Laurent Joffrin © TF1/LCIC'est la décision "la plus difficile de (sa) vie professionnelle". Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, a annoncé lundi dans un courriel interne qu'il quittait le magazine dans l'intention de prendre la direction de Libération. "Les difficultés financières et la crise interne de Libération m'ont conduit à prendre cette décision (...)", explique le journaliste.
La disparition de Libération "ferait taire une voix importante dans la société française et excluerait de facto la gauche de la presse du matin", poursuit-il. "C'est cet enjeu politique et social qui motive cette candidature à la direction d'un journal que je connais et au sein duquel j'ai appris mon métier de journaliste", explique-t-il. Laurent Joffrin a été directeur de la rédaction de Libération de 1996 à 1999.
"Pas l'intention de quitter" l'Obs
Selon le site internet du Nouvel Obs, Laurent Joffrin prendrait la "responsabilité" du journal, en remplacement de Serge July, fondateur et Pdg du quotidien, qui avait quitté le quotidien en juin à la demande de l'actionnaire de référence Edouard de Rothschild (38,8%). Le nom de Laurent Joffrin, présenté comme "la solution Rothschild", circulait déjà il y a quelques semaines. Le journaliste avait alors affirmé qu'il n'avait "pas l'intention de quitter" Le Nouvel Observateur.
"Nous avons pris acte de cette décision qui nous surprend car Laurent Joffrin avait pris une position inverse. Nous attendons la désignation de son successeur dans le respect de notre charte, c'est-à-dire avec la possibilité d'exercice d'un droit de veto de la rédaction", a déclaré la société des rédacteurs du Nouvel Observateur.
Dans son courriel, Laurent Joffrin ne précise pas si sa décision de quitter le Nouvel Observateur est liée à une demande de l'homme d'affaires, mais ce dernier avait fait savoir au cours des derniers jours qu'il était en discussion avec des personnalités renommées.
"Sorte de caution"
Edouard de Rothschild "se félicite du fait que Laurent Joffrin se soit porté candidat" à la direction du quotidien en difficultés, a indiqué lundi son entourage. "C'est un signe encourageant pour Libération", ajoute-t-on. Le SNJ-CGT a estimé de son côté lundi que l'arrivée possible de Laurent Joffrin "n'était qu'une sorte de caution pour faire accepter le plan de 100 licenciements par le personnel".
Les actionnaires de Libération, qui traverse une grave crise financière, se sont réunis lundi dans l'après-midi au siège du quotidien pour un conseil d'administration au cours duquel ils doivent débattre d'un plan de redressement prévoyant plus de 100 suppressions d'emploi sur 280. Un nouveau CA "décisionnel" se tiendra le 20 novembre, a indiqué le PDG du quotidien Vittorio de Filippis à la sortie de la séance.
Trois conditions
Dans l'intervalle, l'équipe de Libération va rencontrer Laurent Joffrin et devra se prononcer sur le projet présenté par Edouard de Rothschild couplé au projet rédactionnel de l'ancien directeur de la rédaction de l'Obs.
Lors du CA, Edouard de Rothschild s'est engagé à réinjecter de l'argent à hauteur de sa quote-part - 5 millions d'euros - dans Libération et à trouver des investisseurs qui apporteraient 10 millions d'euros supplémentaires, selon Vittorio de Filippis. Il a posé trois conditions: que l'équipe accepte le porteur du projet (Laurent Joffrin), une réforme des statuts ôtant à la SCPL son droit de veto sur les grandes décisison touchant le quotidien, et un plan social "qui reste à discuter".
D'après agence
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