Kiosque à journaux à Paris © TF1/LCILa crise se poursuit mais le dialogue est rétabli au Monde. Mercredi matin, alors que les salariés observaient un nouveau débrayage, de trois heures, qui devait retarder une nouvelle fois la production du journal, l'intersyndicale était convoquée par le président du directoire, Eric Fottorino, et par le vice-président David Guiraud. Lors de cette rencontre, de nouvelles propositions ont été faites sur le plan de redressement du groupe, qualifiées de "mini ouverture", bien qu'encore "insuffisante", par les syndicats. Selon Christiane Chombeau, du SNJ, la direction a "entrebaîllé légèrement la porte sur deux points".
Premier point : la direction a indiqué que "les 9,4 millions d'euros d'économies qu'elle comptait réaliser ne correspondaient plus à un nombre de postes, mais à une masse salariale" et précisé que le nombre de 129 suppressions de postes prévu dans le plan de redressement présenté le 4 avril n'était plus "sanctuarisé", selon la représentante du SNJ. Ce qu'a expliqué dans la journée Eric Fottorino : "Dès lors que je vais pousser au maximum le volontariat, qu'il y aura de la mobilité interne, et en fonction du niveau de salaires des candidats au départ, nous allons pouvoir dégager des marges de manoeuvre" sur le nombre de départs. Deuxième point : la direction devrait également améliorer les conditions du plan de départs volontaires. Une amélioration qui devrait se faire "de façon raisonnable", selon Eric Fottorino. Jusqu'à présent, la direction avait aligné les conditions sur celles du précédent plan intervenu en 2005.
Ce que prévoit en l'état le plan de redressement
On est loin cependant des revendications des salariés du quotidien, qui réclament notamment que les départs se fassent uniquement sur la base du volontariat, alors que le plan prévoit des départs volontaires mais aussi contraints, et une réorganisation de la rédaction autour d'un nouveau projet éditorial. Le plan prévoit aussi la vente de plusieurs entités du pôle magazine : Fleurus Presse (édition jeunesse), Les Cahiers du Cinéma, le mensuel Danser et le réseau de librairies La Procure.
A la suite de cette rencontre avec la direction, l'intersyndicale a suspendu le vote des salariés sur une "grève ultimatum" reconductible à compter du mardi 13 mai, jour du prochain comité d'entreprise. Dans une motion adoptée à l'unanimité moins cinq abstentions, les salariés ont "pris acte" de ces propositions. Ils notent toutefois que "la menace de licenciements secs n'est toujours pas levée" et que ces propositions "ne prennent pas en compte les projets d'externalisation et de cession". Une nouvelle rencontre entre les syndicats et la direction est prévue vendredi. Une assemblée générale se tiendra le 13 mai pour "déterminer les suites à donner au mouvement" en fonction des résultats de cette rencontre.
D'après agence
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