Joffrin quitte l'Obs pour Libé, nouveau CA le 20 novembre

le 13 novembre 2006 à 12h21 , mis à jour le 13 novembre 2006 à 21h45

Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, a annoncé lundi qu'il le quittait, avec l'intention de prendre la direction de Libé.

TF1/LCILaurent Joffrin © TF1/LCI

C'est la décision "la plus difficile de (sa) vie professionnelle". Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, a annoncé lundi dans un courriel interne qu'il quittait le magazine dans l'intention de prendre la direction de Libération. "Les difficultés financières et la crise interne de Libération m'ont conduit à prendre cette décision (...)", explique le journaliste.

La disparition de Libération "ferait taire une voix importante dans la société française et excluerait de facto la gauche de la presse du matin", poursuit-il. "C'est cet enjeu politique et social qui motive cette candidature à la direction d'un journal que je connais et au sein duquel j'ai appris mon métier de journaliste", explique-t-il. Laurent Joffrin a été directeur de la rédaction de Libération de 1996 à 1999.

"Pas l'intention de quitter" l'Obs

Selon le site internet du Nouvel Obs, Laurent Joffrin prendrait la "responsabilité" du journal, en remplacement de Serge July, fondateur et Pdg du quotidien, qui avait quitté le quotidien en juin à la demande de l'actionnaire de référence Edouard de Rothschild (38,8%). Le nom de Laurent Joffrin, présenté comme "la solution Rothschild", circulait déjà il y a quelques semaines. Le journaliste avait alors affirmé qu'il n'avait "pas l'intention de quitter" Le Nouvel Observateur.

"Nous avons pris acte de cette décision qui nous surprend car Laurent Joffrin avait pris une position inverse. Nous attendons la désignation de son successeur dans le respect de notre charte, c'est-à-dire avec la possibilité d'exercice d'un droit de veto de la rédaction", a déclaré la société des rédacteurs du Nouvel Observateur.

Dans son courriel, Laurent Joffrin ne précise pas si sa décision de quitter le Nouvel Observateur est liée à une demande de l'homme d'affaires, mais ce dernier avait fait savoir au cours des derniers jours qu'il était en discussion avec des personnalités renommées.

"Sorte de caution"

Edouard de Rothschild "se félicite du fait que Laurent Joffrin se soit porté candidat" à la direction du quotidien en difficultés, a indiqué lundi son entourage. "C'est un signe encourageant pour Libération", ajoute-t-on. Le SNJ-CGT a estimé de son côté lundi que l'arrivée possible de Laurent Joffrin "n'était qu'une sorte de caution pour faire accepter le plan de 100 licenciements par le personnel".

Les actionnaires de Libération, qui traverse une grave crise financière, se sont réunis lundi dans l'après-midi au siège du quotidien pour un conseil d'administration au cours duquel ils doivent débattre d'un plan de redressement prévoyant plus de 100 suppressions d'emploi sur 280. Un nouveau CA "décisionnel" se tiendra le 20 novembre, a indiqué le PDG du quotidien Vittorio de Filippis à la sortie de la séance.

Trois conditions

Dans l'intervalle, l'équipe de Libération va rencontrer Laurent Joffrin et devra se prononcer sur le projet présenté par Edouard de Rothschild couplé au projet rédactionnel de l'ancien directeur de la rédaction de l'Obs.

Lors du CA, Edouard de Rothschild s'est engagé à réinjecter de l'argent à hauteur de sa quote-part - 5 millions d'euros - dans Libération et à trouver des investisseurs qui apporteraient 10 millions d'euros supplémentaires, selon Vittorio de Filippis. Il a posé trois conditions: que l'équipe accepte le porteur du projet (Laurent Joffrin), une réforme des statuts ôtant à la SCPL son droit de veto sur les grandes décisison touchant le quotidien, et un plan social "qui reste à discuter".

D'après agence

le 13 novembre 2006 à 12:21
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5 Commentaires

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  • Vastre, le 14/11/2006 à 17h20

    Je ne connais pas grand chose au fonctionnement des kohlkoses médiatiques mais j'entends dire que les commaissaires du peuple se prononceront jeudi sur l'éventuelle arrivée de Monsieur Joffrin à la tête de Libé. Je ne compatis même pas au sort de Monsieur Rothschild, qui aura les moyens de trouver un canot de sauvetage, mais je me réjouis de n'avoir aucune bille dans le radeau de la méduse. On attend d'apprendre le naufrage ! Veuillez, SVP, remettre un équipement de survie aux matelots. Merci.

  • Vastre, le 14/11/2006 à 03h10

    A quoi sert de prolonger l'agonie de Libé ? Changer d'entraineur n'est pas un gage de succès. Seuls les lecteurs peuvent être efficaces mais ils s'en fichent.

  • Vastre, le 13/11/2006 à 17h13

    Monsieur July a porté tellement tort à Libération ! Les lecteurs sont allés voir ailleurs et ils auront des scrupules pour revenir. L'opinion formatée envers et contre toute évolution de ce monde ne fait plus beaucoup recette. Le talent de Monsieur Joffrin et le fric de Monsieur Rotschild éviteront peut-être une catastrophe médiatique. Mais il faut à présent admettre comme principe de base que tout le monde se fiche de Libé.

  • Maugein, le 13/11/2006 à 16h08

    Je suis abonnée du nouvel OBS et cependant je ne souscris pas à toutes ses idées politiques, je regrette le départ de Joffrin que j'apprécie par sa justesse de vue .Mais si cela doit sauver Libé et donner à ce journal une orientation moins "INTELLO BOBO" avec une pointe de mépris pour tous ceux qui ne sont pas gauchisants; alors sauvons LIBE... je suis pour sauver un quotidien même si je ne suis pas de son bord!

  • DUPONT, le 13/11/2006 à 13h09

    Le paradoxe, c'est que l'on nous serine tous les jours que la gauche est en tête des sondages, et les français ne lisent plus libération. Cherchez l'erreur !

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