La Une de Bild sur Internet, le 5 juillet 2007 © DRSexe, scandale et faits divers. Ces trois ingrédients ont fait le succès du quotidien allemand Bild, qui rassemble chaque jour environ 12 millions de lecteurs. Une recette que le groupe Axel Springer souhaitait appliquer en France. Mais face aux difficultés auxquelles il se heurte, notamment relatives à la distribution du titre, le groupe jette l'éponge. Dans un communiqué, Andreas Wiele, responsable des publications du groupe, explique jeudi que le projet présente "plus de risques que de chances", ajoutant que "les conditions logistiques, de distribution et de fabrication en particulier ne nous satisfaisaient pas".
Il y a pourtant quelques semaines, le groupe avait pour objectif de vendre 500.000 exemplaires par jour de ce Bild à la française, un chiffre bien supérieur au tirage de tous les quotidiens nationaux d'information. Le prix de vente devait tourner autour de 50 centimes d'euros. Près de 300 personnes travaillaient même au lancement du titre dans le plus grand secret, sous les ordres du directeur de la rédaction Rémy Dessarts. Le groupe comptait se lancer au deuxième semestre 2007, mais avait annoncé que la décision finale ne serait prise qu'à l'été.
Pas assez de points de vente
Mais déjà le groupe s'inquiétait du faible nombre de points de vente de la presse en France comparativement à l'Allemagne. Ainsi, pour lancer son journal, Axel Springer demandait l'ouverture de 15.000 points de vente supplémentaires, alors que les NMPP n'en prévoyaient que 5000. Un point d'autant plus important pour le modèle économique du titre qu'il ne se vend qu'en kiosque. Le groupe Axel Springer préfère donc se tourner vers d'autres horizons, à savoir Internet. La semaine dernière, il a d'ailleurs annoncé avoir acquis une partie du capital d'Aufeminin.com, le premier portail européen consacré aux femmes.
Dans la foulée, le groupe a annoncé le départ de Robin Leproux et de Rémy Dessarts, numéro un et deux d'Axel Springer France. Selon La Tribune, ils "ne sont pas licenciés et ils ne démissionnent pas non plus, mais leur contrat s'arrête avec le non lancement" d'une version française de Bild.
Le Parisien poursuit son contre-projet |
Malgré l'abandon du projet d'un Bild français, le directeur général du Parisien/Aujourd'hui en France, Jean Hornain, a annoncé que son journal continuait à travailler sur un contre-projet, initialement baptisé "Kill Bild". Il a indiqué que le travail entamé en interne "se poursuivait". |
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