La couverture du Courrier International du 21 février 2008 © DRRetoqué le titre traduit du grand quotidien espagnol El Pais "Vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade". Retoqué également le titre de remplacement proposé par le Courrier International : "malade de l'ego". Métrobus, régie publicitaire de la RATP, a refusé de mettre dans les couloirs du métro parisien une affiche de Courrier international, où le président Nicolas Sarkozy était traité de "grand malade", a indiqué vendredi le directeur du magazine, confirmant une information du site Rue89, évoquant des raisons "politiques".
La direction de Métrobus invoque un devoir de neutralité lié à sa mission de service public. "A la RATP, nous avons des règles spécifiques liées à notre mission de service public. En tant que tel nous devons respecter une stricte neutralité sous peine de poursuites, et nous sommes soumis à une certaine prudence", a expliqué le président de Métrobus. "Nous ne pouvions pas nous permettre de diffuser des propos polémiques comme ceux qui figuraient sur cette affiche, et c'est uniquement pour cela que nous avons été amenés à prendre cette décision", a-t-il ajouté.
"Bush, ce grand malade" aurait-il posé problème ?
L'affiche proposée reproduisait la une du numéro de l'hebdomadaire, spécialisé dans la traduction d'articles de la presse étrangère, publié jeudi sur laquelle on pouvait lire en bandeau le titre controversé. Selon le directeur du magazine, l'affiche n'avait pas été soumise à un contrôle préalable, car le magazine n'y voyait "pas malice". Face au 1er refus de Métrobus, il avait proposé notamment de remplacer "grand malade" par "malade de l'ego". Mais "il y a eu un blocage total, parce que, visiblement, tout le monde était prévenu à Métrobus. Métrobus estimait qu'en tant qu'afficheur, il risquait d'être accusé de diffamation", a expliqué le directeur de Courrier International.
"Mes nouvelles propositions, qui n'étaient absolument pas diffamatoires, ont été rejetées par Métrobus comme partisanes", a-t-il ajouté, estimant qu'"à ce moment-là, on était plus proche de la censure que du respect des usagers". "On est dans l'ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement", a encore souligné le directeur de Courrier International, pour qui il n'y aurait eu aucun problème si l'affiche avait porté les mots "Bush, ce grand malade".
La SDJ dénonce une censure
La société des journalistes (SDJ) de Courrier international a dénoncé vendredi un "acte de censure qui témoigne d'un climat préjudiciable à l'exercice de la liberté de la presse en France", soulignant qu'il s'agissait non pas du titre principal consacré à Barack Obama, mais d'un titre secondaire.
La SDJ "condamne également la manière dont la société Relay a présenté l'affiche dans ses points de vente, pliant sa partie supérieure pour cacher le titre 'Sarkozy, ce grand malade'". Relay appartient au groupe Lagardère, "qui souhaite augmenter sa participation au capital du groupe Le Monde, propriétaire de Courrier international", ajoute la SDJ. "Un tel acte augure mal de l'indépendance rédactionnelle des titres de notre groupe si le groupe Lagardère devenait majoritaire", commente la SDJ.
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