Les salariés des Echos bloquent la parution du journal

le 06 novembre 2007 à 07h24 , mis à jour le 06 novembre 2007 à 19h15

La rédaction proteste contre la vente du quotidien au géant du luxe LVMH pour 240 millions d'euros, craignant pour son indépendance.

Les journalistes empêchant la parution des Echos, le 5 novembre 2007Les journalistes empêchant la parution des Echos, le 5 novembre 2007 © LCI

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Les explications de la secrétaire de la société des journalistes
 

Inutile de chercher Les Echos dans vos kiosques ce matin. Les salariés du quotidien ont bloqué sa parution lundi soir, "extrêmement choqués" par l'annonce de la vente du titre au géant du luxe LVMH pour 240 millions d'euros par son actuel propriétaire, le groupe britannique Pearson. "Pearson a toujours dit qu'un journal était une communauté de journalistes. Manifestement, il l'a oublié", a déclaré le président de la Société des  journalistes, Vincent de Féligonde. Une assemblée générale doit avoir lieu dans la journée.

David Bell, le représentant de leur nouveau propriétaire, venu assister à un comité d'entreprise mardi au siège du quotidien, a été accueilli sous les huées. "Je comprends et Pearson comprend très bien vos points de vue et nous en  tenons compte depuis quatre mois", a-t-il dit lors d'une brève allocution en anglais. "Je sais que vous n'êtes pas d'accord et je le respecte, mais nous avons  négocié avec LVMH le meilleur accord en terme d'indépendance éditoriale de tous les journaux en Europe", a-t-il déclaré, régulièrement interrompu par des  salariés le huant ou criant "Mensonge !".

"Nous avons appris la vente par une dépêche AFP, puis Pearson nous a envoyé  un mail à 20H16 lundi, juste avant le bouclage. Certains d'entre nous ne l'ont appris que ce matin en écoutant la radion ou en regardant la télé. On ne  nous a toujours pas annoncé officiellement la vente. C'est du mépris !", s'est  insurgé un journaliste.

Droit de véto pour la rédaction
 
Particulièrement unis, les salariés des Echos sont vent debout depuis quatre  mois contre un repreneur dont ils craignent une mainmise éditoriale. Cette rédaction ordinairement discrète a multiplié pétitions de personnalités, conférences de presse, tribunes, pour expliquer son opposition à  la vente, allant jusqu'à faire grève à trois reprises. Mi-juillet, elle a massivement apporté son soutien à l'offre concurrente  déposée par le groupe financier Fimalac, sollicité par la direction de la  rédaction. Supérieure de 5 millions d'euros à celle de LVMH, cette offre n'a jamais été  examinée par Pearson, lié au géant du luxe par une clause d'exclusivité.
 
Le groupe Les Echos a affiché en 2006 un résultat d'exploitation en progression de 18,4% par rapport à 2005. Si elle n'a pas empêché la vente, la mobilisation des salariés des Echos a  conduit LVMH à assortir son offre d'importantes garanties sur l'indépendance éditoriale et sur le maintien des effectifs. Le groupe s'est notamment engagé à octroyer à la rédaction un droit de veto sur la nomination du directeur de la rédaction, et il a promis qu'aucune mesure  de licenciement économique n'interviendrait durant les trois prochaines années. Pearson et LVMH ont précisé lundi que l'opération devrait être finalisée  "d'ici à la fin de l'année". Le groupe de Bernard Arnault doit en effet obtenir le feu vert des autorités de la concurrence et céder La Tribune, le principal concurrent des Echos. Le nom du repreneur pressenti pour La Tribune sera dévoilé jeudi au comité d'entreprise du quotidien.

D'après agence

le 06 novembre 2007 à 07:24
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6 Commentaires

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  • Carisa, le 06/11/2007 à 17h16

    Quand leur journal sera en faillite;ils iront pleurer à l'anpe on voit bien qu'ils ne savent pas ce que c'est.

  • Paul, le 06/11/2007 à 12h01

    La france pourra survivre à la disparition d'un journal comme "les echos" beaucoup plus facilement qu'aux facécies du personnel de ce qui reste de la SNCF

  • Bernard, le 06/11/2007 à 11h41

    INCROYABLE ..........! que les gens des ECHOS soient en grève ......... leur boite ne ferme pas à ce que nous sachions bravo les syndicats la encore dans peu de temps ELLE FERMERA.

  • Carisa, le 06/11/2007 à 11h32

    Ils auraient prefere sans doute etre au chomage

  • Philippe LE PARMENTIER, le 06/11/2007 à 08h50

    C'est quand même impensable que les salariés contestent le choix du propriétaire !....ou allons -nous avec de telles pratiques ? Ils devraient être rassurés que leur journal soit racheté par un groupe aux finances solides , c'est quand même une sécurité pour leur avenir !....Quant à la liberté et à l'objectivité d'expression .....on pourrait dire beaucoup sur le sujet .

  • Michel, le 06/11/2007 à 08h30

    Si çà continue ainsi, vous serez tous aux assédic ! Quelle mentalité.

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