Affaire Filippis : Sarkozy comprend "l'émoi" suscité

le 01 décembre 2008 à 17h54 , mis à jour le 01 décembre 2008 à 22h49

Après l'interpellation musclée, vendredi, de l'ex-directeur de la publication de Libération, le chef de l'Etat s'est exprimé lundi.

[Expiré] [Expiré] Vitorio de Filippis libération © AFP/F.FIFE

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L'avocat de Filippis "n'a jamais vu ça"
 

Face au tollé suscité par l'interpellation musclée, vendredi, au petit matin, de l'ex-directeur de la publication de Libération, Vittorio de Filippis, dans une affaire de diffamation, Nicolas Sarkozy a décidé d'intervenir. Lundi, le chef de l'Etat a fait savoir qu'il comprenait "l'émoi" suscité par l'interpellation et a annoncé une mission chargée de réfléchir à "une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes".

Un peu plus tôt dans la journée, deux ministres avaient pourtant tenu à défendre les policiers. Il y a eu une décision judiciaire et "la police a suivi les procédures pour l'appliquer", avait ainsi affirmé la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie. Et Vitorio de Filippis n'a "pas été menotté devant ses enfants", avait-elle ajouté, contredisant la version de l'intéressé. La Garde des Sceaux, Rachida Dati, avait pour sa part déclaré au Sénat que la procédure était "tout à fait régulière" dans l'interpellation de l'ex-directeur du quotidien. "Dans cette affaire, il y a une personne qui est mise en cause, à trois reprises on lui envoie une convocation, elle ne défère pas aux convocations à  trois reprises, le juge d'instruction en toute indépendance délivre un mandat  d'amener, ce qui est tout à fait possible dans le cadre des procédures", avait  expliqué la garde des Sceaux. "Je pense que Rachida Dati se trompe et qu'elle défend indûment une pratique judiciaire tout à fait hors norme", a réagi pour sa part le directeur de Libération Laurent Joffrin.

Le premier président de la cour d'appel veut des explications

Le syndicat de gardiens de la paix Alliance a lui apporté son soutien aux policiers qui ont procédé à l'arrestation. "Cette intervention de police s'est effectuée dans la plus totale transparence et dans le respect des lois et des règles de déontologie de la République", a déclaré le syndicat dans un communiqué. Ils "ont simplement exécuté les instructions d'un magistrat ayant délivré un mandat d'amener." Lundi, le premier président de la cour d'appel de Paris, Jean-Claude Magendie, a de son côté demandé des explications sur les conditions dans lesquelles a été délivré et appliqué le mandat d'amener de l'ex-directeur de la publication de Libération. Le Syndicat de la Magistrature a dénoncé pour sa part des "dérives autoritaires". Quant à la société des lecteurs de Libération, elle s'est dite "scandalisée" par l'interpellation et a demandé "aux autorités de faire toute la lumière sur cette affaire".

Interpellé vendredi au petit matin, Vittorio de Filippis, aujourd'hui directeur du développement de Libération, a raconté avoir été emmené par des policiers sous le regard de ses fils, restés seuls après son départ, et transféré menotté au tribunal de grande instance de Paris. Après deux fouilles au corps, il a été placé en garde à vue pendant cinq heures puis mis en examen par la juge d'instruction Muriel Josié dans une banale affaire de diffamation. L'ex-directeur de la publication de Libération fait en effet l'objet d'une plainte de Xavier Niel, fondateur de Free, concernant la parution en 2006 d'un commentaire d'internaute réagissant à un article publié sur le site internet du quotidien qui faisait état de ses démêlés judiciaires. 
 
D'après agence

le 01 décembre 2008 à 17:54
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