évoquant notamment la figure de Jean-Paul Sartre. "Je l'ai dirigé depuis cette date. Nous avons connu d'immenses succès, ensemble, nous avons raconté l'histoire d'un tiers de siècle", a-t-il poursuivi, toujours cité par des témoins. Il a ensuite remercié les "mille et quelque collaborateurs".

Organiser la transition

Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction, a indiqué pour sa part que durant la "période transitoire définie par l'actionnaire financier et l'actionnaire salarié", il avait décidé "en accord" avec Serge July "d'accompagner cette période de transition pour défendre les intérêts de la rédaction et du journal".

Un vote du personnel de Libération a approuvé mercredi soir le principe d'une cogérance à titre intérimaire entre la SCPL (Société civile des personnels de Libération, deuxième actionnaire du journal à 18,4%,) et l'actionnaire Rothschild. Un conseil d'administration doit avaliser cette démission. Lors de ce conseil d'administration, le journaliste Vittorio de Filippis, actuel gérant de la SCPL, doit devenir PDG à titre transitoire. Philippe Clerget, ancien directeur de L'Usine nouvelle, doit devenir cogérant et directeur général. 

le 29 juin 2006 à 12:07
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12 Commentaires

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  • Bidou, le 29/06/2006 à 16h56

    Monsieur "July la Morale" a reproché aux citoyens tellement de turpitudes depuis 30 ans que ceux-ci sont enfin heureux d'avoir la paix ! Il va désormais avoir le temps de réfléchir et d'écrire un livre que ses centaines de millions d'amis de l'extrême gauche vont lire avec délectaztion. Prévoir un gros tirage !

  • Paul, le 29/06/2006 à 16h16

    Un manipulateur confirmé, manipulé ! je trouve cela trés bien...

  • Laurent, le 29/06/2006 à 16h08

    Quand les actionnaires prennent le contrôle, ça devient du n'importe quoi...

  • Nicedeville, le 29/06/2006 à 15h52

    Un trou de 25 millions d'euros..... Il est normal que le principal actionaire lui demende de plier bagages..

  • Verite, le 29/06/2006 à 15h21

    J'espere que Serge nous fera part de ses indemnites de depart, des arrangements pour sa retraite ainsi que son stock option...nous verrons bien s'il est si gaucho qu'il le pretend.

  • Flo, le 29/06/2006 à 14h26

    La presse francaise va mal. La presse payante, d'opinion. France soir n'existe pour ainsi dire plus, l'Huma periclite, et Libe perds son "boss". Que retse t il? Le Figaro qui ne va guere mieux et qui n'est pas le plus moderne des quotidiens, et le Parisien. Ce dernier, recentre sur les faits divers n'est pas un quotidien national. Alors? Alors le probleme vient des journaux, pas des lecteurs. Vampirises par la presse gratuite sans opinion et aseptises par la peur de la revendication. Je suis lecteur de presse, de toute la presse, PQN,PQR, hebdo, mensuel, j'aime tout.Mais ce que je lis me desole. Pipolisation, vedetariat, articles truffes de fautes et/ou de contre sens/verites. Bientot ne restera que Le Monde, que j'aime beaucoup mais qui me parait parfois "elitiste".En prime, et ca me desole encore plus, les patrons de presse cedent aux pressions politiques (voir "Match"). messieurs de la presse papier, soyez plus intelligents que la tele, ne copiez pas vos voisins, ayez des idees.

  • Denis, le 29/06/2006 à 13h33

    C'est pas une grande perte pour Libération ! du sang neuf fera le plus grand bien à ce formidable journal.

  • Yves, le 29/06/2006 à 13h10

    Quand on se marie avec le Diable, ça brûle. Et quand on laisse un journal "indépendant" entre les mains d'actionnaires spéculant sur du court terme, voilà le résultat. Au dela du départ de Serge July, qui fut aussi celui qui crachat à la figure de 50% de son lectorat au lendemain du référendum sur la TCE (ce qui entraina une chute des ventes ...), c'est l'avis de décès de Libération qu'il faudra bientôt publier. Et ça, c'est lamentable.

  • Olivier, le 29/06/2006 à 13h07

    Il donc fini de négocier ses indemnités de départ? Libé aura-t-il le cran de le fustiger autant que les grand patrons partant avec leur parachute doré? M'est avis que non!!! Olivier

  • Bazin, le 29/06/2006 à 12h56

    Enfin M Père la morale s'en va je lui est jamais pardonné son manque de courage vis à vis de Bush et son style carpette devant Mittérant et au premier septennat de Chirac et son manque de démocratie entre les 2 tours en 2002 .il était devenu un BOBO qui avait peur du lendemain

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