
Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi la suppression de la publicité dès janvier à partir de 20 heures sur les chaînes publiques et proposé de mettre largement à contribution les fournisseurs internet et les opérateurs télécom pour financer cette réforme. Des annonces qui font réagir. Pour la Fédération française des télécoms, qui regroupe les opérateurs, cette taxe est "contre-productive" et "illégale". Les opérateurs "seront inéluctablement amenés à reporter tout ou partie de cette taxe sur la facture de leurs clients", a-t-elle prévenu.
Les députés socialistes ont eux estimé que la proposition de Nicolas Sarkozy de faire nommer le président de France Télévisions par le gouvernement "porte un coup grave à l'indépendance des médias". "Le service public, s'il est pieds et poings liés au budget de l'Etat, c'est plus de dépendance à l'égard du pouvoir politique, donc c'est une perte de liberté", a plus largement estimé Arnaud Montebourg à l'émission "Questions d'info" LCP/France Info/AFP. "C'est un plan de prise de contrôle de la télévision par le pouvoir en France", a estimé de son côté François Bayrou sur France 3.
"Rien à voir avec l'ORTF"
Autres mécontents, les syndicats de France Télévisions, qui se déclarent "encore plus en colère" après le discours de Nicolas Sarkozy. "Toutes les mesures préconisées, tous les chiffres avancés sont remis en cause par Sarkozy. On ne sait plus où on va", a déclaré Jean-François Téaldi, membre de l'intersyndicale. Jean-François Copé, qui présidait la commission chargée de réfléchir à des solutions pour pallier à la suppression de la publicité, a estimé au contraire que l'essentiel des propositions de sa commission avaient été reprises et a assuré sur France 2 que la désignation du président de France Télévisions par le gouvernement "n'avait rien à voir avec (l'époque de) l'ORTF". "Il n'y a aucun risque de reprise en main", a également assuré la ministre de la Culture Christine Albanel.
Quant au président de France Télévisions Patrick de Carolis, il a déclaré avoir "pris acte avec satisfaction du soutien du président de la République au virage éditorial que nous avons engagé à France Télévisions depuis trois ans, du soutien au projet de transformer France Télévisions en une entreprise unique, une entreprise 'global médias'".
(D'après agence)
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