© sxc.hu"L'AFP n'est pas un blog". Le titre de la tribune publiée mardi par Le Monde est un peu obscur mais il s'agit simplement d'une mise au point. Plutôt musclée. Son auteur, le président de la société des journalistes (SDJ) de l'Agence France-Presse (AFP), Christophe Beaudufe, cherche à y renvoyer dans ses cordes l'UMP après les critiques du parti au pouvoir sur le fonctionnement de l'agence de presse.
La semaine dernière, l'UMP a accusé l'AFP de "censure" - dans une lettre ouverte de son porte-parole Frédéric Lefebvre - pour n'avoir pas diffusé un des communiqués du parti concernant la condamnation de Ségolène Royal dans un litige avec d'anciennes collaboratrices. "Une agence de presse n'est pas un blog sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise. C'est une rédaction qui doit à ses lecteurs une information crédible, vérifiée et replacée dans son contexte", réplique Christophe Beaudufe.
"Méconnaissance profonde"
"Cette affaire, largement traitée par l'AFP en son temps, avait donné lieu de nouveau à plusieurs dépêches en avril. Le 11 avril notamment, une dépêche donnait la parole à M. Lefebvre, et détaillait déjà les griefs de l'UMP contre l'ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle", rappelle sur le fond de l'affaire le président de la SDJ. Il explique que le service politique de l'agence a ensuite décidé de ne pas traiter le communiqué qui a suivi car il "n'apportait aucune information nouvelle". Christophe Beaudufe affirme aussi que "voir là une volonté délibérée de prendre parti pour un camp contre un autre" témoigne d'une "méconnaissance profonde du fonctionnement" de l'AFP.
Il rappelle que cette "affaire" survient "à un moment crucial de négociations entre l'AFP et l'Etat" pour le renouvellement d'un contrat d'objectifs et de moyens "vital pour la survie de l'agence". L'AFP "n'est pas la voix officielle de la France", mais est "l'une des voix par lesquelles la France peut encore faire entendre ses valeurs (...) au-delà des frontières", souligne-t-il. "Personne n'aurait intérêt à faire taire cette voix libre et indépendante, en privant l'agence des moyens nécessaires à son développement, ou en la transformant en une officine de communiqués", conclut Christophe Beaudufe.
| L'UMP persiste, le PS tacle |
Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a annoncé mardi que son parti avait saisi le Conseil supérieur de l'AFP, ce week-end, pour obtenir des explications. Ce conseil a notamment pour mission de "veiller aux obligations fondamentales" de l'agence de presse qui sont l'indépendance vis-à-vis de tout "groupement idéologique, politique ou économique". A une question de l'AFP qui lui demandait sur quel point précis portait sa demande au Conseil supérieur de l'Agence, il a répondu : "sur la question de l'objectivité". Il a réaffirmé qu'à son sens, l'UMP avait été victime d'une "censure" dans cette affaire. Le PS a de son côté apporté mardi sa "solidarité à tous les journalistes qui refusent les pressions", par la voix de son porte-parole Julien Dray. "Il y a une curieuse précipitation de députés de l'UMP à s'indigner de manière sélective quand leur communiqué ne passe pas (...) On a l'impression que l'UMP aime la presse uniquement quand elle est couchée et docile", a déclaré Julien Dray lors du point de presse hebdomadaire du parti. |
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