La fin de la pub devant les députés

le 24 novembre 2008 à 18h15 , mis à jour le 25 novembre 2008 à 13h42

L'Assemblée nationale commence mardi l'examen du projet de loi sur l'audiovisuel, marqué par la suppression progressive de la publicité sur France Télévisions.

Ecran de télévision et mireEcran de télévision et mire © TF1/LCI

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Christine Albanel est l'invitée de Christophe Barbier

Près d'un an après son annonce par Nicolas Sarkozy, le projet de loi sur l'audiovisuel arrive devant les députés. L'Assemblée nationale commence mardi l'examen du texte marqué par la suppression progressive de la publicité sur France Télévisions, sur fond d'interrogation sur le financement du manque à gagner entraîné par cette mesure. La plus importante réforme de l'audiovisuel public depuis la privatisation de TF1 en 1987 sera centrée sur la suppression de la publicité sur les chaînes publiques - de 20 heures à 6heures du matin à partir du 5 janvier 2009, puis totalement avec la disparition de l'analogique prévue le 30 novembre 2011 - et l'instauration d'une deuxième coupure publicitaire dans les fictions.
 
Le projet de loi prévoit aussi de faire de France Télévisions une entreprise unique, 35 ans après l'éclatement de l'ORTF, et de nommer pour cinq ans son président, ainsi que celui de Radio France, par le président de la République et non plus par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le projet de loi, dont l'examen en procédure d'urgence durera jusqu'au 4 décembre, provoque la colère des syndicats de l'audiovisuel public, qui ont appelé à une grève de 24 heures à partir de lundi minuit, la troisième depuis janvier. Une manifestation est prévue à partir de midi mardi, de la Tour Eiffel à l'Assemblée nationale.

450 millions d'euros par an "quoiqu'il arrive"

Les programmes de France Inter et de France Culture étaient perturbés mardi matin. Les programmes de France Info étaient eux assurés normalement. Sur France 2, l'émission Télé Matin était elle aussi diffusée normalement  mais le journal de 7h a été réalisé dans des "conditions particulières", a expliqué le présentateur, qui a fait de la grève son premier titre. Selon Jean-François Téaldi, du SNJ-CGT, "la mobilisation s'annonce très forte, notamment dans les  bureaux régionaux de France 3". Et à la mi-journée, le journal de 13h de France 2 a été annulé. Il été remplacé par le magazine d'environnement de Yann Arthus-Bertrand. Les journaux de France 3 ont également été perturbés. L'édition nationale du  12/13 et le journal régional d'Ile-de-France ont été remplacés par des "tout images".

La commission présidée par le député UMP Jean-François Copé au premier semestre avait estimé à 450 millions d'euros par an le manque à gagner pour France Télévisions entre 2009 et fin 2011 - un chiffre contesté par les chaînes privées qui l'ont estimé à entre 200 et 250 millions d'euros.  Ce matin sur LCI, la ministre de la Culture Christine Albanel a précisé que l'Etat compensera la perte de revenus à hauteur de 450  millions d'euros par an dans les trois prochaines années, "quoiqu'il arrive". Elle est ensuite revenue sur l'amendement controversé qui limite la taxe imposée  aux chaînes privées pour financer le secteur public. Cette taxe, initialement fixée à 3%, serait ramenée à 1,5%. L'idée selon la ministre était de taxer le "surplus, mais avec la crise, on est moins sûr qu'il y en aura", a-t-elle justifié. "Or on a tous intérêt à avoir  des chaînes privées qui se portent bien, d'où l'amendement parlementaire qui  propose de taxer à 1,5% et ensuite de taxer le surplus en fonction des  résultats".

D'après agences

le 24 novembre 2008 à 18:15
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