La rédaction du magazine persistera

Par D.H. (avec agence), le 17 juillet 2008 à 21h25 , mis à jour le 17 juillet 2008 à 21h58

Auto Plus, perquisitionné mardi et dont un journaliste est mis en examen, assure qu'il continuera à publier des informations sur de futurs modèles.

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A lire > L'analyse de Pascal Boulanger sur le blog Auto Infos

"Ça fait partie de notre métier de journal automobile de présenter en avant première de façon exclusive les futurs modèles des constructeurs." Le directeur de la rédaction d'Auto Plus, perquisitionné mardi, a assuré, sur Europe 1, que la mise en examen jeudi matin d'un de ses journalistes dans le cadre d'une information judiciaire pour espionnage industriel et sur plainte de Renault n'empêcherait pas le journal de continuer à publier des informations sur des futurs modèles avant leur commercialisation. 
 
Le magazine ne va "sûrement pas" s'arrêter : "Publier des scoops, publier des photos de futurs modèles on fait ça à longueur d'années depuis 20 ans et la presse automobile le fait depuis 60 ans (...) Il faut bien comprendre que les constructeurs (...) y trouvent parfois leurs comptes, c'est-à-dire que quand on présente un nouveau modèle parfois ça les arrange (...) parfois effectivement ça les pénalise", a fait valoir Laurent Chiapello. "Il y avait une espèce d'équilibre dans ce jeu, un coup ça les dérangeait, un coup ça les arrangeait. Là Renault, pour une raison qui à l'heure où je vous parle nous échappe complètement, a décidé de couper court et d'attaquer très fortement et très lourdement", a-t-il observé.
 
Sur RTL, Laurent Chiappello s'est par ailleurs dit "abasourdi par l'ampleur des moyens déployés pour finalement une affaire qui est banale c'est-à-dire la publication d'informations confidentielles sur une voiture dans Auto Plus". "Il faut savoir quelle presse on veut avoir aujourd'hui en France, si on veut avoir une presse qui se limite à recopier les communiqués officiels ou est-ce qu'on veut avoir une presse qui a aussi en plus accès à des informations indépendantes qui peuvent être même confidentielles, qui en tous les cas font qu'on peut espérer avoir aujourd'hui dans notre pays une presse indépendante", a-t-il déclaré.

Plusieurs personnes "ont été en contact" avec ces "planches-photos"
 
Après deux jours et deux nuits en garde à vue à la police judiciaire de Versailles, un traitement sans précédent dans une affaire de presse, le journaliste d'Auto Plus, Bruno Thomas, 45 ans, s'est vu notifier jeudi cinq chefs de mise en examen, et a été placé sous contrôle judiciaire, pour avoir publié des photos inédites d'un futur modèle de milieu de gamme très important pour le constructeur français Renault, ne devant être commercialisé que trois ans plus tard. L'affaire a suscité l'indignation dans les milieux de la presse. Il a interdiction de communiquer avec les personnels de Renault et leurs fournisseurs. Il risque un maximum de cinq ans de prison.

Selon le directeur de la rédaction d'Auto Plus, Bruno Thomas était jeudi "très fatigué, à la suite de plusieurs heures d'interrogatoires, y compris la nuit". "Toute cette affaire nous paraît complètement démesurée, déconnectée de la réalité du métier de journaliste", a-t-il ajouté, "il n'a fait que son travail, c'est-à-dire trouver des informations inédites pour mieux informer le lecteur".
 
L'utilisation du chef de corruption montre que la justice soupçonne que l'obtention de ces informations a été rémunérée. Selon une source judiciaire, Auto Plus a en effet acheté entre 1.200 et 1.500 euros chacune, plusieurs "planches-photos" comportant des photos, des plans et des dessins de véhicules Renault. Selon cette source, qui n'a pu préciser le nombre exact de documents revendus dans l'affaire, plusieurs personnes "ont été en contact" avec ces "planches-photos" dont certaines avaient un caractère confidentiel. Un employé de Renault, qui serait la source du journaliste, a été mis en examen la semaine dernière.

Dati "très attachée à la liberté" de la presse

Après Christine Lagarde et Christine Albanel (lire notre article), la ministre de la Justice Rachida Dati a à son tour réagi à cette affaire jeudi. Elle s'est dite "très attachée à la liberté d'expression" et "de la presse en particulier". Elle a rappelé qu'elle avait fait "adopter en première lecture à l'Assemblée nationale l'engagement du président de la République d'inscrire dans la loi de 1881" le principe de la protection des sources.

 

Par D.H. (avec agence) le 17 juillet 2008 à 21:25
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3 Commentaires

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  • ALBERT, le 17/07/2008 à 22h31

    Le délabrement des valeurs morales les plus simples semblent plaire depuis longtemps à Auto-plus que je ne lis plus à m'en être aperçu. Je ne conçois pas le journalisme comme le dit Bruno THOMAS. Le fric lui plait mieux qu l'éthique. Il a donc unbel avenir assuré.

  • Jacques, le 17/07/2008 à 21h45

    Je suis tout bonnement écoeuré du peu de cas fait à ce qui permet à notre industrie de défendre ses couleurs. Des emplois en dépendent, me semble-t-il, non ??? Et notre balance commerciale aussi. Mais c'est de si peu d'importance ...semble-t-il ...

  • CB, le 17/07/2008 à 21h39

    La liberté d'expression et de la presse en particulier constitue certes un principe intangible du droit dans un démocratie mais cette liberté d'expression ne doit pas heuter d'autres principes juridiques tout autant si ce n'est plus importants, tels que les droits de propriété industriels. En l'espèce, il y a à l'origine un vol ou une escroquerie de la part d'un salarié de Renault qui a soustrait frauduleusement des documents appartenant à son employeur. Le journaliste est lui receleur est punissable à ce titre ! Il (et son employeur) sont d'autant plus punissables qu'ils se retranchent derrière la liberté de la Presse alors qu'ils agissent à des fins purement mercantiles pour faire de la pub à leur canard. Liberté d'expression (comme ledroit de grève dans un autre domaine) ne doit pas être synonyme d'abus de droit, une notion juridique également pertinente. Décidément , le droit est subtil ... beaucoup pour se prêter à une simplification jouant sur les émotions de chacun de grands principes d'une portée très difficile à apprécier. Laissons ce travail aux magistrats de la Cour de Cassation.

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