Audiovisuel public : "chaque euro perdu sera compensé", assure Sarkozy

Par A.C., le 19 février 2008 à 12h06 , mis à jour le 19 février 2008 à 15h22

La commission sur la nouvelle TV publique devra proposer d'ici fin mai un projet de financement et une nouvelle orientation pour les programmes.

SarkozyNicolas Sarkozy

Le chef de l'Etat a présenté mardi la commission pour la nouvelle télévision publique, qui doit présenter d'ici fin mai des propositions sur les programmes et le mode de financements des radios publiques et des chaînes du groupe France Télévisions. Cette commission, dont la présidence a été confiée à Jean-François Copé, est composée de 28 membres, dont des partenaires sociaux, des créateurs, des décideurs et des spécialistes des médias.
 
Lors de son discours introductif, Nicolas Sarkozy a notamment insisté sur la nécessité d'indépendance du service public vis-à-vis de la "tyrannie de l'audimat". "Tous les dix ans, des projets de réforme sont présentés. On annonce des virages éditoriaux. Et un an plus tard, à force de faire des virages, on est revenus au point de départ. Il faut se réjouir que France 5 soit devenue une grande chaîne du savoir, que France 2 diffuse du théâtre à des heures de grande écoute. Mais je sais que cette démarche risque de s'essouffler dès que l'attention politique ce sera relâchée. Pour une seule raison : la contrainte publicitaire. La fin de la publicité sur le service public, la gauche en a rêvé, mon gouvernement va le faire", a-t-il déclaré. Nicolas Sarkozy a ensuite de nouveau promis qu'aucune chaîne du service public de la télévision ne serait privatisée.

Fin de la pub dès janvier 2009 ?
 
Le chef de l'Etat a ensuite souligné que chaque euro perdu par la fin de la publicité sur la télévision publique serait compensé par des fonds publics dès 2008, en fonction des difficultés que pourra rencontrer France Télévisions pour remplir ses objectifs publicitaires. "J'ai demandé au gouvernement d'expertiser la possibilité d'apporter à France Télévisions une dotation en capital en 2008", a-t-il précisé. A la commission de présenter un "panachage de ressources", dont une ponction sur les revenus publicitaires chaînes privées et les nouveaux supports de communication. La presse et la radio ne seront-elles pas concernées par cette taxe. Concernant l'échéance pour la fin de la publicité sur les antennes, Nicolas Sarkozy a avancé deux options : suppression totale des le 1er janvier 2009 ou progressive après 20 heures.
 
Recentrant le débat non sur la suppression de la publicité, mais sur la nécessité d'une télévision publique rénovée, le chef de l'Etat a ensuite demandé à la commission de présenter de nouvelles orientations sur les contenus diffusés. "L'essentiel, ce n'est ni la pub, ni le financement. Ce sont des moyens, non des finalités. Il s'agit d'une grande réforme. C'est une question de valeur, de transmission, de création, d'éducation. L'espérance d'une diversité dans les programmes, les talents. Supprimer la pub, c'est le seul moyen d'installer la diversité à la télévision", a-t-il conclu.

Des syndicats dubitatifs, un PS critique

Jean-François Téaldi, un des porte-parole de l'intersyndicale de France Télévisions, a estimé mardi que certaines des  annonces du chef de l'Etat sur l'audiovisuel public allaient "dans le bon sens", tout en émettant des réserves sur la question du financement. Plus critique, la sénatrice socialiste des Yvelines Catherine Tasca, ancien ministre de la Culture et de la Communication, a estimé que la "feuille de route" de l'audiovisuel public présentée par Nicolas Sarkozy  était "totalement cadrée" et ne permettait "pas d'avoir le débat de fond".

Par A.C. le 19 février 2008 à 12:06
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