A la Tribune : plutôt la page blanche qu'Alain Weill

le 08 novembre 2007 à 16h44 , mis à jour le 08 novembre 2007 à 17h25

Après Les Echos, c'est au tour des salariés de La Tribune de voter la grève reconductible. Mis en vente par LVMH, la Tribune devrait être rachetée par Alain Weill, l'actuel propriétaire de BFM, BFM TV et RMC.

La Tribune presse médias © LCI.fr

Quand l'un reparaît en kiosque, l'autre risque d'en disparaître. Le monde d'habitude si feutré de la presse économique se révolte. Réunis jeudi en assemblée générale, les salariés de la Tribune ont voté une grève reconductible pour protester contre "le simulacre d'information de LVMH", entré la veille en négociation exclusive avec Alain Weill pour lui céder le titre. "Ce n'est pas une grève contre Alain Weill, mais contre le simulacre d'information de LVMH", a déclaré Sandrine Bajos. "Il s'agit d'une grève reconductible. Nous exigeons désormais de négocier avec Nicolas Bazire", directeur général de Groupe Arnault et administrateur de LVMH, a-t-elle ajouté.

LVMH a annoncé mercredi soir être entré en négociation exclusive avec News Participations pour lui céder La Tribune dont il veut se délester maintenant qu'il vient d'acquérir Les Echos. News Participations est le holding personnel d'Alain Weill, par ailleurs PDG de NextRadioTV (RMC, BFM, BFM TV).

Les salariés considèrent en outre que "la sélection par LVMH d'un repreneur ne reflète que les intérêts spécifiques de Bernard Arnault. Il laisse également penser, selon eux, que son choix s'est porté sur le projet qui fera le moins d'ombre aux Echos" et demandent à la ministre de l'Economie de "contrôler l'impartialité du processus de vente".

Pas d'argent liquide

"Les informations dont on dispose sont insuffisantes. On n'a aucune précision sur son projet éditorial. Ce qui nous a été transmis (par la banque Lazard, banque conseil de LVMH, ndlr) est succinct", a estimé Marie-Caroline Lopez, secrétaire du CE. "Il n'a pas de fonds propres, car son seul actif (dans News Participations) est sa participation dans NextRadioTV, ce qui n'est pas liquide, on ne sait pas combien il compte investir dans La Tribune et ses engagements sociaux sont insuffisants", a-t-elle ajouté.

"En dehors de son projet qu'on ne connaît pas, Alain Weill est un industriel qui a réussi de façon incontestable dans la radio, mais cette réussite s'est faite au prix de coupes dans les effectifs extrêmement sévères. Sur le plan social, nous sommes plutôt inquiets de cette candidature", a réagi de son côté Jean-Baptiste Jacquin, membre de la Société des journalistes de la Tribune.

 

le 08 novembre 2007 à 16:44
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3 Commentaires

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  • Guillaume, le 09/11/2007 à 15h10

    Cela fait depuis longtemps que je ne lit plus de journaux, ayant compris qu'ils sont aux petits soins des groupes financiers comme LAGARDERE, LVMH.... et autres individus qui détournent les deniers publics

  • J-Yves, le 08/11/2007 à 18h52

    En France, les salaries doivent etre proprietaires des entreprises... Imposer leur patron a faire ce qu'ils veulent.. Ce me rappelle l'epoque de Lenine. Bientot, on va ouvrir des goulags pour enfermer les mechants patrons.

  • Michel, le 08/11/2007 à 17h37

    Si les journalistes ne sont pas contents-car les résultats de la presse écrite en général sont assez railleurs-, je leur conseille vivement d'aller chercher du travail ailleurs... Et ce n' est pas facile pour retrouver un emploi. Enfants gâtés.

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