Sarkozy au chevet de la presse malade

le 02 octobre 2008 à 11h30 , mis à jour le 02 octobre 2008 à 22h00

Nicolas Sarkozy a donné jeudi en fin de matinée le coup d'envoi de deux mois de réflexion sur l'avenir des journaux en France : les "états généraux de la presse".

Kiosque à journaux à ParisKiosque à journaux à Paris © TF1/LCI

Nicolas Sarkozy a lancé jeudi les états généraux de la presse, en prévenant qu'il était prêt à revoir les aides publiques et à lutter contre les "immobilismes" pour sortir ce secteur d'une crise financière et de confiance "bien française", selon lui. Voici les principaux points du discours prononcé par Nicolas Sarkozy.
 
L'objectif: "Il s'agit de se mettre d'accord sur un certain nombre de changements à mettre en oeuvre, tout de suite, pour que la presse écrite française sorte des difficultés inacceptables qui sont les siennes depuis 30 ans et qui ne feront que s'aggraver si l'on ne fait rien". "Si l'Etat est prêt à prendre ses responsabilités pour mieux aider la presse dans ses mutations, la sortie des états généraux ne saurait se limiter à une réallocation ou à une augmentation des aides sans aucun changement structurel". L'Etat "ne se laissera imposer aucun immobilisme, aucun corporatisme, aucune habitude mauvaise".
 
Eviter une vision "univoque" des problèmes: "Vilipender le Syndicat du Livre pour mieux passer sous silence la responsabilité des éditeurs est tellement habituel, vitupérer contre les droits d'auteur des journalistes pour mieux jeter le voile sur les retards d'investissement dans le web est tellement fréquent, critiquer les contenus et les choix éditoriaux pour ne pas parler de la fabrication ou de la distribution est tellement classique". "Les états généraux ne sauraient être ceux de l'invective ni d'une vision univoque des problèmes".
 
"Paupérisation" de la presse - "La ligne qu'il nous faut combattre, qu'il nous faut redresser, c'est la paupérisation. Paupérisation des contenus quand moins de 20% des prix de vente leur sont consacrés. Paupérisation des rédactions quand les plans sociaux assèchent les journaux de leur raison d'être, le journalisme. Paupérisation des réseaux avec la disparition d'un trop grand nombre de correspondants étrangers. Paupérisation de la profession avec des journalistes mal payés, mal outillés, précarisés. Paupérisation des entreprises de presse avec insuffisamment de fonds propres pour investir, innover, préparer l'avenir".
 
Presse payante: "Je crois dans l'avenir de la presse payante car je crois dans la valeur de l'information vérifiée, analysée, triée, hiérarchisée. Je n'oppose pas la presse gratuite à la presse payante (...). Mais je ne crois pas qu'il arrivera un jour où plus personne ne sera prêt à payer pour de l'analyse et de l'investigation. (...) C'est de la folie de croire que la publicité financera un jour toute l'information: la gratuité, c'est une vue de l'esprit et la mort de la presse écrite".
 
Droits d'auteur: "Je me battrai pour affirmer que le droit d'auteur est un principe essentiel mais je veux dire, quitte à me fâcher avec tout le monde, qu'il est parfaitement irréel qu'au sein d'un même titre, on ne puisse éditer le même article sur plusieurs supports sans devoir le payer plusieurs fois".
 
Concentration: "Il n'y a aucune raison que des groupes étrangers viennent investir chez nous et qu'aucun groupe français ou si peu n'investisse en France, ni à l'étranger. Cette question n'est pas tabou, pas plus que ne l'est celle de la concentration croissante de la presse régionale, ni celle des droits et devoirs des rédactions. Elle n'est pas dissociable et pas davantage incompatible avec celle de la protection du pluralisme et de la presse d'opinion, dans un contexte où le nombre de supports s'est considérablement développé".
 

(D'après agence)
 

le 02 octobre 2008 à 11:30
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