Google, nouvel ogre du web

Par , le 25 avril 2007 à 18h18 , mis à jour le 26 avril 2007 à 11h57

Le nouveau numéro 1 des sites Internet n'a plus peur de personne et le prouve par sa boulimie d'acquisitions. Une stratégie qui inquiète concurrents et consommateurs.

TF1/LCI Google (26 février 2007)Google (26 février 2007) © TF1-LCI

"Le géant de la recherche sur Internet Google Inc a annoncé aujourd'hui avoir fait l'acquisition d'Internet pour la somme de 2.455 milliards de dollars payés comptant. Cet accord intervient après de nombreuses rumeurs depuis le début de l'année et a été confirmé par le PDG de l'entreprise". Vous vous en doutez : ce communiqué est un faux. Il est d'ailleurs daté de 2017 et a été imaginé par un blogueur qui pousse le vice jusqu'à imaginer une déclaration d'un futur patron de Google : "Avec cette acquisition, nous pourrons augmenter notre vitesse d'indexation car tous les contenus seront sur nos serveurs".

Ça n'est qu'une plaisanterie, mais elle sans doute révélatrice des craintes croissantes que Google inspire à ses concurrents et, depuis peu, à des associations de consommateurs. La fantastique ascension du moteur de recherche s'est en effet muée en une boulimie d'acquisition presque frénétique financée par des échanges d'actions et un impressionnant trésor de guerre: l'ambition de Google commence à faire peur.

Inquiétude des consommateurs 

Après l'achat de YouTube, pour 1,65 milliard de dollars, sa plus grosse acquisition en 8 ans, Google a récidivé la semaine dernière avec celui de la régie publicitaire DoubleClick soufflée pour 3,1 milliards de dollars au nez et à la barbe de Yahoo et Microsoft. Ce rachat de la société de publicité en ligne vient de déclencher la colère de trois associations de défense des consommateurs américaines qui ont demandé aux autorités américaines de le bloquer. Il menace, selon elles, la protection des données privées de plus d'un milliard d'internautes.

Les plaignants redoutent que Google ne finisse par se constituer une gigantesque base de données marketing sur les habitudes de surf des internautes. DoubleClick suit en effet plus de 80% des internautes par des cookies qui pistent les pages qu'ils regardent, afin de leur adresser des publicités ciblées en fonction de leurs intérêts, expliquent les associations. De son côté Google, moteur de recherche le plus utilisé dans le monde, conserve de nombreuses données sur les internautes liées à leur adresse IP (adresse unique par ordinateur), sans les en avertir clairement, accusent-elles.

Haro sur Yahoo et Microsoft

Cette plainte a du ravir les concurrents de Google, comme Yahoo et Microsoft, qui dénoncent de leur côté un risque de monopole du géant Internet sur la publicité en ligne. Google, autrefois lilliputien comparé aux deux géants que sont Yahoo et Microsoft, n'a plus peur de leur montrer ses muscles et de les attaquer sur leur terrain. En achetant YouTube, Google a pris un avantage sur Yahoo, ancienne diva de l'Internet, dans la course au Web 2.0.

Google attaque aussi Microsoft, sur l'un de ses produits les plus sacrés et rémunérateurs : sa suite bureautique Office. Après avoir proposé des clones des logiciels "vache a lait" de Microsoft comme Word et Excel, Google persiste en annonçant cette fois un logiciel de présentation de type PowerPoint.

Le poids des classements

C'est tout un symbole : Google vient d'ailleurs de détrôner Microsoft au classement des marques les plus puissantes. Réalisé par une société d'études, Millward Brown, ce classement calcule le potentiel de création de valeur d'une marque en intégrant aussi bien les statistiques financière que l'appréciation de ses clients. Tous secteurs d'activités confondus, Google a pris la tête du classement où Microsoft ne s'affiche que troisième.

Pire pour la firme de Windows : Google la supplante aussi pour la première fois comme premier site mondial, grâce à l'achat de YouTube. Le mois dernier, Google et ses autres sites ont attiré plus d'un demi milliard de visiteurs. En un an, sa croissance est même trois fois supérieure à celle de Microsoft, douze fois supérieure à celle de Yahoo, qui ferme le trio de tête. Combien de temps ses deux adversaires le laisseront-ils faire sans réagir?

Par Olivier Levard le 25 avril 2007 à 18:18
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6 Commentaires

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  • Lyononline, le 20/05/2007 à 07h48

    Article tres interessant. En complement, voici la liste complete des societes rachetees par Google depuis le debut (Soit 34 entreprises): http://www.google-stories.com/2007/05/19/les-acquisitions-de-google/

  • Michael, le 27/04/2007 à 01h52

    Avant de crier au loup sur Google qui menacerait la protection des données privées , criez d'abord au loup sur Microsoft et son méga monopole des systèmes d'exploitation , ils sont 10 fois pire que Google

  • MB, le 26/04/2007 à 14h44

    Pour bloquer les cookies et autres scripts suspects, installez firefox 2 et l'extension noscript: c'est radical!

  • Herve Didier, le 26/04/2007 à 14h33

    Intéressant de voir à quel point l'image de Google évolue dans les milieux du web américain. Il n'en est pas encore de même pour les utilisateurs, qui continuent de lui faire gagner des parts de marché...

  • Babeth, le 26/04/2007 à 14h21

    Je dis NON à google! Non à la création d'un monopole online, Non à l'omniprésence de cette société sur le web, NON, non et NON ! En revanche je dis Oui à la Liberté! Excusez ce ton un peu directe est vif mais il est vrai que ces problèmes de monopole online hérissent de plus en plus les ménagères du 21eme siècle, qui sont comme moi, de fervantes adpetes du shopping online. Cordialement Babeth !!

  • Sebastien, le 26/04/2007 à 12h12

    Franchement, la suite bureautique en ligne que propose Google n'est ni plus ni moins une zone de saisie de texte HTML... Observez la similitude avec la rédaction d'un courrier sur gmail, vous comprendrez mon opinion... Par ailleurs, je ne trouve cela pas du tout pratique, peu performant, et cela présente des risques de sécurité quoi qu'on en dise étant donné que les données sont stockées ailleurs que chez soit, et présente le gros inconvénient pour les entreprises que si l'accès internet est temporairement indisponible, quid des salariés qui vont devoir se tourner les pouces tant que les informaticiens réparent la panne?

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