Grève d'ampleur dans l'audiovisuel public

le 13 février 2008 à 07h16 , mis à jour le 13 février 2008 à 20h58

Des centaines de salariés de l'audiovisuel public manifestaient cet après-midi à Paris pour exiger la "pérennité du service public", après l'annonce de la suppression de la publicité.

mire télévision © DR

Le mouvement social est sans précédent depuis 1974. Les programmes des télévisions et radios publiques étaient fortement perturbés mercredi par une grève d'ampleur dans le secteur, pour demander la "pérennité" du service public après l'annonce de la suppression de la publicité. La manifestation nationale à Paris a rassemblé "près de 4.000 salariés", selon les organisateurs, 2.000 de source policière. Dans le cortège ont défilé des salariés de France Télévisions, Radio France, TV5Monde et RFI, peu habitués à manifester, aux cris de "ni pub, ni soumises".

A France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5 et RFO), qui compte 11.000 salariés, la grève a été "massivement suivie", avec des pourcentages de grévistes inédits allant jusqu'à 60% à France 3 et 69% au service des sports de France 2, a indiqué la direction. Le directeur des sports de France Télévisions, Daniel Bilalian, a cessé le travail pour la première fois depuis 1974. Les émissions en direct, à savoir Télématin et le journal télévisé de 13h ont été annulées sur France 2, remplacés par d'autres programmes. Celui de 20h a été assuré, mais est revenu très longuement sur la grève, avec notamment des reportages et une interview de la ministre de la Culture Christine Albanel. "C'est de l'avenir de votre télévision dont il est question", a déclaré le présentateur David Pujadas. France 3 n'a pu assurer normalement ses éditions d'information (12-13 et 19-20). En revanche les Victoires de la musique classique, en direct de Toulouse à 20h50, devraient être maintenues.
 
A Radio France, environ 18% des quelque 3.000 salariés ont arrêté le travail le matin, et 24,85% l'après-midi. Il n'y a pas eu d'antenne de la journée sur France Inter. France Musique et France Culture ont pu assurer leurs éditions matinales mais rien par la suite, et Fip a prévu des perturbations entre 16h et 19h30.  France Info n'a diffusé que quelques journaux toutes les demi-heures, et le réseau local de France Bleu (41 stations) a aussi été affecté.
 
A TV5 Monde, le taux de grévistes était de 70%. Aucun journal, aucun flash n'ont été diffusés, en raison d'une grève lancée dans le cadre de la réforme de l'audiovisuel extérieur public. Radio France Internationale (RFI) était également perturbée.

"Lui permettre de se concentrer sur le sens de sa mission"
 
Mardi, l'intersyndicale avait été reçue à l'Elysée au cabinet du président de la République. Les représentants des pouvoirs publics ont assuré aux représentants des salariés que l'objectif de cette réforme était le "développement d'un service public de la télévision puissant, centré sur ses missions de service public, financé à la hauteur de cette importante exigence, en préservant l'intégralité de son périmètre". Pour Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement, qui s'exprimait lors du compte rendu du conseil des ministres, "il est hors de question de fragiliser le service public de l'audiovisuel. Le but au contraire c'est de renforcer et de lui permettre de se concentrer sur le sens de sa mission".
 
L'intersyndicale estime néanmoins que la plus grande incertitude demeure "sur le modèle économique et les ressources à trouver. La principale annonce est qu'il n'est pas dans les intentions du président de la République d'augmenter la redevance. Or, sans une augmentation progressive de la redevance, il n'y aura pas de financement pérenne", écrit la ministre.
 
Albanel : compensation "euro par euro"
 
La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a affirmé mercredi sur France 5 que le manque à gagner subi par France Télévisions dès 2008, du fait de l'annonce de la suppression de la publicité, ferait l'objet d'une dotation budgétaire. Les 11.000 salariés de France Télévisions se demandent en effet comment sera compensée la disparition de 800 millions d'euros de recettes publicitaires. La taxation des recettes supplémentaires des chaînes privées et des opérateurs des nouveaux moyens de communication, notamment l'internet, a été évoquée par la presse. Les syndicats craignent en outre un changement de périmètre de France Télévisions, c'est-à-dire la privatisation d'une ou plusieurs chaînes.
 
La ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a tenu à rassurer les salariés de l'audiovisuel public. "Il ne faut pas qu'ils soient inquiets, on a la volonté de faire ensemble des télévisions publiques de qualité", a-t-elle dit mercredi sur LCI. Le financement, après la disparition de la publicité, sera assuré, a-t-elle ajouté, "tout sera compensé euro par euro, la télévision publique ne sera pas appauvrie". 

(D'après agences)
 

le 13 février 2008 à 07:16
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