Le bras de fer se poursuit au Monde

le 06 mai 2008 à 21h08 , mis à jour le 06 mai 2008 à 23h38

La direction de La Tribune et les salariés de l'édition, qui s'étaient mis en grève lundi, sont eux parvenus à un accord mardi.

Kiosque à journaux à ParisKiosque à journaux à Paris © TF1/LCI

Le bras de fer se poursuit au Monde, où les salariés ont empêché la parution du quotidien mardi pour la troisième fois en moins d'un mois, afin de protester contre le plan de redressement, qui prévoit 129 suppressions de postes, notamment par des départs contraints.
 
Pour la première fois depuis le début du conflit, le président du conseil de surveillance du Monde, Louis Schweitzer, est sorti de sa réserve mardi. Interrogé sur France Inter, il a averti que l'indépendance du Monde serait "condamnée" si le groupe ne revenait pas à l'équilibre. Jugeant que le plan de suppressions de postes était nécessaire pour redresser les comptes, il a déclaré "espérer" que la situation entre la direction et les salariés n'était pas bloquée. En réaction à ces propos, une quarantaine de salariés du quotidien se sont rassemblés dans l'après-midi devant le siège parisien de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde), que préside Louis Schweitzer.

"Déficitaires ou non-stratégiques"
 
Confrontée à sept exercices déficitaires et un lourd endettement, la direction du Monde a annoncé début avril un plan prévoyant notamment la suppression de 129 postes au quotidien, par des départs volontaires mais aussi contraints, et une réorganisation de la rédaction autour d'un nouveau projet éditorial. Le plan prévoit également la cession de quatre entités "déficitaires ou non-stratégiques" au pôle magazine: Fleurus Presse (onze titres jeunesse), les Cahiers du cinéma, Danser et les librairies La Procure.
 
Depuis cette annonce, les salariés demandent que les départs au quotidien se fassent uniquement sur la base du volontariat, ainsi que l'abandon des cessions au pôle magazine. Dans une lettre adressée au personnel, la direction du Monde a indiqué avoir fait des "avancées", soulignant notamment que "sur les 129 postes concernés, c'est en fait moins de 90 postes qui devraient faire l'objet d'un plan de départs" grâce à des reclassements internes, des préretraites et des économies sur les piges. En outre, les départs se feront "au maximum par le biais du volontariat", a-t-elle assuré.

Une "grève ultimatum"
 
Mais pour l'intersyndicale, "il n'y a pas d'améliorations autres que formelles dans les propos de la direction qui maintient le principe des licenciements secs". Si la grève de ce mardi a été votée à une majorité moins large que la précédente, le mouvement pourrait se durcir dans les prochains jours. Réunis en assemblée générale, les salariés ont décidé d'un nouveau débrayage de trois heures dès mercredi, qui pourrait occasionner des retards dans la sortie du quotidien daté de jeudi.
 
Pendant cet arrêt de travail, sera organisé un vote à bulletins secrets sur une "grève ultimatum" mardi 13 mai, jour du prochain comité d'entreprise sur le plan de redressement. "On donne un ultimatum à la direction en lui disant que si elle ne bouge pas, il y aura une grève", a expliqué Christiane Chombeau (SNJ). Pour la première fois depuis le début du mouvement, la grève soumise au vote sera reconductible.
 
Parallèlement, les salariés du pôle magazine vont une nouvelle fois débrayer mercredi après-midi pendant le comité d'entreprise de Fleurus Presse. Ils prévoient également d'organiser un "comité d'accueil" pour le président du directoire du Monde Eric Fottorino et le vice-président David Guiraud, qui doivent y assister. 

Accord à La Tribune

La direction de La Tribune et les salariés de l'édition, qui s'étaient mis en grève lundi, empêchant la parution du quotidien économique, sont parvenus à un accord mardi. Le conflit portait sur la rémunération de la réalisation par le service infographie d'un supplément de 24 pages, autrefois externalisé. Au terme d'un accord entre la direction et les partenaires sociaux, le supplément sera "réalisé en interne par le service infographie" et la direction rémunèrera les salariés "qui effectueront des heures supplémentaires s'il y a  lieu". Ce supplément sera "réintégré à titre expérimental", a précisé à l'AFP Dominique Bourgoin (FO), indiquant que les "salariés ont repris le travail".

le 06 mai 2008 à 21:08
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