Le gouvernement réfute toute "reprise en main"

le 26 juin 2008 à 13h19 , mis à jour le 26 juin 2008 à 22h28

François Fillon, Christine Albanel, Henri Guaino sont montés au créneau jeudi pour défendre la nomination du président de France Télévisions par l'exécutif.

TF1/LCI : Une élève devant l'écran de télévision montrant les enfants chantant une chanson d'Hugues Aufray, ce qui a irrité la Sacem...Une élève devant l'écran de télévision montrant les enfants chantant une chanson d'Hugues Aufray, ce qui a irrité la Sacem... © DR

Le gouvernement s'est employé jeudi à réfuter toute reprise en main politique de la télévision publique face au tollé déclenché par la proposition de Nicolas Sarkozy de nommer le président de France Télévisions. L'annonce a quasiment relégué au second plan la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques au 1er décembre 2011 annoncée par le chef de l'Etat mercredi.

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a estimé qu'il y avait "suffisamment de verrous pour qu'on ne puisse pas parler de prise de contrôle de la part du pouvoir". Et selon elle, une telle accusation "est une absurdité, ce n'est absolument pas l'objet de cette loi". Pour François Fillon, confier à l'exécutif la nomination du président de France Télévisions mettrait fin à un système "hypocrite (...) qui n'a jamais été un système indépendant ou autonome". Selon lui, "le dispositif qui est proposé par le président de la République, qui fera l'objet d'un débat au Parlement, est un système qui a l'avantage à la fois d'être plus clair et mieux contrôlé".

"Bienvenue dans les studios de l'ORTF"

"Je ne vois pas la supériorité (qu'auraient) des autorités administratives indépendantes qui n'ont de comptes à rendre à personne, qui ne sont responsables devant personne. Ce n'est pas plus légitime, ce n'est pas plus moral", a souligné Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, sur RTL. Ministre "d'ouverture" au sein du gouvernement Fillon, Jean-Pierre Jouyet a toutefois fait entendre sa différence. "Il y a un parfum Vème république du début qu'il vaudrait peut-être mieux éviter mais il faut faire en sorte qu'il n'occulte pas le reste de la réforme", a déclaré le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes sur Canal+.

"Bienvenue dans les studios de l'ORTF", a annoncé à l'antenne un présentateur de France Inter jeudi matin avant d'interroger Marie-George Buffet. "C'est quand même très symbolique (...) Il faut qu'on reprenne les mots d'ordre de 68 (tels que) 'libérez la télé' et il faut surtout une très grande mobilisation pour sauver notre télévision publique", a déclaré la secrétaire nationale du Parti communiste. "On rétablit la ligne de téléphone directe qui existait entre le ministre de l'Information" et la télévision du temps de l'ORTF, a dénoncé pour sa part le député socialiste Claude Bartolone sur BFM TV.

Pour Julien Dray, porte-parole du PS invité sur LCI, l'annonce de Nicolas Sarkozy est une illustration de "l'hyperprésidentialisme" actuel contre lequel la gauche bataille. "On montre que c'est l'Etat qui sera le vrai décideur, nommant le président. C'est un vrai retour en arrière", a critiqué de son côté Hervé Bourges, ancien président de France télévisions, de TF1 et du Conseil supérieur de l'audiovisuel, interrogé sur France 3. "C'est une atteinte à une liberté fondamentale (...) Cela ressemble plutôt à la situation italienne et c'est pas de bon augure", a-t-il ajouté. A ses yeux, une telle procédure serait impensable aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne. Cette décision "va à contre-courant de toutes les mesures prises notamment dans l'Union européenne pour offrir toujours plus de garanties d'indépendance aux médias publics", a déploré Reporters sans frontières dans un communiqué.

D'après agence

le 26 juin 2008 à 13:19
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