L'éditorial des Echos du 22 juin 2007 © Les EchosAbsent des kiosques lundi, Les Echos et La Tribune paraîtront mardi. Les deux quotidiens économiques français, Les Echos et La Tribune, étaient en effet absents lundi, y compris sur leur sites internet. les deux rédactions s'étaient mises en grève vendredi, la première refusant d'être rachetée par LVMH et la seconde craignant d'être revendue dans la précipitation par ce dernier. Il s'agit de grèves "concomitantes", mais non d'une grève "commune", a souligné Jean-Christophe Chanut, porte-parole de la coordination des représentants des salariés de La Tribune.
Les salariés des Echos, qui craignent pour leur indépendance éditoriale, s'opposent à un rachat de leur groupe par LVMH, alors que ce dernier a annoncé jeudi être entré en négociation exclusive avec leur propriétaire, le groupe britannique Pearson. Après avoir publié une double page pour expliquer la situation et les raisons de leur opposition dans l'édition de vendredi, ils ont cessé le travail pour la deuxième fois de la semaine et la quatrième de leur histoire presque centenaire.
"Ce n'est pas un délit de sale gueule"
Dans un éditorial, le directeur de la rédaction, Jacques Barraux, a estimé que l'offre de LVMH "se (heurtait), hélas, de front avec la stricte doctrine éditoriale du journal" et dénoncé une "attaque à la hussarde sur un fragile outil de démocratie économique". "Ce n'est pas un délit de sale gueule" envers Bernard Arnault, un proche de Nicolas Sarkozy, "c'est un problème de conflit d'intérêts et de pluralisme de la presse", a expliqué le président de la Société des Journalistes (SDJ), Vincent de Féligonde.
Une pétition de soutien, lancée jeudi, a déjà été signée par plus d'une centaine de personnalités, dont François Bayrou, François Hollande, Ségolène Royal, le président des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, le président de la Fnac, Denis Olivennes, le Pdg de PPR, François-Henri Pinault...
"Monopoly financiaro-médiatique"
Vendredi après-midi, les salariés de La Tribune ont à leur tour décidé de se mettre en grève, après la révélation sur le site internet des Echos que LVMH aurait mandaté la banque Lazard pour vendre La Tribune. L'acquisition du numéro un de la presse économique par le propriétaire du numéro deux pose en effet des problèmes de concurrence et court le risque d'être retoquée par les pouvoirs publics, si LVMH conserve les deux titres.
Les salariés de La Tribune, où un comité d'entreprise extraordinaire a été convoqué pour mardi par la direction, craignent d'être cédés à un investisseur dont l'unique "rôle serait de gérer l'extinction du concurrent des Echos". Selon une rumeur qui circulait en interne vendredi, l'ancien directeur général de DI Group (pôle médias de LVMH) Fabrice Larue serait prêt à faire une offre de rachat aux côtés du directeur de la rédaction, François-Xavier Pietri. Ce "monopoly financiaro-médiatique" augure d'un "avenir bien noir pour l'information", ont estimé les syndicats de journalistes SNJ, SNJ-CGT et USJ-CFDT dans un communiqué commun.
D'après agence
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