La télé sur mobile, déjà une réalité © OrangeChristine Albanel a tenté vendredi matin d'apaiser les craintes des professionnels de l'électronique grand public en précisant que la taxe envisagée sur les produits électroniques permettant de recevoir la télévision par Nicolas Sarkozy serait "infinitésimale" et "jamais plus de 1%". La ministre de la Culture et de la Communication estime que les compensations financières de la suppression de la publicité sur les chaînes de France Télévisions s'élèveront au total "certainement à un milliard d'euros", soit plus que les 800 millions d'euros que rapporte la publicité chaque année, compte tenu du fait qu'il "faudra faire des émissions pendant le temps de la publicité".
Pour compenser la perte des recettes publicitaires du groupe public, le gouvernement envisage notamment une taxe sur la téléphonie mobile et les fournisseurs d'accès à internet, ainsi qu'une taxation sur la vente des produits électroniques grand public, dit produits "bruns", permettant de recevoir la télévision. "Il y a des ressources : la téléphonie mobile seule et les abonnements internet, c'est autour de 20 milliards d'euros. Tous les équipements télés, ordinateurs, c'est 17 milliards d'euros", a résumé la ministre. De son côté, la Société civile des auteurs multimédia réclame un minimum d'un milliard d'euros pour compenser la suppression de la publicité sur l'audiovisuel public. "Toute réforme qui ne génèrerait pas plus d'un milliard d'euros sera considéré par la Scam comme une volonté de détruire le service public", déclare la Société dans un communiqué publié vendredi. Elle se félicite cependant de "la fin annoncée du financement commercial de la télévision publique".
Concernant les 320 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions, Christine Albanel a indiqué qu'il y aurait "zéro licenciement" même s'il "appartient aux dirigeants de France Télévisions de porter ce dossier". La ministre a par ailleurs jugé que les programmes diffusés actuellement sur France Télévisions allaient "dans le bon sens". "Mais on était quand même dans une logique où il fallait constamment aller chercher de l'audience, comme l'a montré à l'époque l'émission 'C'est mon choix' qui n'avait pas réellement sa place sur le service public". Il faut "rompre avec ce grand écart permanent. On est devant un challenge, le président porte un projet de société, voire de civilisation", a-t-elle commenté, assurant vouloir maintenir une "télévision pour tous".
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