Edwy Plenel, à l'issue d'une réunion avec le personnel de Libération © DRÊtre à gauche et le dire. La "méthode" qu'Edwy Plenel a présenté vendredi après-midi aux salariés de Libération pour remettre le quotidien à flot a des accents jospiniens. L'ancien directeur de la rédaction du Monde avait été invité par la Société civile des personnels de Libération (actionnaire à 18,4%) à présenter son projet aux salariés réunis en assemblée générale.
Selon plusieurs sources, le journaliste "un peu nerveux au début" a conquis une large majorité des 120 salariés (sur un effectif total de 280 personnes), venus assister à l'assemblée générale. "Les gens l'ont unanimement trouvé brillant. Il avait visiblement beaucoup bossé son dossier, ce qui a été très apprécié", a témoigné un journaliste. "Brillant et habile puisqu'il a formulé une bonne partie de ce qu'on voulait entendre", a tempéré un autre journaliste. Selon des témoins, Edwy Plenel a indiqué vouloir proposer à Libération, non pas un "plan de relance", mais une "méthode". Un comité ad hoc (réunissant représentants des actionnaires, des salariés et les cogérants), est chargé d'examiner les différents plans de relance du quotidien avant un conseil d'administration décisif, prévu le 18 octobre.
Internet gratuit : "aberrant"
S'opposant au modèle du "quotidien-magazine", Edwy Plenel a estimé qu'un quotidien tel que Libération devait être centré sur l'actualité. Citant comme référence Le Parisien et la presse anglo-saxonne, il a proposé de créer un quotidien "très resserré, mobile", cultivant sa différence et imposant son propre calendrier. "Libération doit assumer son identité de quotidien de gauche. Sans être un journal d'opinion, on peut être un quotidien de combat contre Nicolas Sarkozy", a-t-il dit. Les grands reportages pourraient être regroupés dans un magazine vendu à part, a-t-il estimé. Il a également proposé de renforcer le site internet de Libération, jugeant aberrant qu'il soit actuellement entièrement gratuit.
Edwy Plenel s'oppose ainsi au projet présenté quelque jours plus tôt par Antoine de Gaudemar, l'actuel directeur de la rédaction, qui propose de réduire la pagination pour ne traiter que quatre à cinq sujets principaux chaque jour. L'ancien journaliste du Monde n'a toutefois pas les faveurs du principal actionnaire de Libé, l'homme d'affaires Edouard de Rothschild. Celui-ci aurait préféré une alternative portée par Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur et lui-même ancien de Libé. Mais, selon une source interne, le journaliste aurait renoncé à son projet.
Plus d'informations sur ce sujet
dans la Chronique de l'Economie
du 18 octobre présentée par Vincent Perrault.
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