Nathan, Plon et Bordas vont devenir espagnols

le 22 avril 2008 à 08h21 , mis à jour le 22 avril 2008 à 08h39

Le numéro deux français de l'édition, Editis, devrait bientôt être cédé par la société d'investissement Wendel à l'espagnol Planeta.

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Editis, numéro deux français de l'édition, avec des noms aussi prestigieux que Nathan, Bordas, Plon ou Robert Laffont, s'apprête à passer entre des mains espagnoles, le puissant groupe Planeta, quatre ans après son acquisition par la société d'investissement française Wendel, présidée par l'ancien patron des patrons Ernest-Antoine Seillière. Alors que des rumeurs sur la vente d'Editis, notamment aux groupes italiens Mondadori, contrôlé par Silvio Berlusconi, et RCS Media Group, couraient depuis plusieurs mois, Wendel a annoncé dans un communiqué être en "négociation exclusive" avec Planeta en vue de la cession de sa filiale. Les négociations se font sur la base d'une valeur d'entreprise de 1,026 milliard d'euros, représentant 1,36 fois le chiffre d'affaires de la société. Le contrat de cession pourrait être signé d'ici la fin juin 2008.

Wendel, qui ne cachait pas son souhait de céder Editis, met donc fin à sa courte incursion dans le monde de l'édition, alors qu'elle est plus habituée au monde industriel. La société d'investissement avait affirmé dès mars dernier, avoir reçu plusieurs plusieurs marques d'intérêt de groupes français et européens. Elle avait racheté Editis au groupe Lagardère en mai 2004, pour environ 660 millions d'euros. Editis avait ensuite procédé à plusieurs acquisitions de petites maisons d'édition, comme la belge De Broek. Son résultat d'exploitation a atteint 93 millions d'euros en 2007 et sa marge d'exploitation 12,2%, contre 10,6% un an auparavant, sur un chiffre d'affaires quasiment stable (+1%) à 760 millions d'euros.

Planeta, géant de l'édition hispanophone

Planeta, qui devrait bientôt acquérir le numéro deux français, possède déjà 40 maisons d'édition qui publient plus de 5000 auteurs et accorde chaque année le plus important prix littéraire en espagnol, le prix Planeta. Le groupe qui réalise un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros, a aussi, en partenariat avec le groupe italien DeAgostini, une participation dans Antena 3, la deuxième chaîne de télévision espagnole. Il est également très présent en Amérique du Sud, notamment en Colombie, où il a acquis récemment le contrôle du groupe El Tiempo. Planeta est en outre dans les secteurs de la formation professionnelle et de l'enseignement à distance et possède aussi un bras financier, Inversiones Hemisferios, qui est le premier actionnaire de la compagnie aérienne à bas-coûts Vueling.

"Le rapprochement d'Editis avec le groupe Planeta est une étape importante : il permet d'amplifier la croissance de notre groupe, de constituer un nouveau leader de l'édition en Europe et de nous donner les moyens d'assurer un développement au-delà des frontières francophones", a indiqué Alain Kouck, président du directoire d'Editis, qui doit rester à son poste. Le groupe espagnol préservera "l'intégrité des sociétés", assure pour sa part Wendel.

D'après agences

le 22 avril 2008 à 08:21
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2 Commentaires

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  • Jean Bonnot, le 22/04/2008 à 17h40

    Les espagnols auront vite compris qu'ils ont intérêt à déplacer chez eux les activités de ce groupe. Nous allons perdre encore quelques emplois. Mais l'essentiel est que les possédants soient dépossédés : c'est syndicalement correct.

  • Lelou, le 22/04/2008 à 11h22

    Et voilà, le Français se plaint, fait grêve, et fait fuire les grandes entreprise .. bientôt la France sera un pays sous développé ! Merci les syndicats et autres emmerdeurs !

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