Affaire Filippis : "la police a suivi les procédures"

le 01 décembre 2008 à 12h29 , mis à jour le 01 décembre 2008 à 17h35

C'est ce qu'ont affirmé lundi matin Michèle Alliot-Marie et Rachida Dati, suite à l'arrestation musclée vendredi de l'ex-directeur de la publication de Libération.

Libération journaux kiosques presse média © DR

Alors que la polémique enfle après l'arrestation musclée vendredi dernier, au petit matin, de l'ex-directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis, dans une affaire de diffamation, deux ministres ont tenu à réagir lundi pour défendre les policiers. Il y a eu une décision judiciaire et "la police a suivi les procédures pour l'appliquer", a ainsi affirmé la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Et Vitorio de Filippis n'a "pas été menotté devant ses enfants", a-t-elle ajouté, contredisant la version de l'intéressé.

La Garde des Sceaux, Rachida Dati, a pour sa part déclaré lundi au Sénat que la procédure était "tout à fait régulière" dans l'interpellation de l'ex-directeur du quotidien. "Dans cette affaire, il y a une personne qui est mise en cause, à trois reprises on lui envoie une convocation, elle ne défère pas aux convocations à  trois reprises, le juge d'instruction en toute indépendance délivre un mandat  d'amener, ce qui est tout à fait possible dans le cadre des procédures", a  expliqué la garde des Sceaux. Le mandat d'amener est l'ordre donné à la force publique de conduire devant  le magistrat la personne à l'encontre de laquelle il est décerné.
   
Quelques instants plus tôt, le syndicat de gardiens de la paix Alliance avait également apporté son soutien aux policiers qui ont procédé à l'arrestation. "Cette intervention de police s'est effectuée dans la plus totale transparence et dans le respect des lois et des règles de déontologie de la République", a déclaré le syndicat dans un communiqué. Ils "ont simplement exécuté les instructions d'un magistrat ayant délivré un mandat d'amener".

"Traité comme un criminel"

Lundi, le premier président de la cour d'appel de Paris, Jean-Claude Magendie, a lui demandé des explications sur les conditions dans lesquelles a été délivré et appliqué le mandat d'amener de l'ex-directeur de la publication de Libération. De nombreuses voix s'étaient également élevées ce week-end pour exiger "une enquête" sur les conditions de l'interpellation de Vitorio de Filippis, qui estime avoir été "traité comme un criminel", avec notamment deux fouilles au corps, dans une banale affaire de diffamation. Vittorio de Filippis fait, en effet, l'objet d'une plainte de Xavier Niel, fondateur de Free, concernant la parution en 2006 d'un commentaire d'internaute réagissant à un article publié sur le site internet de Libération qui faisait état de ses démêlés judiciaires.

De son côté, la Ligue des droits de l'Homme a estimé, lundi, dans un communiqué "urgent de réagir contre des dérives de plus en plus inacceptables de pratiques judiciaires et policières qui deviennent incompatibles avec l'Etat de droit". L'Association des journalistes de la presse judiciaire a souligné pour sa part que l'interpellation de Vittorio de Filippis n'était "hélas pas un cas isolé". "Visé ès qualité par une plainte en diffamation, délit passible d'une amende, notre confrère a subi une interpellation volontairement humiliante", note dans un communiqué l'association, pour qui "les exemples d'intimidation judiciaire se multiplient ces derniers mois à l'encontre de journalistes". "Notre confrère a été traité comme de nombreux citoyens, victimes du zèle de certains fonctionnaires de police et de quelques magistrats qui estiment que rendre la justice, c'est d'abord humilier le justiciable", affirme encore l'association.
 
D'après agence

le 01 décembre 2008 à 12:29
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