Les salariés manifestent, bataille en vue à l'Assemblée

le 25 novembre 2008 à 16h34 , mis à jour le 25 novembre 2008 à 22h42

Alors qu'environ 43% des salariés de France Télévisions étaient en grève mardi, les députés ont commencé l'examen du projet de loi sur la réforme de l'audiovisuel public.

manifestation audiovisuel public service télévisionLes salariés du service audiovisuel public au départ de la manifestation organisée le 25 novembre 2008 © TF1/LCI

Plusieurs milliers de salariés de l'audiovisuel public ont manifesté mardi à Paris alors que les députés ont commencé l'examen du projet de loi de réforme du service public, qui prévoit la suppression progressive de la publicité sur France Télévisions. "La mobilisation est forte, notamment dans les bureaux régionaux de France 3, où on devrait avoir 85% de grévistes", a déclaré Jean-François Téaldi, au nom du SNJ-CGT. Selon la direction de Radio France, la grève était suivie mardi après-midi par 16,56% des salariés. A France Télévisions, 43,4% des salariés du groupe étaient en grève, entraînant notamment l'annulation du 13 heures de France 2, mais pas du 20 heures.

L'intersyndicale (SNRT-CGT, CFDT, CFTC, FO, SNJ, Sud, CSA, SITR, SRCTA et SNJ-CGT) s'inquiète du financement du groupe public en raison de la perte des recettes publicitaires et d'un retour à une mainmise du pouvoir politique sur l'audiovisuel. Elle craint également les effets du plan de départs volontaires de 900 salariés évoqué par le président de France Télévisions, Patrick de Carolis. "C'est un projet de loi fantastique pour la télé publique, il faut donner sa chance au produit", a tenté de rassurer le patron des députés UMP, Jean-François Copé, qui avait été le président de la commission chargée de préparer le projet. Selon lui, "les questions de financement", liées à la suppression de la pub sur les chaînes publiques, "sont largement réglées".

Un texte "inutile, dangereux et liberticide"

A l'Assemblée, plus de 850 amendements ont été déposés, dont plusieurs centaines par le Parti socialiste qui entend ainsi "alerter l'opinion" contre un texte "inutile, dangereux et liberticide". Pour autant, il n'appelle pas comme François Bayrou, le président du MoDem, au dépôt d'une motion de censure. Les députés du Nouveau centre ont eux demandé le report à 2012 de la suppression de la publicité le soir sur les chaînes publiques. "Si nous ne sommes pas entendus, on ne voit pas comment on pourra voter le texte", a déclaré le député Jean Dionis du Séjour. "Il n'y a aucune justification pour remplacer 800 millions d'euros de recettes privées gagnées par la régie de France Télévisions par de l'impôt, que cela soit la redevance ou les deux taxes imaginées", avait-il ajouté un peu plus tôt.

Quant aux députés UMP, Jean-François Copé assure que "la majorité est très rassemblée sur ce texte". Le député UMP Hervé Mariton s'est toutefois déclaré défavorable à la suppression de la publicité, en soirée, sur les chaînes télévisées publiques. "La pub, c'est rigolo, c'est bon pour le moral et c'est bon pour la consommation", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée, avant d'ajouter qu'il redoutait que "la contrepartie" entraîne "une hausse de la fiscalité". "Un certain nombre de députés UMP partagent mon point de vue", a-t-il encore affirmé. Le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'UMP Gilles Carrez, a jugé de son côté que la suppression de la publicité était "économiquement discutable". "Je ne voterai pas le financement", a-t-il dit. Les députés UMP Jacques Myard et Lionnel Luca se sont eux déclarés favorables à la suppression du journal télévisé de France 3, qui fait "doublon", selon eux, avec celui de France 2. Le vote sur le texte doit intervenir le 9 décembre.

(D'après agences)

le 25 novembre 2008 à 16:34
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